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DOJA CAT - Planet Her (2021)
Par WALTERSMOKE le 1er Mars 2022          Consultée 272 fois

Il faut vivre avec son temps. Non, ce n’est pas une interrogation ou bien une phrase toute faite (bon, un peu, en fait) que je m’apprête à défoncer en deux-deux. C’est beau de se tenir dans des postures, de clamer haut et fort que notre temps était le meilleur au point qu’on préfère y rester, mais ce n’est pas comme ça qu’on devient réellement heureux. La synthwave, et plus globalement tout le fétichisme autour des années 80, en sont un flagrant et triste exemple : on nous survend une période où tout était beau, où nos soucis se résolvaient en deux coups de cuillère à pot, et où le seul rapport à la politique était Bill Tannen président dans Retour vers le Futur II. Quoi de mieux que de fuir la réalité plutôt que de faire de son mieux contre ?

Pourtant, je peux comprendre les boomers et autres faux nostalgiques. De nos jours, la musique n’a jamais paru si formatée, si commerciale, si vide de sens. Oh, le noble art de souffler dans une trompette n’a jamais été pur et exempt de vices : il faut se rappeler que les membres de LED ZEPPELIN avaient comme but de se faire beaucoup de pognon et le plus de groupies possibles ; quand METALLICA interprète "Hit the Lights", c’est pour montrer son envie d’être au sommet et implicitement gagner des thunes (pari réussi). La différence majeure, c’est que l’art avait encore une place prépondérante : comme qui dirait notre lumière divine (Baazbaaz), on peut racoler et être artistiquement intéressant. C’est encore possible de nos jours. Mais faut chercher.

Du coup, personnellement, je cherche, je cherche, mais c’est dur monsieur. Et puis ce qui n’aide pas, c’est que le genre en vogue, c’est le rap. Oui, c’est réducteur, aussi réducteur que de dire "Iron Maiden c’est du hard rock" ou "Aphex Twin c’est de l’électro" (sortez de chez moi). Mais parfois, les étiquettes ont du bon, ne serait-ce que pour simplifier au grand public, quitte à préciser son discours auprès d’une audience restreinte et plus à l’écoute. Et du côté des grosses machines à la mode, on cherche également en espérant trouver un nouveau solide équilibre entre l’art et l’argent. Du coup, c’est l’heure d’aborder le coeur de la chronique : Planet Her, c’est bien ou pas ?

Planet Her, c’est le 3e album de DOJA CAT, chanteuse révélée par la magie des internets, et qui fait de nos jours partie de la frange la plus puissante du mainstream. Bon point : un titre faisant référence à l’astronomie, et une esthétique inspirée par de jolies planètes. Mauvais point : la référence à l’astrologie dans le clip de "You Right". Ce ne sont là que de menus détails cependant, on veut l’essence même, à savoir la musique ! Et le moins que l’on puisse dire, du point de vue d’un ex-éclectique absolu, c’est que... c’est pas terrible. DOJA CAT, accompagnée de son armée de producteurs et de songwriters, offre un album qui s’écoute bien, bourré de tubes efficaces, mais dont on devine hélas la durée de vite relativement courte.

Il y en a, des choses à retenir ici. La première, et pas des moindres puisqu’il s’agit de l’ouverture de l’album, est "Woman". Chanson d’amour, hymne féministe moderne... tout cela vient à l’esprit très naturellement, et le rythme donné par l’instrumentation convaincante et rafraichissante dans ce monde de brutes nourries au trap et à la drill (rien à voir avec le drill’n’bass) empêchent la chanson d’être détestable et de loin. Tiens, en parlant de nature et de relations, il y a "Naked" juste derrière. Ce n’est pas exactement un appel au retour à la nature, c’est bien plus sexuel que ça, mais là encore, ça marche, malgré quelques incursions vocales désagréables. Dans la catégorie des duos, "You Right" verse dans une voie R’n’B appréciable, et l’intervention de The WEEKND est plus que pertinente ; "Kiss me More", chantée avec SZA, se pose en chouette fin d’album (enfin, si la notion d’album compte encore de nos jours...), et peut permettre d’attaquer la journée avec entrain. Je suppose.

Du reste, Planet Her est constituée de chansons pas médiocre mais qui laissent relativement indifférent. "Get into It (Yuh)" impressionne dans un premier temps, le chant un poil écorché de DOJA CAT constituant une surprise, mais ça s’arrête à là ; le contraste entre l’instrumentation semi-cotonneuse et le chant agressif de "Need to Know" provoque la même sensation, et c’est fort dommage, le morceau étant déjà plus appréciable. Et Ariana Grande oblige, il y a une certaine élégance dans "I Don’t Do Drugs", mais ça ne suffit pas à retirer l’aspect kleenex de la chanson.

Planet Her est un bon album, j’en suis persuadé. Quand bien même ce n’est absolument pas mon genre de prédilection, il faut savoir reconnaitre la pop de qualité quand elle se présente. C’était pareil dans les années 60 avec le yéyé, c’était pareil dans les années 80, et caetera, et caetera : la vie n’est qu’un cycle formé par de si prévisibles humains. Aussi, on peut détester cet album, les goûts et les couleurs, toussa, toussa. Encore faut-il faire l’effort de l’écouter, d’où l’importance de vivre avec son temps.

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6. Love To Dream
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10. Ain't Shit
11. Imagine
12. Alone
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