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ACID HOUSE  |  E.P

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- Style : Phuture, Squarepusher, Luke Vibert , Ceephax, Bogdan Raczynski
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 Communauté Aphex Twin (648)
 Label Rephlex (603)

AFX - Analord 06 (2005)
Par SASKATCHEWAN le 9 Août 2008          Consultée 2061 fois

Six est un nombre parfait. Six, ça fait sept nains moins cette brute contestataire de Grincheux. Six, c’est aussi le nombre de jours dans la semaine où il est possible de travailler, le septième jour chômé n’étant qu’une scandaleuse concession pour une bande minoritaire de gauchistes pantouflards (il faut dire que quand le plus illustre d’entre eux a le pouvoir de vous faire sortir des mouches tsé-tsé par tous les orifices, on signe les conventions syndicales les yeux fermés). Seule ombre au tableau, nonobstant le nombre de la bête (« Hell and fire was spawned to be released », hein, tout ça, tout ça, vous connaissez la chanson), l’Analord 06 n’est ni plus ni moins qu’un glaviot visqueux en plein milieux du pare brise miroitant de la Rentabilité. En effet, quel est l’intérêt pour nous, les investisseurs, quand cet ahuri de Cornouaillais fait payer les cinq titres de l’Analord 06 au même prix que les deux de l’Analord 05 ? Vous ne voyez donc pas l’instabilité des marchés qui se profile ?

Et puis franchement, faire de l’Acid-House à notre époque, c’est un peu comme « l’économie socialiste de marché », ça fait marrer tout le monde, mais niveau profit, autant miser sur les céréales. Je ne parle même pas du principe saugrenu qui consiste à sortir toutes ces croûtes en vinyles, tout le département juridique planche sur les clauses sino-minuscules du contrat pour mettre fin à cette aberration. Bon, évidemment, une fois qu’on s’est procuré une platine dans une braderie Revival du paléolithique, on savoure ce sixième Analord comme il le mérite. On vend à peine trois cartons de cette bouse, mais quelle bouse ! On pourrait se rouler dedans des heures Durant Durant.

1) Ça commence par « Batine Acid », qui ravira les chevelus amateurs de riffs qui tâchent… (Nightfall In Metal Earth)
2) Le vinyle débute par « Batine Acid » charge impitoyable contre la société pourrie, portée par le flow démentiel d’AFX… (Rap Gamma-Zine)
3) Guère plus qu’une mise en jambe, « Batine Acid » révèle ce qui sera le thème principale de l’œuvre, aux cuivres et aux cordes, joué moderato… (La Revue du Mélomane)
4) Première piste, premiers émois : « Batine Acid » possède une mélodie pop sucrée, très girly, un peu trop vintage par moment… (Fan De)
5) « Batine Acid » s’inscrit complètement dans la lignée des autres titres Analordiens, évoquant une soirée endiablée au Coco Bongo Club (The Mask ©)… (Forces Parallèles)
6) Nous, membres du conseil de censure de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, censurons « Batine Acid » en tant qu’amas percussif acidulé indigne d’un artiste révolutionnaire dévoué au réalisme populaire… (La Pravda)

Hé oui ! On en a eu des bonnes critiques ! En faisant un petit effort sur la communication, on aurait pu en vendre pas mal ! C’était avant que Richard D. JAMES nous envoie un Pingouin-Voyageur depuis le Grand Nord, entraîné à réciter « pub=shit » sur un air bien connu. Sale bête. En parlant de volatile, « Snivel Chew » ça ne vous évoque pas un ornithorynque*¹ qui se dandine ? C’est onirique (ou ornithonirique, au choix) certes, mais tous ces vieux relents d’IDM atteignent leur objectif à force de beats et de clappements frénétiques : la carcasse s’agite, le bulbe crépite. « I’m Self-Employed » évolue dans le même registre, une pointe de mélancolie en plus, le hissant par-là même au niveau des quatre complaintes bigarrées de l’Analord 04. Et puis, une ode au temps partiel, c’est toujours ça de pris.

Passons « 2 Analogue Talks », petit intermède en deux temps qui semble recycler les bruitages d’Albator et d’Ulysse 51. Le dernier mais non des moindres, « Analoggins », est la description musicale du voyage d’un rat orchestre*² dans vos canalisations, description agrémentée d’un babillage extraterrestre comme seul Richard D. JAMES sait en produire. Soulignons sur ce dernier titre la participation de Jeremy SIMMONDS alias CAPTAIN VOAFOSE, auteur de nombreuses collaborations avec Luke VIBERT, l’autre Cornouaillais de la musique électronique.

L’Analord 06, comme l’Analord 04 avant lui, se démarque des autres opus de la série par son homogénéité. Hormis « 2 Analogue Talks », chaque titre de ce sixième EP est un délice. Oubliez donc les considérations dignes d’un sous-fifre d’Universal qui parcourent la présente chronique : AFX officie sur Rephlex, c'est-à-dire qu’il peut faire abstraction de toute idée de profit, de publicité, de rentabilité, de format, de nouvelle technologie, de communication pour se concentrer sur le cœur de la chose : l’acide.

Titres présents sur Chosen Lords : « Batine Acid ».
Titres qui valent vraiment le coup : « Batine Acid », « Snivel Chew », « I’m Self-Employed » et « Analoggins ».


*¹ Note chasse et pêche : bien sûr, l’ornithorynque n’appartient pas à la famille des oiseaux. Mais puisque cette étrange chose ne semble se ranger proprement dans aucune classification scientifique, liberté a été prise de l’affubler de quelques plumes pour les besoins de la Transition.
*² Note descriptive sur le Rat Orchestre, tirée de l’Encyclopaedia Faunae Acidae (ouvrage collectif) : « Le rat orchestre, à l’image des hommes orchestres qui parcouraient autrefois les jardins publics, est un rat au pelage rose fluo (ou vert marais pour son cousin des Amériques), pourvu d’excroissances musicales. Par excroissances musicales nous entendons une grosse caisse, une boîte à rythme, un séquenceur et un kazoo de compositions strictement organiques qui se développent sur le corps de l’animal sitôt la pousse du pelage achevée. »

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- Richard D. 'afx' James (tout)
- Jeremy 'captain Voafose' Simmonds (invité)


1. Batine Acid
2. Snivel Chew
3. I'm Self Employed
4. 2 Analogue Talks
5. Analoggins



             



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