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1993 Sheet One

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1993 Spastik

PLASTIKMAN - Sheet One (1993)
Par JOVIAL le 3 Avril 2025          Consultée 79 fois

Quinze jours après la sortie de Spastik, single qui fait d'ors et déjà connaître le nom de PLASTIKMAN dans tous les clubs branchés d'Amérique du Nord et bientôt d'Europe, Richie Hawtin produit Sheet One, son second LP en un an, après l'excellent Dimension Intrusion sorti sous le pseudonyme de FUSE. L'anecdote est connue : la pochette de l'album était à l'origine perforée pour simuler une plaquette de quatre-cent buvards de LSD, ce qui valut quelques jours de cellule à un jeune américain pour possession of a controlled substance ! Un petit incident qui encouragea peut-être le label NovaMute à adopter un artwork plus traditionnel pour son édition japonaise deux ans plus tard.

À une époque où la scène de Détroit ne sort pratiquement que des compilations, PLASTIKMAN souhaite radicalement rompre avec cette tradition. En interview, il explique avoir pris comme modèle les œuvres de TANGERINE DREAM et KRAFTWERK : Trans Europe Express par exemple, on peut prendre les chansons une par une et elles sont géniales, mais si on les écoute dans leur intégralité, ça prend une autre dimension. Ainsi, Sheet One ne sera non pas une compilation, mais bien un album. Un vrai album, dont les pistes s'enchaînent sans interruption et se répondent même les unes aux autres, formant un tout, immersif, solide et cohérent. À l'instar de Spastik, le style s'affine encore, se purifie peu à peu par rapport à Dimension Intrusion. Pulsations minimalistes, lignes épurées. Il n'en demeure pas moins ancré dans son époque, notamment en ce qui concerne la présence de ces boucles acid caractéristiques de la TB-303. En 2016, Richie Hawtin expliquait ainsi ses intentions à MusicRadar : Je voulais que Sheet One soit une expérience d'écoute d'album conceptuel, un disque acid, mais sans être acid comme à Chicago.

De fait, Sheet One n'a absolument rien à voir avec les soirées branchées des clubs de la Windy City. Bien au contraire, tout n'est ici que pénombre. D'emblée, ''Drp'' contemple en soupirant les ruines rouillées de la Motor Town. Le Détroit de PLASTIKMAN flirte avec celui de Paul Verhoeven. Bruits d'avion. Rues désertes. Silhouettes fuyantes. Lumières blafârdes. Le nouvel ''Helikopter'' du département de police traque les truands. ''Smak'' vire même à l'émeute urbaine, coups de matraque et rafales de mitraillettes, et hurlements des bonnes citoyennes en panique (1). En réaction, ''Gak'' part se réfugier dans la solitude des docks, quand d'autres préfèrent le recours au cacheton, sombrant bientôt dans un ''Koma'' étonnamment moelleux et agréable.

Enregistré lors d'une unique session de 48h, Sheet One a su garder cet aspect improvisé, au travers notamment de ''Plasticine'' et ''Plasticity', morceaux phares de l'album, longs d'une dizaine de minutes chacun. Le travail sur les rythmes est remarquable, net et précis : la charge percussive de ''Helikopter'' et les ondulations de ''Glob'', sans oublier le beat dévastateur de ''Smak''. Dans le même temps, Hawtin prouve qu'il est aussi capable d'élaborer des ambiances d'une grande justesse, passant parfois d'un extrême à l'autre, de la douceur de ''Koma'' à l'hécatombe robotique du triptyque final ''Vokx''/''Smak''/''Ovokx''. Retenons encore ''Gak'' et son atmosphère cafardeuse, et surtout le magnifique ''Drp'' en ouverture, qui s'évanouit tel un songe alors que ''Plasticity'' prend le relais.

S'il fallait résumer au mieux, on pourrait dire que ce premier effort associe en quelque sorte l'aridité de Spastik à la richesse de Dimension Intrusion. Des textures froides et nues, pour des morceaux cependant loin d'être inertes. Cette musique vit. D'une certaine façon, Richie Hawtin s'émancipe de la rigidité mécanique de la scène de Détroit pour toucher à quelque chose de plus humain. Sentiment d'abandon, mélancolie, angoisse, Sheet One provoque des émotions rarement entendues sur un album de techno à l'époque.

(1) Pour la petite histoire, le sample utilisé sur ''Vokx'', ''Smak'' et ''Ovokx'' provient du premier épisode de la série The Outer Limite, plus connu en France sous le nom d'Au-delà du Réel.

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- Richie Hawtin (tout)


1. Drp
2. Plasticity
3. Gak
4. Okx
5. Helikopter
6. Glob
7. Plasticine
8. Koma
9. Vokx
10. Smak
11. Ovokx



             



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