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VENETIAN SNARES - Detrimentalist (2008)
Par SASKATCHEWAN le 14 Août 2009          Consultée 1967 fois

Parfois, j’essaye de m’imaginer ce que ça doit faire d’être Mike PARADINAS, le fondateur du label Planet-Mu. Le point sur lequel mon esprit se concentre le plus, c’est cet instant, sûrement très heureux, où un employé du label revient du Grand Nord couvert de neige, une enveloppe en papier kraft collée aux engelures de ses doigts. Sur l’enveloppe : un nom, un titre d’album, point. Mike PARADINAS se lève alors de son fauteuil, entonne l’hymne canadien, attrape son sirop d’érable d’une main, reçoit l’enveloppe de l’autre, l’ouvre, constate la présence du disque tant attendu, décroche son téléphone (oui, avec sa troisième main, celle qui n’est prise ni par le pli ni par le sirop), compose le numéro de l’usine de pressage et pousse un grand cri de joie, bien en face du combiné. Là-bas, à l’usine, on sait ce que ça veut dire : il faut dire que la scène se répète deux, trois fois par an depuis 2001. Mais Mike PARADINAS n’a pas encore atteint le comble du bonheur. Il faut encore quelques jours de pressage, de distribution et de retours de sesterces pour que le processus s’achève. A ce moment-là, le grand cheftain de Planet-Mu allume un cierge et le dépose sur un autel situé derrière son bureau. Noyé sous les grigris, on distingue le visage d’un grand barbu aux cheveux longs. La prière commence :

« Gloire à toi ! Ô VENETIAN SNARES, grand parmi les grands, grâce à qui mon label est une entreprise florissante, malgré la crise économique, le réchauffement climatique, le téléchargement illégal et l’invasion des crapauds buffles. »

Là-bas, au Canada, ledit VENETIAN SNARES n’écoute même pas : il est déjà en train d’achever un nouvel album.

Et Detrimentalist dans tout ça ? Eh bien ! Detrimentalist est l’illustration même de cette histoire récurrente : l’album sort en 2008, neuf mois après le précédent, cinq mois avant le suivant ; c’est un bon album, il se vend bien et tout le monde est content. Merci VENETIAN SNARES !

Une fois n’est pas coutume, Aaron FUNK tente d’innover, avec plus ou moins de succès. On avait déjà eu droit (et avec bonheur !) aux ajouts classiques, jazz, IDM, ambient et glitch ; cette fois, le Canadien nous offre un album de Breakcore mâtiné de quelques sonorités « oldschool ». On le sentait venir, ça se confirme : VENETIAN SNARES semble lui aussi atteint de nostalgite aiguë. Et il se fait plaisir : vieux sons acides, inspiration vidéo-ludique, beats technoïdes, Trance… Mais VENETIAN SNARES n’est pas CEEPHAX, son compagnon de label. Là où Andrew JENKINSON ne jure que par l’analogique et conchie allègrement les récents progrès technologiques, Aaron FUNK, lui, n’a qu’un seul mot d’ordre : le chaos sonore. Alors tout ce fatras de vieillerie (mais quel fatras !), il le triture, le mixe, l’accélère, le distord, l’accouple avec sa sale engeance synthétique et… PAF ! Ça fait un album loufoque ! La tambouille épileptique du maître Canadien s’entrecoupe ainsi de quelques nappes de synthé apaisantes, histoire de nous montrer une bonne fois pour toute que oui, le Breakcore, ça peut être mélodieux.

Cependant, il y a un mais (en fait non, il y a un cependant, mais on va faire comme si) : agrémenté de tous ces gadgets un peu désuets, le Breakcore de VENETIAN SNARES me paraît un peu trop inoffensif. L’homme n’a certes jamais été le partisan d’une stridence et d’un vacarme absolus, mais il faut bien avouer que Detrimentalist est juste divertissant, tandis que la plupart de ses prédécesseurs conservaient quand même un certain côté malsain et corrosif. Là, à part peut-être sur « Circle Pit », je ne vois qu’un album festif, un bon gros manifeste d’acid radicale imprimé sur feuillet jaune fluo, une sorte de B.O. idéale pour une heure de poursuite entre Bip-Bip et Coyote. Et dans ce domaine, j’ai bien peur que VENETIAN SNARES ne soit pas le meilleur (si, si, c’est possible…), même s’il s’en sort honorablement. Un album comme Alright! de Bogdan RACZYNSKI, sorti en 2007, me paraît avoir beaucoup mieux réussi son mélange Breakcore/Acid, avec un résultat beaucoup plus dansant et surtout, beaucoup plus déjanté ! On aurait souhaité dix morceaux aussi enivrants que « Koonut-Kalifee » et « Sajtban », mais l’album laisse progressivement la place à des titres moins déroutants, avec un mélange des genres moins bien équilibré, comme « Kyokushin », « Eurocore MVP » et « Poo Yourself Jason », ce dernier donnant vraiment l’impression d’un Breakcore à bout de souffle.

L’album s’achève sur « Miss Balaton », un assez bon morceau, mais qui tranche complètement avec le reste du disque par ses emprunts à l’Ambient et ses orchestrations « classiques ». Bon, Detrimentalist n’est pas non plus une grosse déception, ni même un album moyen, c’est un bon album, c’est « juste » un bon album, serait-on tenté de dire, au vu de l’impressionnante discographie d’Aaron FUNK.

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- Aaron 'venetian Snares' Funk (tout)


1. Gentleman
2. Koonut-kaliffee
3. Sajtban
4. Kyokushin
5. Eurocore Mvp
6. Poo Yourself Jason
7. Circle Pit
8. Flashforward
9. Bebikukorica Nigiri
10. Miss Balaton



             



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