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MERZHIN - Plus Loin Vers L'ouest (2010)
Par GEGERS le 30 Avril 2010          Consultée 1782 fois

Si un jour, alors que vous patientez tranquillement dans l'attente de votre TER quotidien, un train fumant venu de nulle part s'arrête en gare, il est possible que les six MERZHIN en descendent. En effet, depuis maintenant plus de 15 ans, le groupe breton trimballe sa carcasse sur des rails faits pêle-mêle de rock, de musique celtique, de folk et de punk. Et alors que nombre de groupe décident de s'embarquer dans un TGV, menant leur carrière à toute vitesse et se rendant compte que le terminus arrive parfois bien plus tôt qu'on le croit, MERZHIN a pour sa part embarqué dans un petit train de campagne, s'arrêtant dans chaque gare, un peu cahoteux certes, mais laissant le temps de s'imprégner du paysage.

Cette fois-ci, MERZHIN a donc décidé de se rendre plus loin vers l'ouest. Abandonnant en effet totalement son rock celtique (mais ne délaissant pas pour autant l'utilisation des flûtes et bombardes), le groupe poursuit en effet sur la direction prise quatre ans plus tôt avec le très bon Pieds Nus sur la Braise. Les rails sont cette fois-ci faits de guitares acérées, mais aussi de guitares acoustiques et de cuivres imposants. Alors que « L'étincelle », morceau d'ouverture de l'album, reste dans un style « classique », alternant couplets rock et refrains rageurs, « Train de Nuit » surprend par son orientation « folk-rock » calme et très mélodique. Comme si le voyage était une finalité en soi, le groupe nous embarque dans ce train paisible et enivrant, mettant en avant guitares acoustiques et bombarde. Et cette voix, grave et douce, nous apaise, et rend délectable cette petite pépite inattendue mais néanmoins très convaincante. Le groupe répètera plusieurs fois cette formule sur les titres suivants (« Le Serment », « Le Pacte du Diable ») sans pour autant réussir à égaler ce petit miracle. Donnant parfois l'impression d'être en roue libre et ne donnant pas l'impression d'exploiter son potentiel au maximum (comme ce pouvait être le cas sur le précédent album), MERZHIN a également embarqué dans ce train quelques titres dispensables, à l'image des deux précités.

Le groupe n'oublie pas néanmoins de sortir à plusieurs reprises sa botte secrète, ces petits brûlots rock (à tendance punk gentillette) qui viennent s'insinuer dans notre caboche pour ne plus la quitter. « Commedia des Ratés » en est le plus bel exemple, débordant d'énergie brute et doté d'un refrain imparable comme seul MERZHIN est capable d'en proposer. Malheureusement, le groupe échouera une nouvelle fois en tentant de répéter cette formule puisque les titres calqués sur ce modèle (le quasi-hard rock « Sweet Guerilla », « Cobaye ») se révèlent rapidement insignifiants, en dépit d'une évidente envie de bien faire.

Et le reste de l'album est à l'avenant. A trop s'arrêter dans des gares hétéroclites, MERZHIN donne l'impression de s'être quelque peu perdu en chemin, ne parvenant pas à atteindre un niveau de composition égal à celui du précédent opus. Certes, certains titres parviennent à convaincre de par leur originalité (« Cavaliero » et ses intonations orientales, « Plus Loin Vers l'Ouest » et son ambiance far west) mais l'auditeur, refusant à juste titre de se contenter de si peu, reste la plupart du temps sur sa faim. Ne parvenant qu'en de rares instants à atteindre le niveau de ses précédentes réalisations, MERZHIN donne l'impression d'un groupe en roue libre et se reposant un peu trop sur ses lauriers.

A trop vouloir évoluer, MERZHIN en a fini par perdre son identité et la recette des bonnes compositions qu'il maîtrisait pourtant à merveille il y a quelques années, alors que bon nombre voyait en ce groupe une alternative à un rock français « branché » et indolent. Et si l'orientation folk-rock du groupe n'est pas à remettre en cause, on ne peut néanmoins que regretter la présence sur cet album de titres poussifs et dispensables. Après quatre ans d'attente, les amateurs étaient en droit de s'attendre à mieux. Certes, le groupe nous emmène Plus Loin Vers l'Ouest, à force de surprise et d'originalité. Dommage que ce ne soit pas en première classe...

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   GEGERS

 
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- Pierre Le Bourdonnec (chant)
- Ludovic Berrou (bombarde, flûte)
- Damien Le Bras (basse)
- Stéphane Omnes (guitare électrique)
- Vincent L'hour (guitares électrique & acoustique)
- Jean-christophe (batterie)


1. L'étincelle
2. Train De Nuit
3. Commedia Des Ratés
4. Le Serment
5. Sweet Guerilla
6. Cavaliero
7. Amarillo Dlim
8. Liberté
9. Duel
10. Le Nord
11. Le Pacte Du Diable
12. Cobaye
13. Plus Loin Vers L'ouest



             



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