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2014 Des Heures à La Seconde
2016 Babel
2018 Nomades
2022 Marche Et (C)rêve

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2012 15
 

- Style : Daviken, Epsylon, Soldat Louis, Transpher, Strollad

MERZHIN - Marche Et (c)rêve (2022)
Par GEGERS le 9 Juin 2022          Consultée 360 fois

Plus le temps passe, et plus je me sens misanthrope. C’est une contradiction certaine : avoir besoin de ses contemporains, pour se nourrir, se déplacer, se soigner, mais en même temps ne se sentir pleinement vivant que loin de ses semblables. S’épanouir loin des vendeurs de croissance, des consuméristes prosélytes, des responsables de la déliquescence de l’espèce humaine. Pour son huitième album, MERZHIN place l’humain au cœur de son propos. Le groupe n’est pas dans le rejet mais plutôt dans l’analyse, proposant une issue sombre mais réaliste qui va de pair avec la froideur à la fois clinique et brutale de son nouvel album. Un album fait par des hommes qui ont à cœur de pousser l’humanité dans ses derniers retranchements.

Et en ce sens, l’album nous parle. Marche et (C)Rêve est un cri, une rage, un feu incandescent. Dense et puissant, cette nouvelle réalisation des Bretons est une claque face à laquelle il semble néanmoins difficile d’avoir envie d’offrir l’autre joue. Mis en boîte à Bruxelles (studio ICP) par le producteur londonien Drew Bang (ROYAL BLOOD, U2), cet album sans concession se fait porteur d’un rock rageur, aux riffs acérés, sur lequel la bombarde (dont l’âme bretonne est depuis longtemps remisée au placard) tisse une toile de désespoir plutôt qu’un filet de mélodies.

MERZHIN décrypte le monde, avec en fil rouge l’inéluctabilité du temps qui passe et la prédiction d’une issue tragique. Certains textes que l’on pourrait qualifier de post-apocalyptiques ou post-effondrement, prennent ainsi des airs de SF plutôt bien troussée, évoquant des ambiances et des images auxquels peu d’artistes osent se frotter (« Mur d’eau », « Marche et (C)Rêve »). Abordant le sujet de l’humain de ses contradictions et sa complexité, MERZHIN évoque les fanatismes (« Messiah »), les actes néfastes d’une humanité en déroute (« Je veux »), tout en gardant une place pour certains événements marquants de l’histoire (« Jesse », qui évoque le parcours de Jesse Owens durant les JO de Berlin en 1936), et, en filigrane, une note d’optimisme ténue mais bien présente.

Assez opaques néanmoins, les textes constituent la force de cet album qui souffle par ailleurs d’une mise en musique malheureusement décevante, et qui marque un tournant dans la carrière du groupe Breton. Là où Nomades semblait vouloir renouer avec des sonorités rock plus maîtrisées, Marche et (C)Rêve propose des compositions massives, toujours sombres, que l’on écoute comme un cri, continu, dont on ne retient guère de choses. Il est évident que les riffs constituent la force majeure des morceaux, les guitares se faisant à la fois grasses et puissantes (« Futur », « Je veux »). Se greffent autour de ces quelques fulgurances des motifs qui ont tendance à se répéter : des couplets minimalistes, dotés d’une tentative montée en intensité, un chant tout d’abord tout en retenue, puis arraché, écorché, et des breaks surprenant, parfois lounge, presque jazz (« Je veux »), mettant en avant les instruments à vent, notamment l’indispensable bombarde. Mais une fois la force des riffs ingérée, les morceaux n’offrent aucun point d’accroche, aucune mélodie digne de ce nom qui permettrait aux morceaux de se révéler et de marquer les esprits. Il va de soi que nous nous répétons, puisque cela fait plusieurs albums que MERZHIN a semble-t-il baissé les bras sur ce sujet, mais la déception est systématiquement à la hauteur de nos attentes. Quel gâchis.

Le groupe est, naturellement, libre de ses choix artistiques et de l’évolution de son propos, tout comme l’auditeur peut déplorer la vacuité de ce qui, présenté comme une prise de risques par la maison de disques du groupe, semble être une faiblesse au niveau des compositions. Mis à part le morceau-titre, fort bien troussé, nous nous retrouvons ici, comme sur Babel, à chercher vainement d’inexistantes mélodies qui pourraient sauver l’album du marasme. Après l’effort salué de Nomades, c’est une nouvelle déconvenue qui se présente ici aux nostalgiques de l’époque où MERZHIN, se faisant bariolé et inventif, ne voyait pas le monde en monochrome mais plutôt en couleurs.

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   GEGERS

 
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- Pierre Le Bourdonnec (chant, chœurs, guitare, harmonica)
- Ludovic Berrou (bombardes, flûtes, hautbois)
- Damien Le Bras (basse)
- Stéphane Omnes (guitare électrique)
- Baptiste Moalic (guitares électrique et acoustique)
- Jean-christophe Colliou (batterie, percussions)


1. Futur
2. Jesse
3. Mur D’eau
4. Résonances
5. Je Veux
6. Marche Et (c)rêve
7. Sphaera
8. Virus
9. Messiah
10. C’est Gravé
11. Renaissance
12. Luna



             



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