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MERZHIN - Babel (2016)
Par GEGERS le 31 Mars 2016          Consultée 1278 fois

Après 20 ans de carrière, on pensait MERZHIN tiré d'affaire. Une affaire qui roule, même si le groupe breton n'a plus grand chose à voir avec le groupe de rock celtique de ses débuts. En deux décennies, le combo a évolué, naturellement, s'éloignant peu à peu de ses influences traditionnelles. Depuis 10 ans néanmoins, MERZHIN semble s'épanouir loin des ambiances celtiques qui lui ont permis de rencontrer le succès à l'aube du siècle nouveau, et souffle le chaud et le froid, alternant le formidable (Pieds Nus sur la Braise en 2006), le bancal (Plus Loin Vers l'Ouest) et le tiède (Des Heures à la Seconde). Mais jamais jusqu'à présent le groupe ne nous avait réellement déçus jusqu'à ébranler notre foi en son rock énergique et bariolé.

Ce jour est pourtant arrivé. Ce bon Merlin semble d'être dangereusement égaré, si loin de la forêt de Brocéliande. Le groupe, sur ce Babel à la sublime pochette (une cité vue de dessus, formant un oeil), lorgne, comme depuis quelques albums, vers un rock que l'on pourrait qualifier d'énervé, qui évoque tout autant les piliers Noir Désir que les héritiers Luke ou Deportivo. Si l'intention est bonne, l'exécution nous laisse cette fois-ci totalement désemparés à l'écoute d'une musique aseptisée et sans saveur. Si la batterie électronique qui introduit le premier titre "La Planète" peut faire peur, le morceau est pourtant une des quelques réussites de l'album. Critique acerbe de cette fuite en avant menée par nos gouvernements, aveugles face à la menace d'un changement climatique important, ce titre est rock, énergique, et prévaut surtout grâce à ses paroles vindicatives. Il faut, pour ressentir un véritable frisson, zapper les pistes suivantes et écouter "La Traque", dont le riff belliqueux se fait porteur d'une délectable envie d'en découdre. Même si MERZHIN ne laisse ici qu'un faible espace d'expression au pourtant virtuose Ludovic Berrou (qui oeuvre sur ce titre à la trompette puis à la bombarde), ce morceau est sans conteste ce que le groupe nous propose de plus efficace sur ce nouvel album. Dans une moindre mesure, "Day Dreamers", premier titre intégralement en langue anglaise interprété par MERZHIN, se fait également un titre rock léger et agréable, qui se pose en référence directe aux titres chantés dans la langue de Shakespeare par Noir Désir sur un album tel que Du Ciment Sous les Plaines.

Le reste n'est qu'un conglomérat de titres rock poussifs et sans saveurs, dont le seul effet est de nous faire regretter la qualité (même parfois relative) des réalisations passées du groupe. L'horripilant "Apocalypolitico" (quel horrible mot-valise), le burné (mais bien peu savoureux "Muhammad Ali") ou ces titres rock passe-partout qui s'alignent sans que l'on parvienne à trouver une quelconque accroche mélodique ("A travers toi", "Sous la focale", "Be Bope Lula" et ses lourdes ambiances hispanisantes) sont autant de déceptions marquantes. Alors que MERZHIN avait réussi à proposer plusieurs titres dignes d'intérêt dans son opus précédent, ce Babel pourtant dans la même veine n'offre quasiment aucun motif de satisfaction.

MERZHIN, c'est fort triste, a laissé tomber sa spécificité séduisante (ses influences celtiques) pour se fondre dans une masse rock qui se voudrait la digne héritière de Noir Désir. L'évolution est sans doute sincère, mais elle est porteuse d'inquiétudes quant à l'avenir de la formation qui, à moins de proposer des accroches mélodiques plus abouties, risque de ne plus éveiller l'intérêt de beaucoup d'auditeurs. Nous voici les tristes témoins d'un déclin qui, espérons-le, ne sera que temporaire.

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   GEGERS

 
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- Pierre Le Bourdonnec (chant)
- Ludovic Berrou (bombarde, flûte)
- Damien Le Bras (basse)
- Stéphane Omnes (guitare électrique)
- Vincent L'hour (guitares électrique & acoustique)
- Jean-christophe (batterie)


1. La Planète
2. Babel
3. Muhammad Ali
4. À Travers Toi
5. La Traque
6. Sous La Focale
7. Apocalypolitico
8. Daydreamers
9. Conquistador
10. Be Bope Lula
11. Et Après ?



             



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