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MERZHIN - Des Heures à La Seconde (2014)
Par GEGERS le 3 Mars 2014          Consultée 1997 fois

Il est difficile de continuer de suivre et de supporter un groupe qui a décidé de changer son style musical et d'évoluer vers de nouveaux horizons. Le musicophile et par nature conservateur, ce qui est compréhensible : on aime un groupe pour ce qu'il est, et non pas pour ce qu'il pourrait être. Ainsi, adopter, épouser totalement le nouveau visage de Bretons de MERZHIN n'est pas chose aisée. Le groupe, qui approche les 20 ans de carrière, a depuis la deuxième moitié des années 2000 décidé de laisser sur le bas-côté son rock celtique pour voguer vers des cieux bien moins imprégnés de chouchen. Si cette profonde remise en question a permis au groupe d'offrir un de ses meilleurs albums (l'excellent Pieds Nus sur La Braise en 2006), elle a également donné naissance au bien plus consensuel et bien moins marquant Plus Loin Vers L'Ouest en 2010. Quatre ans plus tard, et deux ans après avoir célébré son quinzième anniversaire par la publication de la chaudement recommandable compilation 15, le sextet de Landernau revient avec un sixième album qui délaisse définitivement les sonorités celtiques au profit d'un rock « à la française », proche des sonorités de Noir Desir, Luke ou Deportivo.

Cette nouvelle orientation serait-elle liée à la volonté d'assumer son âge ? Les jeunes fous bretonnants sont quadras assagis, qui n'ont peut-être plus la force de se lancer dans des gigues endiablées ? « On a plus 20 ans, ni même 30 assurément », lance Pierre Le Bourdonnec en introduction de « Bande Passante », titre mid-tempo à la mélodie acoustique pas désagréable, agrémentée d'une sympathique intervention de la clarinette de Ludovic Berrou. En parlant de ce dernier, que de changements pour cet ancien talabarder du Bagad Landerne, dont le rôle de multi-instrumentiste se voit réduit à peau de chagrin. Ses interventions restent régulières, et le bonhomme joue de la bombarde, de la clarinette ou des cuivres (trompette) sur l'ensemble des morceaux (ou presque), mais ne se voit pas suffisamment mis en valeur pour donner naissance à des mélodies véritablement marquantes. Un talent malheureusement sous-utilisé sur cet album.

Sa mutation désormais achevée, MERZHIN déploie donc son rock dénué de son identité bretonne pendant une quarantaine de minutes. Forcément, qui aime les paroles profondes de Pierre Le Bourdonnec trouvera son compte sur ces pièces souvent introspectives, contemplatives. Le temps, son passage, la manière dont on le subit, se fait le fil conducteur de l'album, et sert de prétexte à des rythmiques finement taillées, métronomiques (« Les heures vagabondes ») qui pourraient laisser penser que le groupe a mis de côté son énergie légendaire. « Dans Ma Peau » et son refrain explosif ou encore « Welcome Circus », son refrain fédérateur (façon « Comme elle vient » de Noir Désir) et sa section de cuivres prédominante viennent nous rassurer. MERZHIN est encore capable de proposer du bon. Dans la catégorie des réussites, notons également « Je suis l'homme », titre lancinant proche de l'univers de Deportivo, le duo avec Man (ex-Dolly) « L'éclaireur », sa ligne de basse envoûtante et son refrain à la fois moderne et percutant.

Les titres les plus mordants se font ainsi les plus remarquables. Pour le reste, MERZHIN s'embarque dans un rock certes savamment construit, mais qui peine à se révéler enthousiasmant. On ne sait pas ainsi ou le groupe veut en venir avec « Lignes d'horizon », sorte de pièce déstructurée à l'intérêt nul. « La raison », dont les sympathiques mélodies vocales rappellent Luke, peine à convaincre sur la longueur, de même que « Les indignés », qui vient clore l'album sur des sonorités un poil électro, proches du précédent album. En fin d'opus, il n'y a guère que la longue et intimiste pièce « Après l'écho » qui éveille l'intérêt, justement parce que sa deuxième moitié voit la trompette puis la clarinette prendre leur envol pour apporter cette identité bariolée propre à MERZHIN, que le groupe semble par ailleurs avoir souhaité effacer.

À l'auditeur, donc, de faire l'effort pour se familiariser et, pourquoi pas, adopter le MERZHIN nouveau. Plus inspiré que son prédécesseur, Des Heures à la Seconde entérine le nouveau visage d'un groupe qui reste capable du meilleur, comme il le prouve à plusieurs reprises sur cet album. Reste à faire le deuil d'une identité celtique qui ne transparaît désormais qu'en live, et qui apportait pourtant un supplément d'intérêt notable à le musique du combo. Ne reste qu'à s'y faire...

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   GEGERS

 
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- Pierre Le Bourdonnec (chant)
- Ludovic Berrou (bombarde, flûte)
- Damien Le Bras (basse)
- Stéphane Omnes (guitare électrique)
- Vincent L'hour (guitares électrique & acoustique)
- Jean-christophe (batterie)


1. Je Suis L'homme
2. Dans Ma Peau
3. L'éclaireur
4. Bande Passante
5. Welcome Circus
6. Les Heures Vagabondes
7. Lignes D'horizon
8. La Raison
9. Quand Vient Le Silence
10. Le Pantin
11. Après L'écho
12. Les Indignés



             



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