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- Style : Roddy Woomble , Séan Mccann , Bap Kennedy , Alistair Ogilvy
- Membre : Oysterband

Ray COOPER - Tales Of Love War & Death By Hanging (2010)
Par GEGERS le 12 Juillet 2010          Consultée 1842 fois

Le comté de Jämtland, au nord-est de la Finlande, n'est pas ce que l'on peut appeler une terre hospitalière. Situé au nord du pays, juste au sud de la Laponie il a pourtant servi de lieu de conception de ce premier album solo de Ray COOPER, connu pour être depuis 1988 le bassiste et violoncelliste du groupe culte écossais Oysterband. Partageant son temps entre son Angleterre natale, son Écosse d'adoption et sa Finlande de cœur, le bonhomme profite d'une pause bien méritée que s'est accordée son groupe principal pour s'offrir une première escapade en solo. Multi-instrumentiste reconnu, chanteur affirmé, c'est à travers un folk acoustique et intimiste que celui que l'on surnomme « Chopper » a décidé de s'exprimer.

C'est avec une rythmique acoustique pesante et lancinante que débute de Tales of Love War & Death by Hanging. Grave et solennelle, la voix de Ray COOPER vient se superposer à la guitare et au violoncelle, narrant avec une conviction empreinte de tristesse ces histoires passées, des contes d'un autre âge, mêlant amour, guerre et pendaisons, illustrant en ce sens parfaitement le titre de l'album. Et alors que la guitare se fait bourreau, le violoncelle et l'harmonica se font victimes innocentes, apportant une légèreté et de douces mélodies permettant à l'ensemble de se sublimer et laisser s'exprimer une magnifique tristesse. « The Dark Days Are Over », titre ironique s'il en est, constitue en ce sens la plus belle réussite de l'opus, alternant entre noirceur des couplets et clarté du refrain pour un résultat d'une beauté rare. Le violoncelle, une nouvelle fois, prend le parti d'une émotion discrète, toute en retenue, faisant preuve d'une virtuosité non pas égoïste mais « utile », permettant à l'auditeur de s'enfoncer pleinement, jusqu'à se perdre, dans cette sublime transcendance.

Car là est l'essence de cet album. Parsemées ci et là de touches issues du folklore musical écossais et suédois, les dix compositions de cet opus se méditent plus qu'elles ne s'écoutent, se vivent et se ressentent. Placée en avant dans le mixage, la voix de Ray COOPER se fait le moteur de cette expérience, constituant le liant entre les instruments hétéroclites et permettant à l'ensemble de s'élever. Mais la musique sait également raconter des histoires et la voix se faire plus rare. Discrète sur la flamboyante adaptation de « Kiss the Night » (marche nuptiale du comté de Jämtland), elle se fait quasiment absente sur la reprise du traditionnel écossais « Ye Jacobites By Name », laissant la voix libre à un violoncelle intense et enivrant.

Pratiquant le folk dans sa nature la plus pure, Ray COOPER se fait griot, transformant des chansons en épopées bouleversantes que l'on prend plaisir à découvrir, puis à décortiquer et à réécouter inlassablement, en ouvrant à chaque écoute de nouvelles portes, en creusant un peu plus profond, jusqu'à ne plus vouloir (pouvoir ?) s'en défaire. La ballade « In Your Sweet Arms », agrémentée d'une mandoline espiègle, l'organique et épique « The Highwayman » ou encore l'étincelant « My Compass Points North » sont autant de cavernes d'Ali Baba débordant de trésors et d'innombrables richesses. Comment ne pas, à l'écoute de ce dernier morceau, se sentir porté vers les paysages tristes et réflexifs de l'Europe du nord, s'imaginer survoler une forêt de pins enneigés, ou s'imaginer être témoin privilégié d'une aurore boréale ? En ce sens, Ray COOPER se rapproche d'un artiste comme Eddie Vedder, qui lui aussi à réussi à enfermer la grandeur des paysages nordiques dans un album (la fabuleuse BO d'Into the Wild).

Tales of Love War and Death by Hanging est un album à l'écoute duquel on ressort grandi, riche d'une expérience nouvelle et bienfaisante. Exaltant du début à la fin de l'opus, le folk distillé par le britannique dépasse les frontières musicales pour s'insinuer dans le corps et l'esprit de ses auditeurs, constituant en ce sens une nourriture de l'âme que l'on ne peut, après coup, que considérer comme indispensable. De l'art, à l'état pur, et un premier coup de maître qui, espérons-le, se verra renouvelé dans quelques années.

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   GEGERS

 
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- Ray Cooper (chant, guitare, violoncelle, mandoline, harmonica)
- Patrick Andersson (violon)
- Dil Davis (batterie)
- Olle Linder (tambourin)


1. The Puritan
2. The Dark Days Are Over
3. Border Widow’s Lament
4. Mcpherson’s Rant
5. I Kiss The Night
6. The Grey Goose Wing
7. In Your Sweet Arms
8. The Highwayman
9. My Compass Points To North
10. Ye Jacobites By Name



             



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