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- Style : Roddy Woomble , Séan Mccann , Bap Kennedy , Alistair Ogilvy
- Membre : Oysterband

Ray COOPER - Palace Of Tears (2014)
Par GEGERS le 1er Septembre 2014          Consultée 793 fois

Quand j'écoute Ray COOPER, je vois le Professeur Keating, interprété par le désormais regretté Robin Williams, dans le Cercle des Poètes Disparus. La passion avec laquelle l'artiste britannique vit son folk a cette aura bouleversante, qui relève de l'extraordinaire. Sur son premier album solo, déjà, on sentait l'artiste totalement investi, non pas par une mission, mais par un besoin impérieux de transmettre son folk à la fois intimiste et puissant. Ray COOPER fait partie de ces artistes inspirants qui apportent une dimension supplémentaire à la musique. Celle du bonhomme se vit, s'absorbe, et l'on en ressort grandi, peut-être même meilleur.

Un piano, et les premières notes de « A Line In The Sand » vous happent. L'album vous met le grappin dessus. Cette « ligne dans le sable », c'est celle du pipeline qui apporte le pétrole aux bateaux à travers les déserts du Moyen-Orient, bien sûr. Ce serpent qui traîne derrière lui un cortège de morts et de guerre, et traverse les barbelés et les miradors pour combler les besoin d'une société dite développée qui court à sa perte. Outre le violoncelle et la voix de Ray COOPER, le propos est soutenu par le piano de Gustav Andersson. Une petite révolution en soi car cet instrument, qui n'était que peu présent sur le premier album du bonhomme, se fait ici un élément essentiel des compositions, beaucoup étant construites autour de ses interventions. Sur « A Line In The Sand », piano et violoncelle mêlés mettent sur pied une mélodie terriblement triste autant qu'exceptionnellement belle. Un folk poignant et aux paroles d'une intensité désarmante.

Désormais libéré de ses engagements avec Oysterband, qu'il a quitté en 2013, Ray COOPER, installé de manière permanente en Suède, consacre de nouveau l'essentiel de ses thèmes à l'histoire de l'Europe du Nord. Si le premier album de l'artiste traitait d'événements ancrés dans l'histoire médiévale, celui-ci jette son dévolu sur des événements contemporains, qu'ils soient ou non avérés. La jolie « The King's birthday », inspirée par la photo d'une jeune femme assistant à une parade à Malmö en 1889, se fait une pièce enjouée, à laquelle Ray a eu le bon goût de greffer le traditionnel dansant « Maarit's Waltz ». Les violons doucereux, le piano sautillant et l'ajout des choeurs de la convaincante Rowan Godel transforment ce morceau en un moment de bonheur véritable.

L'Ecosse s'éloigne de l'univers de Ray COOPER. On la sent ci et là, notamment dans les paroles : « Sleeping Giant », « Mountainside » ou « Tears of Isis », mais il est évident que les influences musicales rappellent bien plus l'univers folk de l'Europe du Nord que celui de la « Bonnie Scotland ». Cela n'empêche pas les morceaux de bénéficier de cette facette délicate et célèste qui les rend paradoxalement puissants. C'est le cas notamment du morceau-titre, « Palace of Tears ». Tiré du surnom d'un checkpoint berlinois, le « Tränenpalast », lieu de passage entre l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est, ce morceau est d'une profondeur éblouissante, décuplée par la force ajoutée du piano et des instruments à cordes. Ray COOPER, qui œuvre ici aussi bien au chant qu'à l'harmonica, livre un morceau d'une beauté incroyable, poignant et magnifique. Comme si la puissance de « The Dark Days Are Over », titre-phare de son précédent opus, avait été multipliée par 10.

Faire le tour complet du propriétaire serait trop long. Mais à la manière d'un excellent professeur qui parvient à transmettre son savoir, Ray COOPER instille chez l'auditeur l'envie, le besoin même, de se plonger dans ce folk un peu mélancolique, souvent doux-amer, qui nécessite de nombreuses écoutes pour livrer tous ses secrets. Si deux/trois morceaux pourront vous parler dès la première écoute, c'est bien ici la persévérance qui sera récompensée. Un album d'une beauté intense pour un artiste qui a le folk à fleur de peau.

« Palace of Tears » en live : https://www.youtube.com/watch?v=9k7r39objp4

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   GEGERS

 
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- Ray Cooper (chant, violoncelle, guitare, kantele, harmonica, m)
- Gustav Andersson (piano, orgue, harmonium)
- Rowan Godel (harmonies vocales)


1. Line In The Sand
2. Mountainside
3. Palace Of Tears
4. Sleeping Giant
5. Destroying Angel
6. Palace Of Tears
7. King's Birthday
8. Tears Of Isis
9. Calling Of The Dove
10. This Foolish Dream
11. When The Curtain Falls



             



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