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ZËRO - Joke Box (2007)
Par JOVIAL le 2 Janvier 2012          Consultée 812 fois

J’ai découvert ZËRO en concert il y a deux ou trois ans de cela. À l’époque, je ne connaissais absolument pas l’œuvre de ces quatre aventuriers lyonnais, ni même leur parcours, et qu’elle ne fut donc pas ma surprise en découvrant, après quelques recherches sur la toile, que le groupe n’était en fait que la réincarnation de Bästard, pointure parmi les pointures du rock indépendant français des années 90. En effet, à l’exception de Jean-Michel Berthier, remplacé par Ivan Chiossone (clavier/guitare), le line-up n’a pas bougé, et c’est non sans une certaine émotion que nous y retrouvons Franck Laurino (batterie), François Cuilleron (guitare/basse/claviers) et bien sûr Eric Aldéa (chant/basse/guitare), à l’origine de la reformation après de brèves, mais fructueuses collaborations avec Narcophony et Kabul, en compagnie d’ailleurs de Chiossone. Côté musique, si la filiation avec Bästard est évidente, notamment au niveau des rythmiques et des guitares, à aucun moment ZËRO ne revendique ce lien de paternité et tente à chaque instant de se forger son propre style, honnêtement très difficile à définir et que le groupe lui-même peine à trouver. Joke Box est un album riche en influences, où se côtoient post-punk, krautrock, expérimental, post-rock et même folk, mais qui, contrairement à ce que vous pourriez penser, n’est pas forcément un avantage. En un mot, ce disque est à mon avis beaucoup trop hétérogène et décousu, dont les écarts de styles se perçoivent non pas comme des variations intelligentes mais au contraire comme des coupures trop nettes pour réussir À assurer une parfaite continuité dans l’œuvre. Mais ne partez cependant pas tout de suite, car ce Joke Box, qui est loin d’être une blague justement, nous réserve ses quelques moments d’excellence.

Deux mondes s’opposent sur ce disque. D’un côté, un formidable travail sur les ambiances, et de l’autre des morceaux plus incisifs, auxquels j’accroche beaucoup moins, n’atteignant que trop peu l’intensité expérimentée en concert.

Plus expérimental, le premier monde, si l’on veut à tout prix lui coller une étiquette, oscille entre musique électronique et post-rock. Enfin quoiqu’il en soit, c’est sûrement ici que ZËRO a le plus de chances de vous séduire. « The Desire And The Importance Of Failing », courte mais très intense, impressionne autant par son climat mystérieux, asiatique, que par l’apparente simplicité de ses arrangements électroniques, qui progressivement enveloppe son auditeur dans une douceur froide et nostalgique. Dans le même style, mais de manière encore plus intense, « Luna Park » mérite toute votre attention. Splendide montée en puissance, dans un parfait compromis entre rock et musique électronique, son ambiance nocturne constitue l’un des plus beaux moments du disque. Toutefois, ZËRO ne limite pas ses travaux à ce genre de compositions, et sait à l’inverse se contredire en composant par exemple l’excellente « Cars, Buses, Etc… », morceau d’ambient assez morbide, minimaliste et bruitiste, qui se démarque nettement des autres moments de Joke Box, mais qui au demeurant reste peut-être son passage le plus intéressant. Néanmoins, n’allez pas croire que dans ce domaine plus « planant », ZËRO excelle à chaque fois : le calme folk de « Crosby And Garfunkel » n’a par exemple rien à faire ici, s’avérant rapidement trop faible et trop peu original pour un album dont la qualité ne pouvait tolérer un tel écart de mièvrerie.

Le second monde est sans doute celui qui entretient le plus de rapport avec la musique que pratiquait auparavant Bästard. Je suis cependant assez partagé dans mon appréciation. Il y a du très bon comme il y peut y avoir du très mauvais et ainsi nous éviterons en particulier de nous étendre sur cette infâme reprise de Devo, « Automodown / Space Girl Blues », dont l’originale n’était déjà pas très palpitante, ainsi la bonne humeur un peu surfaite de « Pride Of The Kids » qui ne me revient pas du tout. « Go Stereo » soulève quant à elle un autre problème : si sa composition se révèle en tout point remarquable, alternant brillamment rythmiques jazzy et guitares virevoltantes, le résultat est décevant, et le morceau en lui-même manque cruellement de mordant. Même constat, mais de manière moins flagrante, pour « Big Screen / Flat People », qui entame l’album d’une façon un peu trop « grasse » à mon goût. Enfin, heureusement, ZËRO parvient à se rattraper en d’autres occasions, notamment lorsque le chant est mis plus en avant, comme c’est par exemple le cas sur « Drag Queen Blues », violemment salace, et l’étonnante « Derby », aux guitares lourdes et imposantes pour un morceau pourtant très aérien.

En somme, si ce premier album de ZËRO possède ses quelques tares, on y découvre un groupe déjà très prometteur et inspiré, qui va n’avoir de cesse de s’affirmer par la suite au sein d'une scène underground française de plus en plus vivante et intéressante. Si je préfère pour l’instant leur second album, je considère toutefois Joke Box comme un bon disque, original et recherché, première œuvre d’une discographie, on l’espère, longue et riche.

Note réelle : 2.5 / 5

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- Ivan Chiossone (clavier/guitare)
- Franck Laurino (batterie)
- François Cuilleron (guitare/basse/claviers)
- Eric Aldéa (chant/basse/guitare)


1. Big Screen/flat People
2. Go Stereo
3. The Desire And The Importance Of Failing
4. Drag Queen Blues
5. Derby
6. Luna Park
7. Crosby And Garfunkel
8. Automodown/space Girl Blues
9. Cars, Buses, Etc...



             



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