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NINE INCH NAILS - The Downward Spiral (1994)
Par UDUFRU le 28 Mars 2005          Consultée 8663 fois

Un coup de feu retentit, suivi d’un autre. Des gargouillements évocateurs émanent d’une gorge que l’on devine être celle de la victime, criblée de balles… Un chargeur est vidé, puis un second ; la cadence s’accélère. Soudain, le bruit se change en rythme, et le rythme en musique. Et, surplombant le vacarme synthétique produit par des claviers et des guitares que l’on ne parvient plus à dissocier tant la saturation les confond dans le même déferlement de puissance, une voix, chaude, rauque, sensuelle, psalmodie et bientôt hurle son identité… « Mr Self Destruct ». Le ton est donné.

Trent Reznor, leader de NIN et par conséquent de l’indus, aurait fort bien pu continuer sur la lancée de « Broken », qui était déjà un miracle musical par rapport au mal vieilli « Pretty Hate Machine ». Après tout, le halo 5 était presque parfait et connaissait un succès aussi vif que polémique. Mais il n’est pas dans les habitudes d’un génie avant-gardiste de s’arrêter en si bon chemin, ni de s’arrêter tout court. Car là où d’aucuns remâchent pompeusement qu’il faut vivre avec son temps, d’autres choisissent de le précéder, d’ouvrir une voie nouvelle, sans même se parer d’un égocentrique « Qui m’aime me suive ». Reznor démontra à maintes reprises qu’il appartenait à cette seconde espèce, et là où son « Broken » ressemble furieusement à une violente crise d’adolescence, nimbée de haine et de frustration, l’album suivant est celui de la concrétisation des désirs, et, cela va de pair, des premières souffrances.

Tour à tour, Trent évoque les facettes les plus noires de sa personnalité, et tout y passe. La religion, entre autres. Thème de prédilection d’un homme qui a cessé d’espérer depuis « Terrible Lie », son « Heresy » au texte très subversif est aussi le morceau le plus electro de l’album, du moins pendant les couplets qui laissent la part belle aux claviers, revenus en force après avoir été congédiés sur « Broken ».
Le sexe, ensuite, avec le lubrique « Closer » et son célèbre refrain des plus romantiques : « I want to fuck you like an animal » ! Son tempo lent et régulier évoque sans conteste ces moments d’intimité où l’esprit abandonne la chair pour la laisser vagabonder sur les sentiers du plaisir, aidé en cela par la voix toujours plus hypnotique de Reznor. Ce morceau d’une sensualité communicative se poursuit par une de ces superpositions progressives de samples qui deviendront une habitude pour le groupe.
On retrouve d’ailleurs une de ces superpositions au début d’un des meilleurs morceaux de NIN, tout album confondu. Je veux parler de « Eraser », quintessence de l’œuvre de l’Américain. Long, sombre, magnifique, ce titre au texte très cru évoque les sentiments qui se muent en pulsions, elles-mêmes devenant destruction. Il réussit à passer d’un paisible soufflement énigmatique à un déferlement de violence contrôlée dans une progression constante, qui prend l’auditeur par la main jusqu’aux profondeurs de son âme malade…
… âme dont la folie conduit au suicide, abordé dans le très dérangeant morceau-titre, où se succèdent le bourdonnement de mouches nécrophages et un hurlement interminable, assourdi à l’extrême. L’autodestruction, thème récurrent dans la discographie du groupe et clef de voûte de cet opus, indique l’intense mal-être du chanteur, figuré par la spirale descendante dont il ne verra le fond que dans « Further Down the Spiral ».

Il est extrêmement ardu de décrire la globalité de l’album autrement que par le mot « industriel », car les quatorze pièces musicales qui le composent sont extrêmement différentes, autant que peuvent l’être les multiples facettes d’un être humain qui chute inlassablement dans la démence ou le désespoir. L’une sera très rock (« Piggy »), l’autre plutôt punk (« March of the Pigs ») ; on trouve de la douceur (« A Warm Place », probablement la poche amniotique), et de la brutalité (« Big Man with a Gun ») ; ici, un passage presque metal (à la fin de l’excellent « The Becoming »), là, un solo de guitare distordue nimbé de blues (« Ruiner »)… et au bout du tunnel, cette souffrance toujours présente, qui trouve sa plus parfaite expression dans un titre à s’arracher les yeux pour faire cesser ses larmes (« Hurt »)… et malgré cette hétérogénéité manifeste, ça coule de source. Parce qu’il y a une logique implacable derrière tout cela : celle de l’être humain qui traverse les tourments de la vie et que les illusions du bonheur quittent lentement, ne laissant que les passions, les pulsions, et l’inévitable annihilation finale.

Le halo 8 reste une référence incontournable en matière d’indus, avec ses quatorze titres qui sont autant de perles noires et bosselées. Pas moins de dix années se sont écoulées depuis ce méfait mythique, et cependant, celui-ci n’a pas pris une ride. Sans doute est-ce parce que celui qui l’a composé était en avance sur son temps d’une bonne décennie… ou bien peut-être parce que l’âme humaine, dont il s’est fait le moins hypocrite des conteurs, est intemporelle…

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- Trent Reznor (tout sauf en live :)
- Robin Finck (guitare)
- Danny Lohner (basse, guitare, claviers)
- Charlie Clouser (claviers)
- Chris Vrenna (batterie)


1. Mr Self Destruct
2. Piggy
3. Heresy
4. March Of The Pigs
5. Closer
6. Ruiner
7. The Becoming
8. I Do Not Want This
9. Big Man With A Gun
10. A Warm Place
11. Eraser
12. Reptile
13. The Downward Spiral
14. Hurt



             



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