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NINE INCH NAILS - Hesitation Marks (2013)
Par JASPER LEE POP le 27 Octobre 2016          Consultée 967 fois

L'accueil réservé à Hesitation Marks, le dernier NINE INCH NAILS en date (ce Halo 28 est à nouveau distribué par une major) a pour le moins été mitigé. On peut clairement parler d'un album clivant, comme on dit chez les gens de la com'. D'un côté, les nostalgiques de la grande époque de NIN ont reproché à Trent Reznor d'avoir perdu la hargne, la flamme, de s'être assagi. De l'autre, on a salué l'évolution d'un homme apaisé, enfin serein. Je me range dans ce deuxième camp.

Trent Reznor a vaincu la dépression, a décroché de ses addictions. Il est marié et a trois enfants. Il compose en compagnie d'Atticus Ross des bandes originales brillantes dont l'une lui a valu de décrocher un Oscar (pour The Social Network de Fincher). Il touche des gros chèques pour collaborer avec des plate-formes musicales (d'abord Beats Music avant la sortie de cet album, puis aujourd'hui Itunes suite au rachat par Apple) et est unanimement reconnu comme un des musiciens les plus créatifs et influents de son époque. Bref le type semble enfin bien dans sa tête. On n'est pas copain mais je suis content pour lui. Dès lors, est-il raisonnable d'attendre qu'il nous ponde The Downward Spiral volume II ? Mais bordel de merde, le type serait mort s'il ne s'était pas arraché à cette très longue phase autodestructrice ! Et moi, simple auditeur, aurais-je d'ailleurs envie de replonger dans la spirale infernale ? Ben non, pas vraiment. Ça a beau être un chef-d'œuvre, je me rends compte que ça fait un bail que je ne l'ai plus écouté. Parce que c'est quand même à chaque fois une putain d'épreuve et qu'aujourd'hui je suis aussi plutôt bien dans mes baskets, merci pour moi. Plus trop envie de broyer du noir. C'est sain d'évoluer, de ne pas vouloir arrêter le compteur. Enfin, je crois.

Alors de quelle évolution parle-t-on avec ce skeud ? Les guitares sont clairement reléguées au second, voire au troisième plan. Terminés les riffs plombés, les stries industrielles saturées, place à des petits licks plus discrets (Lindsey Buckingham de FLEETWOOD MAC sur trois morceaux), funky même (Adrian Belew sur « All Time Low » qui doit beaucoup au « Fame » de Bowie). Au revoir, les batteries acoustiques, c'est ici le règne des programmations avec des beats synthétiques et dance (et le boulot est admirable). Le chant est plus posé, moins hurlé. Un retour à Pretty Hate Machine ? Il y a un peu de ça, oui. Comme si Reznor faisait un grand pas en arrière pour effacer la furie de Broken (trop vieux) et ouvrir un nouveau chapitre. Il le dit d'ailleurs dans les paroles. « J'ai tout essayé/J'ai survécu à tout » dans « Everything » (gros emprunt au « Just Like Heaven » de The CURE quand même), il faut faire avec les déceptions (« Disappointed ») mais il a trouvé sa voie (« Find My Way ») et c'est maintenant que le plaisir commence (« This is where the fun begins » encore dans « All Time Low »). La lumière est au bout du tunnel. Qui attendait ça de NIN ? Oh, n'allez pas croire qu'on est chez les bisounours pour autant. On a toujours droit à ces progressions rythmiques hypnotiques et maléfiques, à ces superpositions de couches abrasives, cette richesse de textures sonores. La noirceur guette sous le beat le plus entraînant. Le Trent a beau être serein, il n'est pas du genre rigolard.

Reznor fait en quelque sorte du vieux avec du neuf et ne s'en cache même pas (« Je ne suis qu'une copie d'une copie d'une copie » sur un « Copy of a » assez déroutant pour lancer l'album). Il reconvoque Russell Mills pour signer la pochette. Il rassure avec le premier single « Came Back Haunted » (clip signé David Lynch, s'il vous plaît), efficace et très similaire à « The Hand That Feeds » sur With Teeth, puis déconcerte plus loin avec le très bon « Satellite », morceau paradoxalement dance ET flippant. Attention, tout cela nécessite plusieurs écoutes pour être digéré et le trio de fin (« I Would For You », « In Two » et « While I'm Still Here » qui s'enchaînent comme un seul morceau) m'ennuie sérieusement, mais l'album se mérite et se donne à qui veut prendre le temps de le dompter. Pas étonnant que pas mal d'auditeurs aient pu faire la fine bouche. En même temps, ces mêmes ne font-ils pas la fine bouche depuis l'après Downward Spiral ? Alors que The Fragile était colossal. Que With Teeth avec la batterie organique de Dave Grohl était vivifiant et que Year Zero était lui aussi déjà plus complexe qu'il n'y paraissait.

Les Hesitation Marks, ce sont des entailles typiques d'une tentative de suicide. L'intention d'en finir n'était pas loin mais la personne n'est pas allée jusqu'au bout. Le réflexe de survie a été le plus fort. Hesitation Marks est un palier, un album de transition. Le Reznor nouveau y fait le point avant de repartir dans une nouvelle direction. On a hâte de s'embarquer avec lui vers d'autres horizons plus dégagés. C'est sain. Enfin, je crois.

3,5/5

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   JASPER LEE POP

 
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- Trent Reznor (chant, ordinateur, guitare, basse, wurlitzer, dulc)
- +
- Alessandro Cortini (programmation)
- Pino Palladino (basse)
- Ilan Rubin (batterie)
- Lindsey Buckingham (guitare)
- Adrian Belew (guitare, programmation)
- Eugene Goreshter (cordes, programmation, violon, basse)
- Daniel Rowland (programmation, guitare)
- Joshua Eustis (chœurs)


1. The Eater Of Dreams
2. Copy Of A
3. Came Back Haunted
4. Find My Way
5. All Time Low
6. Disappointed
7. Everything
8. Satellite
9. Various Methods Of Escape
10. Running
11. I Would For You
12. In Two
13. While I'm Still Here
14. Black Noise



             



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