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- Membre : Catherine Wheel

TALK TALK - The Party's Over (1982)
Par KID66 le 13 Janvier 2013          Consultée 1529 fois

TALK TALK aura fait couler beaucoup d’encre pendant la décennie musicale intense que constituèrent les années 80, et déchaîne encore aujourd’hui passions et débats dans les chaumières : TALK TALK, c’est deux camps. Le premier a pour lui le nombre, la masse, le succès. « It’s My Life » et « Such A Shame », succès interplanétaires imparables, continuent de faire rêver toute une génération de cinquantenaires, se laissant encore volontiers bercer par les tubes de leur jeunesse. Tout bon père de famille de notre époque possède le TALK TALK de 1984, rangé avec les DURAN DURAN, les SUPETRAMP, pourquoi pas quelque BEATLES et bien sûr le best-of des meilleures ballades de SCORPIONS. La suite de la carrière du groupe leur est totalement inconnue, mais n’a pas manqué d’être rattrapée par un deuxième camp, celui des connaisseurs, de l’élite, celui des gens qui ont du goût. Les mêmes qui méprisent les cartons calibrés des débuts de la bande de Mark Hollis, et rejettent en bloc tout le mouvement qui en fut à l’origine. TALK TALK est né en 1988, avec Spirit Of Eden puis Laughing Stock, merveilles des merveilles, œuvres raffinés et audacieuses, à l’origine (entre autres) d’un sous-genre, le Post-Rock, tout aussi délicieusement underground que ses pères. Une musique est bien plus intéressante si elle n’est pas à la portée de tout le monde après tout…

Et je ne caricature qu’à peine ! Seul le temps parvient à tisser des passerelles entre les deux périodes créatives des anglais, une démarche sans doute facilitée par la clef de voute de la discographie du quator : The Colour Of Spring, sorti en 1986, situé au centre de leur œuvre. La postérité aura finalement retenu cet opus magnifique, bien qu’il ne soit stylistiquement plus proche d’un It’s My Life laissé pour compte que d’un Spirit Of Eden, siégeant depuis plus de 20 ans dans le panthéon des grands indispensables musicaux du XXe siècle. Et oui, à défaut de pouvoir gagner la bataille du succès, les mordus de musique branchée ont remporté la victoire de la notoriété. TALK TALK est un bel exemple de cette balance caricaturale qui fait jouer d’un côté la réussite commerciale et de l’autre la sincérité artistique, le travail, les idées.

Mais je parle et nous n’avons toujours pas évoqué le cas du premier album des anglais, The Party’s Over, qui est à mon sens le seul disque dispensable du quatuor britannique, d’ailleurs encore incomplet (c’est Simon Brenner, inconnu au bataillon, qui s’occupe alors des claviers). Les 4 suivants ont de grandes qualités qu’il sera difficile de remettre en question, mais celui-ci n’est qu’un banal disque de synth pop, bien ancré dans la tendance 80’s. Pas de surprise, pas d’originalité, juste une voix. A l’époque de The Party’s Over, il est difficile de reconnaître TALK TALK : Lee Harris n’existe pas vraiment, sa batterie électronique touche le niveau 0 de l’expressivité. D’ailleurs le monsieur ne se réveillera vraiment qu’en 1986 pour l’introduction fascinante de « Happiness Is Easy » mais c’est une autre histoire. Le grand bassiste qu’est Paul Webb n’a pas attendu cette date pour avoir du talent mais ses notes restent malheureusement presque constamment noyées sous des couches de claviers denses et omniprésents. Le synthétiseur Yamaha DX7 vit ici son heure de gloire, et mange un artiste qui devra prendre son mal en patience avant d’exprimer pleinement son talent, qu’on parvient tout de même à deviner. Mais il y a bien un élément qui fait que TALK TALK est déjà TALK TALK, et c’est bien sûr Mark Hollis. Décrire sa voix dans les moindres détails, sous toutes ses facettes prendrait une bonne demi-journée alors je ne m’y risquerai pas mais cette homme a hérité d’un timbre tout simplement incroyable : il serait capable de vous faire passer par tous les états possibles et imaginables. Rage, tristesse, bonheur, tous les sentiments trouvent leur place dans cette voix nasale, parfois plaintive, mais toujours captivante. Et si The Party’s Over n’est pas l’opus où Hollis se montrera le plus touchant, le monsieur n’en demeure pas moins l’une de ses principales forces. Et elles se font rares.

S’il ne mérite pas de finir sur le bûcher, The Party’s Over est trop ordinaire pour marquer. Agréable, mélodique, dynamique mais trop étouffant, l’opus choisit une voie à double tranchant et les dommages subis sont bien plus nets que ceux infligés. Cette synth Pop de large consommation sera véritablement létale pour les allergiques, et trop surchargée ou surfaite pour les mélomanes lambdas. Trop de claviers tuent les claviers, tout simplement, et Mark Hollis retiendra la leçon en épurant progressivement toutes ses œuvres suivantes. Les synthés ne sont cependant pas les seuls fautifs, et on reprochera surtout une composition globalement banale et peu inspirée. Il manque cet éclair, le tube qui fait l’unanimité (« Such A Shame »), la ballade qui fait rêver (« I Don’t Believe In You ») ou la curiosité qui diversifie le tout (« Tomorrow Started », « Chameleon Day »). L’opus de 1982 est trop homogène, et la majorité de ses titres passent sans attirer l’attention, notamment dans sa deuxième moitié. Je n’aurai ainsi pas grand-chose de bien intéressant à dire sur « Have You Heard The News ? », l’inégal « Hate » ou les très moyennes « Another Word » et « Mirror Man ».

Le lumineux « Talk Talk », premier tube de Mark Hollis, possède des mêmes atouts et défauts que ses frères mais jouit d’une dynamique qui ne manquera pas d’arracher un sourire. De même et de façon surprenante, « It’s So Serious » ou « Today » séduisent sans peine, peut-être aussi parce qu’elles se situent dans la bonne partie de l’album. Une petite moitié fermée par « The Party’s Over », sorte de diptyque joué avec plus de retenue et d’élégance qu’à l’accoutumée, non dénué d’une certaine classe.

Il n’y a plus grand-chose à dire sur ce disque moyen qu’il serait toutefois dommage de ne pas posséder car il complète avec son « T » le « T.A.L.K » formé par les 4 boîtiers CD des rééditions des premiers TALK TALK. Comprenez par là qu’on tient ici une pièce qui n’est pratiquement qu’à réserver aux fans ou à ceux qui aiment avoir une discographie complète. Mais jouissant avec le temps d’un côté nostalgique qui plaira à certains et de quelques titres faisant mouche, The Party’s Over ne mérite au final ni éloges ni blâmes.

A retenir : "Talk Talk", "Today", "The Party's Over"

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   KID66

 
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- Mark Hollis (chant)
- Paul Webb (basse)
- Lee Harris (batterie)
- Simon Brenner (claviers)


1. Talk Talk
2. It's So Serious
3. Today
4. The Party's Over
5. Hate
6. Have You Heard The News ?
7. Mirror Man
8. Another Word
9. Candy



             



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