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ANATHEMA - A Natural Disaster (2003)
Par KID66 le 14 Janvier 2013          Consultée 1127 fois

La plupart des groupes ayant une discographie un peu conséquente ont souvent leur « album oublié ». C’est tantôt l’opus qui n’atteint pas forcément les sommets les plus hauts du groupe mais qui les frôle, un peu moins connu, plus anecdotique mais qui dans l’ombre possède son lot de fans (en général des mordus du groupe en question) qui peuvent parfois décrire l’album comme plus subtil, peut-être moins accessible mais tout aussi bon que les chefs d’œuvre qui l’entourent. Ceux là même qui ne jurent que par Meddle (PINK FLOYD), ne voient pas en quoi Faith serait inférieur à son prédécesseur ou à son successeur (THE CURE), ou ne comprennent pas pourquoi tout le monde préfère Blackout à Animal Magnetism (SCORPIONS). On aurait tous des multitudes d’exemples ! Parfois c’est tout simplement l’album sorti trop tard, montrant souvent un groupe toujours au sommet de son art mais qui ne bénéficie pas du « statut qu’il mérite », la faute à un contexte défavorable, à des comparaisons douloureuses avec certains albums antérieurs ou surtout à une image polémique, à l’impossibilité de créer le consensus. Youthanasia (MEGADETH) est de ceux-là, tout comme Wind And Wuthering (GENESIS) par exemple.

Si The Silent Enigma faisait peut être partie de la première catégorie, A Natural Disaster est à coup sûr classable dans la deuxième. Trop souvent considéré comme la pâle copie d’A Fine Day To Exit, cet album mésestimé n’a rien à envier à son prédécesseur, et ne lui ressemble d’ailleurs pas le moins du monde. Enfin, juste si on ne fait pas attention ou si on s’arrête au premier titre, « Harmonium », médiocre reste de l’opus de 2001. Il y aurait même fait tâche. Pour le reste on navigue ici dans des eaux plus familières au combo anglais, sans pour autant régresser vers les ports confortables d’Alternative 4 ou Judgement. ANATHEMA ne fonctionne pas comme ça.

Se faisant de nouveau architecte de la pensée, Danny Cavanagh (il a composé l’album quasiment seul) parvient à créer par sa musique un univers à la fois moderne et aquatique. Cette phrase peu évocatrice pour le lecteur lambda prendra son sens à l’écoute de la galette. Le guitariste bâtit des cités modernes, uniformes, vides, cernées par des eaux infinies. Un décor que d’autres grands rêveurs avaient déjà imaginé, voire mis en image. Pas de science fiction ici toutefois, la musique d’ANATHEMA redevenant intimiste, personnelle et toujours basée sur l’émotion et non la démonstration.
Le très réussi « Balance » et sa belle mélodie typique du groupe forme un duo imparable avec « Closer », pièce audacieuse et cybernétique dont l’effet ne manque pas. Cette répétition, ces vocaux robotiques projettent une image résolument moderne, révélant les cités que je décrivais plus haut. Vous l’aurez compris, ANATHEMA propose un album très visuel.

La suite se voit affecter une thématique plus vaste et naturelle, au sens propre comme au figuré puisqu’il s’agit de l’océan. On recherche, seul et en vain, l’être aimé perdu dans des profondeurs sombres au travers d’« Are You There ? », magnifique ballade chantée par Danny Cavanagh ; l’océan se déchaîne avec le dantesque « Pulled Under At 2000 Metres A Second », pièce incroyable, soutenue par une basse épileptique et un chant habité. Puis on se ballade sur une plage paisible mais meurtrie, sous un crépuscule emblématique, c’est bien sûr « A Natural Disaster », somptueux morceau chanté cette fois par Lee Douglas. Trois réussites majeures, sur lesquelles les claviers ont d'ailleurs un rôle clé.

La suite est légèrement plus conventionnelle et c’est dommage mais fort heureusement composée de trois titres au niveau plus qu’honorable. « Flying », devenu classique du groupe, mérite qu’on le cite rien que pour le merveilleux solo qui l’achève et « Electricity », chantée une nouvelle fois par Danny (deux fois ne sont pas coutume) est aussi simple que belle. Et si les intrumentaux ne sont pas le point fort du groupe, les dix minutes de « Violence » valent largement le coup : l’introduction au piano est très séduisante, et enchaîne avec une longue montée en puissance classieuse, pour finalement retomber en une conclusion nappée de claviers rêveurs.

Hormis le premier titre, cet A Natural Disaster n’affiche aucune faiblesse et ANATHEMA montre sa nouvelle facette sous un jour radieux. Le groupe intègre sa propre personnalité dans un bouillon créatif parfumé d’influences diverses (PINK FLOYD, RADIOHEAD), dont il s’affranchit finalement avec aisance. On a reproché à ce disque de prendre moins de risque que ses prédécesseurs, ce qui n’est pas totalement faux, mais le travail et la qualité sont là. Ambiances planantes à la pelle (« Childhood Dream », « Are You There »…), mélodies inspirées (« Balance », « A Natural Disaster »…) et tout de même quelques expérimentations on-ne-peut-plus réussies (« Closer » et surtout « Pulled Under At 2000 Metres A Second ») parcourent la galette sans temps mort. Non vraiment, on tient là un excellent cru d’ANATHEMA, qu’il convient de réhabiliter.

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   KID66

 
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- Vincent Cavanagh (chant, guitare)
- Danny Cavanagh (guitare, claviers)
- Jamie Cavanagh (basse)
- John Douglas (batterie)


1. Harmonium
2. Balance
3. Closer
4. Are You There ?
5. Childhood Dream
6. Pulled Under At 2000 Metres A Second
7. A Natural Disaster
8. Flying
9. Electricity
10. Violence



             



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