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ANATHEMA - Eternity (1996)
Par KID66 le 28 Décembre 2012          Consultée 1552 fois

Eternity n’est pas seulement une étape entre des balbutiements Doom/Death chargés d’inexpérience et le sommet discographique avéré d’Alternative 4. Eternity n’est pas qu’un pas timide des frères Cavanagh pour sortir du pays de la noirceur laide de Serenades et du désespoir terrible de The Silent Enigma. Bien au contraire, l’opus de 1996 est l’un des albums d’ANATHEMA qui a le plus de personnalité : il cultive le paradoxe d’enfermer l’auditeur dans un univers clôt, mais infiniment riche et vaste.

Clôt, car les chaînes Doom/Death des débuts du groupe sont nettement fragilisées mais toujours présentes, empêchant une envolée pleine et entière des anglais. La chaleur est encore absente, on ressent encore le sentiment de solitude profonde caractéristique de l’opus précédent. Si le growl (qui n’en était pas un) a été abandonné, Vincent Cavanagh semble peu à l’aise dans l’exercice du chant clair, qui manque encore de sérénité, de maîtrise, de clarté tout simplement. Mais cela produit un résultat particulièrement intéressant : j’ignore si c’est déjà la marque du talent du chanteur pour transmettre quelque chose, mais ses faiblesses techniques et son phrasé hésitant renforcent encore davantage la dimension intensément dramatique de l’album.

Riche et vaste, Eternity l’est assurément. La pochette de l’album illustre tout à fait le contenu : on est embarqué dans un voyage stellaire. Et ce dès les premières secondes de « Sentient », belle introduction au piano, qui parvient à immerger instantanément d’auditeur dans l’univers froid et labyrinthique du disque. La réussite de l’ambiance inimitable de cet album tient essentiellement aux claviers, qui ne seront jamais et n’ont bien sûr jamais été aussi présent qu’ici. Cet élément en rebutera certains à coup sûr, mais ceux-ci sont omniprésents, déversés par couches entières, se superposant aux guitares, soutenant le chant, se mariant aux mélodies, parfois jusqu’à créer une lassitude. Mais que serait Eternity sans eux ? Instrumentalement, Danny Cavanagh semble, pour notre plus grand bonheur, s’être fait plaisir en riffs et surtout en soli, nombreux, longs, toujours justes et appropriés (« The Beloved », « Radiance », « Far Away », « Cries On The Wind »). Dommage qu’il ait décidé de lever le pied à partir d’Alternative 4.

Eternity, c’est aussi un gros travail mélodique. La froideur d’ « Angelica », finement taillée par la majesté des mélodies, donne un morceau d’ouverture de choix. Je lui préfère cependant largement « The Beloved », somptueuse déclaration perdue où Vincent chante un désespoir presque palpable. Le bridge central n’aurait pas été renié par le meilleur de The Silent Enigma d’ailleurs. La reprise de David Gilmour, « Hope » est également un moment clé de l’album même si cette parenthèse plus joyeuse détonne légèrement. J’aime personnellement beaucoup la complainte déchirée et poignante de « Far Away », où la basse délectable de Patterson ponctue un refrain lourd et affligé (et quel solo !).

Aucun titre n’est mauvais, néanmoins ANATHEMA succombe à son travers habituel : les longueurs. La lourdeur globale de cet album particulièrement dense est donc majorée par des passages dispensables et cela n’est pas sans ternir légèrement l’ensemble. Curieusement, le problème ne vient pas des instrumentaux : « Eternity Part II » échappera à la critique de part son ambiance immersive intelligemment transmise (très beaux leads d'ailleurs), et « Asciension » termine l’album sur une note d’espoir agréable. C’est un peu là le paradoxe d’Eternity, incontestablement trop long mais qualitativement homogène, si bien qu’il n’est pas si facile de désigner des coupables. « Radiance » par exemple, semble lambiner plus que de raison, mais s’achève de façon magistrale. « Cries On The Wind », bien qu’handicapé par des lignes de chant inintéressantes, possède toute une section instrumentale renversante. « Suicide Veil » fait frôler l’ennui de près, mais est finalement sauvé par une formidable explosion émotionnelle au milieu de morceau. 30 secondes absolument incroyables, impossible de ne pas se figer, de ne pas être sensible à tant de détresse.

Reste la superbe fresque que constitue le morceau titre, dont je n’ai évoqué que la deuxième partie. L’intense « Eternity Part I » est d’une excellence rare, et résume parfaitement l’album : les nappes de clavier pleuvent, la basse brille et les mélodies font mouche. On notera la performance singulière et théâtrale, mais redoutablement touchante de Vincent Cavanagh. Quant à « Eternity Part III », je pense qu’il figure parmi les plus grands morceaux jamais écrits par ANATHEMA. Je trouve ce titre parfait, et la dernière minute est d’une fulgurance salvatrice.

Eternity est très certainement l’album le plus difficile d’accès d’ANATHEMA. Sa longueur le rend souvent indigeste malgré une inspiration à son apogée. Il aura néanmoins su gagner ses lettres de noblesse, jusqu’à même se classer parmi les albums les plus appréciés du groupe. Resté longtemps assez dubitatif devant cet opus, je l’estime aujourd’hui totalement indispensable pour tout amateur du groupe, occasionnel ou accompli.

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- Vincent Cavanagh (chant, guitare)
- Danny Cavanagh (guitare, claviers)
- Duncan Patterson (basse)
- John Douglas (batterie)


1. Sentient
2. Angelica
3. The Beloved
4. Eternity Part I
5. Eternity Part Ii
6. Hope
7. Suicide Veil
8. Radiance
9. Far Away
10. Eternity Part Iii
11. Cries On The Wind
12. Ascension



             



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