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- Style : Gizmodrome
- Membre : The Police , 801
 

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CURVED AIR - Midnight Wire (1975)
Par MARCO STIVELL le 24 Janvier 2013          Consultée 1291 fois

La tournée «pour payer les factures» de 1974-75, malgré ses qualités immenses ne pouvait laisser espérer une continuation durable avec un tel line-up. CURVED AIR décide malgré tout de continuer son petit bonhomme de chemin avec Darryl Way comme leader pour le moins assez marqué. Le violoniste décide de remplacer Francis Monkman et Florian Pilkington-Miksa par deux membres de son groupe annexe, Stark Naked and the Car Thieves, à savoir Mick Jacques à la guitare et rien de moins que Stewart Copeland, le futur batteur historique de The Police. La tournée qu'ils donnent ensemble en Europe commence très mal car Way étant perfectionniste jusqu'au bout des ongles, ne supportait pas les limites techniques de ses camarades, et cela en surprendra certains, notamment de Copeland qui n'était pas encore le super musicien que l'on connaîtra. Puis d'un coup ils ont eu le déclic, tout fonctionnait à merveille et le groupe a pu se tailler une solide réputation de scène.

Restait à convaincre du côté des studios. Le groupe subit un nouveau coup du sort au moment d'y rentrer car le bassiste Phil Kohn le quitte. CURVED AIR demande alors à des musiciens de session de le soutenir, ce sera Peter Wood aux claviers et la basse trouvera main forte en la personne de John G. Perry, ancien membre de Caravan. Les paroles du nouveau disque entier sont confiées à Norma Tager, une amie de Sonja Kristina. Les séances d'enregistrement coûtent alors très cher, le groupe en ressort stressé et vidé en grande partie parce qu'il ne s'est pas entendu (du tout) avec ses producteurs Ron et Howard Albert.

C'est donc dans un climat mitigé que paraît ce sixième disque, cinquième original : Midnight Wire. Concernant la composition, le groupe surprenait durant sa dernière tournée d'abord en ne reprenant que très peu de chansons présentes sur les albums précédents, mais aussi pour ne garder de leur versant folk et classique originel que des influences tout en mettant en avant un son qui navigue entre pop, hard-rock et rhythm'n'blues. On peut alors penser que les escapades progressives sont terminées surtout lorsque l'on voit la durée moyenne des chansons, c'est-à-dire quatre minutes. Et détrompez-vous, les rares titres qui les dépassent un peu plus largement ne sont pas franchement connotés progressifs. On parlera plus avec Midnight Wire de blues ou de pop dense que d'autre chose ce qui contrairement à ce que certains disent, n'est pas un mal en soi. Loin de là, ça part d'un bon principe, le problème étant que les idées pour la forme ne suivent pas toujours.

Le groupe débute son disque par «Woman on a One Night Stand» et son ton blues rétro, Sonja ne se privant point pour rajouter de l'effet sale -ah pour sûr, la tournée 74-75 l'aura bien galvanisée-. Le propos reste très bon avec ce jeu de guitares simultané pendant le solo, ce violon délirant ou encore cette petite remontée après le pont. Parlons maintenant du dernier morceau et on aura cité les deux plus longs, même si «Midnight Wire» ne l'est pas beaucoup plus et s'arrêtant à sept minutes trente. On y retrouve l'aspect bluesy dès le départ avec le piano et Sonja qui chante par-dessus, mais le refrain puissant vient donner un côté slow étiré et échevelé à cause du Moog. Une belle trouvaille tout comme le solo de guitare éperdu, Mick Jacques n'est décidément pas un manchot. Les quatre autres chansons gardent la touche pop ou hard-rock selon l'envie. «Day Breaks My Heart» contient de très chouettes idées d'harmonie mais n'est pas passionnant sur la longueur, malgré une humeur percussive fluctuante et une guitare qui ne demande qu'à s'affirmer. La fin brusque en particulier est un peu synonyme de bâclage. Plus sucré encore est «Dance of Love» où le violon se cantonne à un registre plaintif. «Orange Street Blues» et «The Fool» sont riches en vitamines rock bien que l'on reste dans des tempos majoritairement lents. Sonja y exulte et nous fait marrer, le solo de violon sur «The Fool» reste excellent avec ce jeu de distorsion. Enfin, le groupe ou plutôt Mick Jacques a tenu à nous gratifier d'un petit instrumental, «Pipe of Dreams» à l'ambiance acoustique feutrée au départ très prenante mais qui même sur seulement quatre minutes à tendance à tourner un peu en rond.

Ce cinquième disque nous fait surtout prendre conscience que les meilleures idées, en particulier celle de faire ressortir la présence de musiciens de talent comme John G. Perry, sont un peu bafouées par cette volonté de garder des tempos lents et de mesurer l'audace. Rien d'alarmant dans ce qu'on entend niveau qualité, cela s'écoute bien mais CURVED AIR a fait bien mieux.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sonja Kristina (chant)
- Darryl Way (violon)
- Stewart Copeland (batterie)
- Mick Jacques (guitares)
- John G. Perry (basse)
- Peter Wood (claviers)
- Derek Damain (choeurs)


1. Woman On A One Night Stand
2. Day Breaks My Heart
3. The Fool
4. Pipe Of Dreams
5. Orange Street Blues
6. Dance Of Love
7. Midnight Wire



             



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