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ANATHEMA - We're Here Because We're Here (2010)
Par KID66 le 30 Janvier 2013          Consultée 1592 fois

Ce n’est pas passé loin.

Si on leur pardonne les hésitations caractéristiques des débuts de carrière de la majorité des groupes considérés comme « grands » (oui parce que j’y classe les poètes de Liverpool), on arrive assez vite à la conclusion que les anglais d’ANATHEMA n’ont jamais connu de réel plantage. On peut tout à fait ne pas être sensible à un album comme The Silent Enigma, mais sans pour autant le classer dans les déchets musicaux. Idem, par exemple, pour A Natural Disaster qui je m’en doute n’aura pas convaincu la totalité des amateurs de la bande des Cavanagh, mais là encore, difficile de jeter le disque à la poubelle d’un geste dédaigneux. Le raisonnement se tient également avec A Fine Day To Exit, galette la moins personnelle du quintette, qui évite de très loin l’autodafé. Restons sérieux. D’ailleurs je dis quintette mais depuis une certaine date perdue dans les 7 années qui séparent l’opus de 2003 de celui dont fait l’objet cette chronique, on devrait davantage parler de sextuor, Lee Douglas ayant été titularisée (enfin). Une simple formalité, d’autant qu’elle tiendra ici un rôle plutôt discret, secondant Vincent sur certains titres en doublant sa voix. C’est sur Weather Systems qu’elle se taillera la part du lion.

Pour revenir à ce que je disais plus haut, We’re Here Because We’re Here est sans aucun l’album d’ANATHEMA qui passe le plus près du ratage complet. Oh je ne fais pas référence aux 7 années d’attente qui laissèrent sans doute le temps aux fans d’aiguiser leurs poignards après avoir fixé (et réévalué à la hausse à chaque lune) un niveau d’attente démesuré. Car nul doute que la compilation anecdotique Hindsight n’aura que trop peu rassasié le public des anglais. Mais on leur pardonne aisément, vu la galère qu’ils ont connu : label (Music For Nations) qui fait faillite, le groupe se retrouve orphelin, esquisse des refus de toutes part chez les autres labels… Sans parler des tensions internes, qui n’eurent heureusement aucune conséquence.

Non (on va y arriver), l’épée de Damoclès avait une toute autre origine. C’est encore et toujours cette évolution : le groupe avance encore, à l’aveugle, et n’envisage pas la possibilité de faire une pause pour éviter de se payer un arbre. On les aime aussi pour ça. Cette fois ci le navire ANATHEMA sort des tempêtes dépressives, quitte le cap de la colère, et ne se risque plus à frôler les récifs de la profonde tristesse qu’ils négocient pourtant avec tant de talent. Le capitaine Danny vise ici des eaux bien plus accueillantes : lagons paisibles, à température de baignade tout public puisque chauffés par le soleil de l’espoir. Les anglais deviennent un peu des marins d’eau douce il faut le dire ! Mais trêve de métaphores, venons en enfin à l’essentiel : la musique du groupe véhicule ici des sentiments résolument positifs. L’amour, l’espoir, la paix sont désormais les meilleurs amis de l’inconscient de Danny Cavanagh (zut). On a donc ici droit à un rock atmosphérique propret, vaguement progressif, qui n’agresse pas le moins du monde. Vincent chante de sa voie suave, épaulé par sa charmante acolyte. Les mélodies se font doucereuses, portées par des chœurs délicats, un piano sensible. Oui, vous avez compris le problème. Sur le papier ça n’a finalement pas l’air si bien que ça (et ma description n’était absolument pas orientée…).

Mais les anglais ont du talent. Et c’est ce qui fait la différence. ANATHEMA passe donc très près de la mièvrerie, du mielleux, en clair du carton jaune ou rouge, voire de la démission forcée, sans finalement jamais se les prendre en pleine face. L’ensemble est simplement beau, frais et incroyablement accrocheur. Là où ils auraient pu nous engluer au sol avec des sucreries mal digérées, ils nous font planer haut. Voire très haut. Les 5 premiers titres sont relativement courts, vont à l’essentiel, et réussissent tous leur effet. « Thin Air » est une ouverture tonitruante, teintée de joie, développant conjointement puissance et émotion. Tous les ingrédients d’ANATHEMA y trouvent leur place : la voix haut perchée de Vincent, les mélodies charmantes… Le groupe semble être en pleine possession de ses moyens.

« Summer Night Horizon » change de bord : la carte jouée est plus sombre, plus tragique. Tout se superpose : batterie épileptique, guitare furieuse, piano dynamique, voix appuyées de chœurs… Les notes s’allongent pour accentuer cette dimension émotionnelle. Autant d’éléments qui forgent l’intensité de cette pièce faisant plus ou moins figure d’ovni dans cet album. Mais la magnifique ballade « Dreaming Light » vient nous apaiser bien vite. Ce morceau aux mélodies absolument somptueuses se classe aisément parmi les plus belles chansons d’ANATHEMA. D’ailleurs on note dans cet album une plus grande place donnée au piano, qui forme l’ossature de pas moins de quatre morceaux, ce qui l’air de rien est assez conséquent. Pour exemple, « Everything », répétitif mais intelligemment construit, tout en progression. La mélodie est radieuse, et beaucoup de charme se dégage de ce titre. Le suivant, « Angels Walk Among Us », est très touchant malgré un refrain un brin trop racoleur.
Un début d’album donc particulièrement solide, et accessoirement une vraie bouffée d’air frais. La suite varie légèrement plus les plaisirs, mais s’avère plus épineuse…

Personnellement, j’ai toujours bien aimé le discours d’introduction de « Hope » sur Etenity. Il nous sort délicatement du coma dans lequel nous plonge « Eternity Part II ». On a l’impression d’ouvrir les yeux après un long sommeil. Mais pour le coup, j’ai du mal à saisir l’intérêt de « Presence » qui donne un coup au rythme (le travers habituel des anglais). Quatre plages plus tard on trouvera l’instrumental de fin, « Hindsight », qui s’il n’est pas du niveau de « Violence » (A Natural Disaster), possède certaines qualités, dont notamment un solo aux airs Gilmouriens de Danny Cavanagh.
Je crois n’avoir pas lu une seule critique positive de « Get Off, Get Out » sur lequel chante Steven Wilson (qui a produit l’album), ce qui n’est sans doute pas étranger à l’allure made by PORCUPINE TREE du morceau. Bien qu’anecdotique, le titre reste sympathique.

« A Simple Mistake » renoue avec un sentiment désespéré (que le groupe exploite si bien) le temps d’un refrain d’une beauté rare que Vincent se partage avec Lee Douglas. Un break électrique plutôt inattendu que n’aurait pas renié Eternity survient alors et lance une deuxième partie de morceau essentiellement instrumentale. Le final est hallucinant de beauté, de tristesse. « It’s never too late », chante la voix désolée de Vincent Cavanagh, étouffée par une orchestration tragique sublime. On tient là le meilleur titre de la galette, et l’un des meilleurs morceaux des anglais. « Universal » est également un moment fort : une magnifique pièce symphonique parsemée de violons classieux et de piano virtuose qui ne tombe pas dans le kitch.

Voilà un album particulièrement facile à détester. Outre l’aspect « niais » que certains lui trouveront, il peut paraître surfait. Le groupe met les moyens pour toucher son auditeur, et sacrifie une certaine spontanéité d’écriture pour une musique travaillée, peaufinée, aux contours très minutieusement taillés. Mais l’ensemble n’est cependant pas superficiel et c’est ce qui fait de l’opus un très bel album d’ANATHEMA.

Morceau préféré : « A Simple Mistake »
C’est magnifique : « Thin Air », « Dreaming Light », « Universal ».

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   KID66

 
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- Vincent Cavanagh (chant, guitare)
- Danny Cavanagh (guitare, claviers)
- Jamie Cavanagh (basse)
- Lee Douglas (voix)
- John Douglas (batterie)
- Les Smith (claviers)


1. Thin Air
2. Summernight Horizon
3. Dreaming Light
4. Everything
5. Angels Walk Among Us
6. Presence
7. A Simple Mistake
8. Get Off Get Out
9. Universal
10. Hindsight



             



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