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DISCHARGE - Grave New World (1986)
Par RED ONE le 17 Février 2013          Consultée 1806 fois

DISCHARGE a sacrément changé en 1986. Ouais. Et pas de n'importe quelle façon : en 1986, DISCHARGE sort un album de glam metal, Grave New World. Pardon ??? Ai-je bien écrit glam metal ?!! Il faut croire que oui. En tout cas, c'est ce qu'en dit la presse spécialisée à l'époque, et ce que beaucoup d'amateurs du combo britannique, déçus par le changement de style du groupe au milieu des années 1980, continuent encore d'en dire aujourd'hui. Mais essayons de relativiser : parce qu'en réalité, Grave New World n'est pas vraiment un album de "glam". Avec le recul, je serais en effet moins dur que les critiques de l'époque : Grave New World est tout simplement un banal album de heavy metal.

Du line-up de l'album Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing (1982), il ne reste plus que Kelvin "Cal" Morris (chant) et Roy "Rainy" Wainright (basse) en 1986. Tony "Bones" Roberts (guitare), fondateur du groupe, a mis les voiles dès 1982 pour partir fonder BROKEN BONES en compagnie de son frère Terry. Le line-up de DISCHARGE connait donc un nombre significatif de changements entre 1982 et 1986, au gré des tournées du groupe et des enregistrements. En 1986, peu avant l'enregistrement de Grave New World, un deuxième guitariste (Stephen Brooks) est ajouté au line-up. DISCHARGE se retrouve donc en 1986 prêt à se transformer radicalement, à l'instar de la pochette de Grave New World, qui ne reprend quasiment aucun des codes graphiques des précédents opus du groupe (à l'exception peut être de la bichromie noir et blanc) ...

Et effectivement, musicalement, DISCHARGE a énormément évolué depuis HNSNSN : les expérimentations metal, poursuivies à un rythme accéléré depuis le départ de Tony Roberts et qui ont donné lieu à plusieurs EPs et singles ("Warning..." en 1983, "The More I See" en 1984 et "Ignorance" en 1985), atteignent ici leur paroxysme. Kelvin Morris abandonne son chant hurlé au profit de cris stridents suraigus, ce qui surprend énormément lorsque l'on écoute cet album pour la première fois. Le glam metal n'est effectivement pas très loin, puisque Kelvin Morris adopte parfois des intonations légèrement "sensuelles" dans sa voix. De même, les looks des musiciens lors de la promotion de cet album n'avaient pas de quoi rassurer : les cheveux hérissés de l'époque HNSNSN ont désormais laissé place à des permanentes laquées beaucoup plus sages, inspirées du look de MÖTLEY CRÜE. De plus, la production de l'album est globalement très lisse, les tempos sont beaucoup moins rapides et certains titres présentent des structures à tiroirs peu évidentes pour un album de punk conventionnel, encore moins pour un groupe comme DISCHARGE, habitué depuis ses débuts aux titres courts, concis et simplifiés à outrance.

Mais la "patte" DISCHARGE se reconnait quand même encore : son de guitare très moderne proche de l'indus, riffs thrashy, directs et affutés, batterie martiale, chant toujours aussi véhément, basse énormément mise en valeur. Cependant, l'album est étonnamment court : 7 titres seulement. Alors oui, ces titres sont longs (un fait encore une fois très inhabituel pour du DISCHARGE) et comportent parfois des passages évolutifs (mon Dieu, mais DISCHARGE ferait-il du rock progressif ???), mais malgré tout, l'album demeure homogène. Les compos sont globalement bonnes : les riffs de "D.Y.T. / A.Y.F." sont ainsi purement énormes et les breaks syncopés y ravagent tout sur leur passage, pendant que le riff de "Grave New World" tabasse tout dans les moindres recoins. "The Downward Spiral" (aucun rapport avec NINE INCH NAILS) est le titre le plus long et le plus complexe, puisqu'il se divise en trois parties progressives (eh oui, il faut bien appeller un chat un chat ...) toutes plus surprenantes les unes que les autres.

Alors certes, certains passages font presque penser à du doom 70's et à du heavy épique, certes il y a beaucoup de solos mélodiques, mais en même temps, DISCHARGE n'était-il pas le plus heavy des trois groupes fondateurs du hardcore britannique ? À force de trop flirter avec le heavy metal depuis le début des années 1980, il était logique qu'un jour DISCHARGE finisse par réaliser un album intégralement composé dans ce style. Dommage que le public n'ait pas suivi : quelques mois après la sortie de l'album et en dépit d'une tournée promotionnelle assez longue, l'album est un échec (il se classera quand même dans le Top 10 des ventes indépendantes en Angleterre ... avant d'en disparaître rapidement) et bien vite, Kelvin Morris claque la porte. Le reste du groupe tente alors de continuer sans lui, en recrutant le chanteur glam Rocky Shades (venu du groupe WRATHCHILD), mais l'expérience ne dure que quelques semaines. DISCHARGE splitte donc en 1987 et il faudra alors attendre trois ans avant que le groupe ne refasse parler de lui ...

Au final donc, et avec tout le recul nécessaire, Grave New World n'est pas du tout ce disque maudit et infâme que beaucoup se plaisent à décrire. Il s'agit d'un très bon disque de crossover, mélangeant allègrement le son moderne du thrash metal, alors naissant, avec l'énergie speed des anciens disques de DISCHARGE. Toutefois, les quelques petits aspects complaisants de cet album (notamment en ce qui concerne le chant, les tempos ralentis et la production) peuvent permettre de comprendre en quoi cet album, très attendu au tournant lors de sa sortie, a pu décevoir. Mais il mérite très honnêtement d'être redécouvert, il s'agit véritablement d'une pépite mésestimée.

Ne cherchez toutefois pas chez votre disquaire préféré, vous n'y trouverez jamais cet album. Exactement de la même manière que pour Cold Lake, l'album "glam" de CELTIC FROST sorti en 1988, Grave New World a été totalement renié par le groupe et n'a jamais été réédité en CD. Et évidemment, les quelques exemplaires de l'édition vinyle d'origine encore trouvables de par le monde atteignent aujourd'hui des prix complètement exorbitants sur Internet. La seule solution restante pour acquérir cet album réside donc de nos jours dans l'échange en ligne de fichiers mp3 numérisés directement à partir de la version vinyle, que des âmes gracieuses auront certainement la bonté de vous céder gratuitement ... ou pas.

Mais croyez-moi, ça vaut le coup. Enfin bon, seulement si vous aimez DISCHARGE, et que vous êtes un fan ouvert d'esprit qui plus est ...

Note réelle : 3,5/5.

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   RED ONE

 
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- Kelvin Morris (chant)
- Les Hunt (guitare)
- Stephen Brooks (guitare)
- Roy Wrainright (basse)
- Micky Gibson (batterie)


1. Grave New World
2. In Love Believe
3. D.y.t. / A.y.f.
4. We Dare A Speak (a Moment Only)
5. Time Is Kind
6. Sleep In Hope
7. The Downward Spiral



             



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