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TRISTESSE CONTEMPORAINE - Tristesse Contemporaine (2012)
Par JOVIAL le 21 Janvier 2013          Consultée 2058 fois

« TRISTESSE CONTEMPORAINE »

Sacré nom hein ? Un peu pompeux ou hautain sur les bords peut-être, mais il aura au moins eu le mérite de ne pas vous laisser indifférent, d'intriguer même. Car c'est sans doute pour cela que vous venez de cliquer sur ma chronique. Drôle de nom pour un drôle de groupe d'ailleurs, car ce trio basé à Paris demeure bien des plus atypiques. Aux commandes du projet, nous retrouvons donc trois nationalités différentes : le chanteur anglo-jamaïcain Maik, le guitariste suédois Leo Hellden et la claviériste japonaise Narumi. Le groupe tourne ainsi depuis quelques petites années et avait déjà éveillé les oreilles de journalistes en manque de nouveaux phénomènes. Beaucoup avaient parié sur un groupe qui n'avait encore pratiquement rien sorti et, malgré quelques prestations live des plus intéressantes, seul finalement le fabuleux single de « 51 Ways to Leave Your Lover » légitimait quelque peu cette effervescence autour du mystérieux trio.

Et puis voilà que 2012 sonne sans prévenir et que TRISTESSE CONTEMPORAINE en profite sournoisement pour sortir son premier album. Et quel album mes aïeux !

Étrangement, dès les premières secondes, le groupe abandonne ses instruments au profit de vieux grands frères. Steven Severin s'empare de la basse, la confiant parfois bien volontiers au collègue Peter Hook, retrouvant tous deux leurs énergies d'antan et influençant même la section claviers. Maik, qui a longtemps vécu à Bristol, laisse docilement son micro à un ancien voisin, Robert Del Naja, qui imprègne le disque de sa voie si profonde et lancinante. Oh ! tiens, voici donc les Dreijer, frère et sœur, derrière les claviers et en charge des arrangements électroniques. Encore du très bon travail pour ces deux-là, on sentait vraiment cette petite touche electro suédoise à la The Knife, le genre léger et envoûtant à la fois, avec ces discrets vestiges de musique world chers à Fever Ray et de post-punk nous renvoyant à Siouxsie and the Banshees. Tristesse Contemporaine parvient ainsi à une synthèse de styles certes pas tellement éloignés les uns des autres (cold-wave, électro et trip-hop) fonctionnant efficacement, sans jamais tomber dans les clichés.

« La tristesse durera toujours » inscrit le groupe sur le collage intérieur. Mais ne croyez pas avoir affaire un disque sombre et torturé. L'univers est bien nocturne, voire brumeux et parfois désabusé, mais jamais vraiment mélancolique, comme le nom du groupe et les titres de certains morceaux pourraient nous le laisser présager. Tristesse Contemporaine est un disque globalement atmosphérique, nous laissant aux bons soins d'effluves électroniques et d'arpèges clairs et lointains. Citons notamment la très douce « America » ou encore la plus grise « Hell Is Other People » et ses chœurs magnifiques, sur lesquels on ne peut que se laisser bercer. Plus insidieuse et sans doute moins évidente, « Hierarchies » mérite également toute votre attention. Plus animée et tout autant à chialer, la fabuleuse « Daytime Nightime » reste également un des grands moments du disque.

Le reste de l'album, sans aucune rupture, se montre toutefois plus rythmé. Les excellentes « Empty Hearts » et « 51 Ways to Leave Your Lover », qui rappellent en passant une certaine « Israel », sont toutes deux une invitation timide à un déhanché nonchalant et presque superflu. Plus loin, c'est « In the Wake » et son duo entre Maik et Narumi qui relance la cadence, de manière toujours très soft, vraiment sans excès, restant simplement entraînante. Toutefois, la quintessence de cet album ne réside pas dans ces derniers morceaux et, malgré leurs qualités respectives, n'arrive pas à la cheville de l'immense « I Didn't Know » et de son instrumental final absolument sublime, chanson qui, réellement, s'élève au-dessus du lot. Pas besoin de l'expliquer, voici franchement 6 minutes d'extase, je vous le promets.

TRISTESSE CONTEMPORAINE fait ainsi forte impression avec ce premier album. Son style ne cherche pas à masquer ses influences, le trio l'affirme sans complexe et semble avoir déjà acquis une certaine maturité. Aucune maladresse musicale n'est visible à l'horizon. Le disque demeure un peu court certes, mais c'est bien là son seul vrai défaut. Une franche réussite donc, à ne pas manquer.

4,5/5

Références dans la chronique, pour ceux qui n'auraient pas tout calculé :
Steven Severin, c'est Siouxsie and the Banshees.
Peter Hook, c'est Joy Division.
Robert Del Naja, c'est Massive Attack.
Olof Dreijer et Karin Dreijer Andersson, c'est The Knife et Fever Ray uniquement pour la seconde.
« Israel » : http://www.youtube.com/watch?v=0e6deXbr914

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   JOVIAL

 
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- Maik (chant)
- Narumi (claviers/chant)
- Leo Hellden (guitare)


1. Empty Hearts
2. In The Wake
3. Hell Is Other People
4. I Didn't Know
5. Hierarchies
6. Daytime Nightime
7. 51 Ways To Leave Your Lover
8. America



             



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