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NINE INCH NAILS - With Teeth (2005)
Par UDUFRU le 23 Juin 2005          Consultée 5980 fois

On avait presque fini par croire que The Fragile n’aurait pas de petit frère, tant le quatrième album de NIN a été ajourné au cours des 6 dernières années. Et finalement, il se pourrait bien que, malgré la sortie du halo 19 tant attendu, The Fragile reste le benjamin d’une lignée d’albums exceptionnels, car With Teeth tient davantage du fils adoptif que de l’enfant prodigue.

Dès les premières mesures de "All the Love in the World", on sent qu’un profond changement s’est opéré dans la demi-douzaine d’années qui nous séparent du halo 14. Que s'est-il donc passé dans la vie de Trent pendant tout ce temps ? Probablement des évènements très positifs : une cure de désintoxication, un déménagement à Los Angeles, peut-être même a-t-il rencontré une femme (encore que sa sexualité est plus que mystérieuse)… En tout cas, il a pansé toutes les plaies qu'il faisait saigner abondamment sur ces précédents opus. Ici, pas de morosité, pas de haine, pas de nostalgie, pas même de suicide final ! Voilà que l’homme-orchestre le plus torturé de sa génération accouche d’un album optimiste, entraînant, et… dansant ! Oui, vous m'avez bien entendu : cet album est en priorité destiné aux dancefloors gothiques où il cartonnera à coup sûr. Pourtant, point de gothique dans cet album... point trop d'indus, d'ailleurs : Reznor a appris l'existence de la pop récemment et se dirige malencontreusement dans cette voie accessible à tous. Ainsi, vous pourrez faire écouter cet album à vos amis clubbers, ils n'en ressortiront pas bouleversés, mais charmés, et peut-être tenteront-ils même de vous emprunter les autres albums.

Mais qu'est-ce qu'il a de pop, cet album ? Et bien pour commencer, il est composé de 13 titres de 4 minutes en moyenne, tous totalement axés sur la voix de Reznor. Bon, un point positif : son chant est toujours aussi sensuel, si ce n'est plus encore, mes sous-vêtements ne s'en remettent toujours pas... Mais là où le bas blesse, c'est que les instrumentales qui l’accompagnent versent dans la facilité ! Trent nous avait habitué à des superpositions sonores, des montées en puissance, des soli déprimants... rien de tout cela ici. Les 13 titres ne sont plus des "morceaux" tels qu’en contenaient les précédents opus (les nombreuses pistes instrumentales de The Fragile en sont les meilleurs exemples) mais des "chansons". La voix est mixée en avant, et dans le fond à droite, on peut trouver de l'electro-indus, qui n'a plus rien d'indus mais qui s'en réclame tout de même en comportant un minimum syndical de saturation. On retrouve le son de batterie de The Downward Spiral avec un immense plaisir, mais celui-ci est entaché par une débauche de claviers et d’effets synthétiques dont on croyait s’être débarrassés depuis Pretty Hate Machine ("The Hand that Feeds", single, et ratage majeur de l’album). Après The Fragile, l'album le plus organique de NIN, voilà le moins humain, le plus formaté, homogène dans son esprit (presque festif) comme dans sa composition.
Ajoutons à cela des chansons (je le répète) ayant des structures on ne peut plus classique : exit les titres totalement hybrides et astructurés (comme "The Day the World went away" issu de The Fragile...) et on obtient un album popisant au possible, très en dessous de tout ce qu'a fait NIN auparavant. De fait, il est relativement difficile de distinguer les morceaux les uns des autres tant ils se ressemblent. "You know what you are" est, à ce titre, une des seules pièces qui conserve l’esprit NIN abordé dans l’époque Broken.

Cependant ! Si NIN n'avait pas de tels antécédents, si ce groupe n'avait pas sorti quelques-uns des meilleurs albums de tous les temps, ce dernier effort serait plutôt frais et sympatoche. "Love is Not Enough" ou "Every Day is Exactly the Same" sont plutôt agréables à écouter. Je vous parie sans prendre de risque qu’en soirée, elles passeront comme une bonne bière, et feront plaisir à tout le monde : aux amateurs de NIN contents qu'on daigne mettre leur groupe favori sur un dancefloor, et aux autres qui aimeront sans aucun doute, car l'album est, j'insiste, très facile d'accès. Ca n'empêche pas ce dernier d'être cool, il serait même très cool s'il n'était pas de NIN. Le problème, c'est qu'on n'attend pas (pendant 6 ans) un album de NIN pour qu'il soit cool. Un album de NIN doit être tout sauf cool. Sombre, mélancolique, torturé, venimeux, sexy, bruyant, bouleversant, complexe, mais pas cool. Dépourvu d’émotions, cet album ne s’adresse pas au fan de Reznor mais à celui qui souhaite écouter un pop/rock original et novateur… sans trop.

Alors, pour conclure ce chapitre que je pourrais intituler : « La plus grande déception musicale d’Udu », je dirais :
With Teeth est un album de NIN.
With Teeth est un bon album.
Mais With Teeth n’est pas un bon album de NIN.

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- Trent Reznor (chant, arrangements,...)
- Atticus Ross (programmation)
- Dave Grohl (percussions piste 1, batterie pistes 2, 3, 6, 9, 1)
- Alien Tom (platines)
- Rupert Parkes (programmation additionnelle)
- Jerome Dillon (batterie piste 7, programmation additionnelle)


1. All The Love In The World
2. You Know What You Are
3. The Collector
4. The Hand That Feeds
5. Love Is Not Enough
6. Every Day Is Exactly The Same
7. With Teeth
8. Only
9. Getting Smaller
10. Sunspots
11. The Line Begins To Blur
12. Beside You In Time
13. Right Where It Belongs



             



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