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MAGAZINE - Magic, Murder And The Weather (1981)
Par ARP2600 le 26 Février 2014          Consultée 1200 fois

En 1981, l'heure du bilan est arrivée pour la première phase de la new wave. C'est la charnière après laquelle les groupes des origines ont soit arrêté leur activité, soit se sont convertis à une musique plus commerciale. JAPAN et MAGAZINE livrent leur dernier album, NEW ORDER naît des cendres de JOY DIVISION et publiera bientôt une musique plus facile, WIRE prend une pause de cinq ans, DEVO, ULTRAVOX, SIMPLE MINDS et j'en passe s'apprêtent à virer définitivement à la pop, tandis que les nouveaux groupes comme DURAN DURAN et DEPECHE MODE renforcent cette tendance accessible. D'autre part, certains ensembles de post punk se radicalisent, deviennent plus undergrounds, ce qui fera bientôt naître le rock alternatif.

Penchons-nous sur les raisons de la fin de MAGAZINE. Il faut savoir que le groupe a été plus instable qu'il n'y paraît : première année chahutée avant l'arrivée du batteur définitif, puis départ du très important guitariste John McGeoch en 1980. De plus, le chanteur Howard Devoto, apparemment assez tourmenté, a, paraît-il, failli quitter le groupe à chaque album. Le départ de McGeoch, pas si grave que cela d'un point de vue strictement musical, a quand même irrémédiablement déstabilisé la formation et, après un dernier album publié sans lui, Devoto a décidé d'arrêter les frais, ce qui signait la mort de MAGAZINE car, de l'avis même des autres musiciens, Formula, Adamson et Doyle, le groupe ne pouvait exister sans son chanteur charismatique.

Magic, Murder and the Weather doit donc être considéré comme un chant du cygne, un épilogue pensé comme tel. Avec un nouveau guitariste, Ben Mandelson, le groupe a réalisé ici une œuvre agréable, malicieuse et subtile, à la fois accessible et plus orientée art rock que The Correct Use of Soap. On peut évidemment faire un parallèle avec le dernier album de JAPAN, Tin Drum, bien que la démarche de MAGAZINE soit moins extrême. L'influence de TALKING HEADS (encore un groupe s'étant remis en question du côté de 81), déjà présente sur l'album précédent, est encore plus évidente ici, surtout dans la façon de chanter de Devoto.

Il est étonnant de constater que cet album a mauvaise presse. Beaucoup de critiques prétendent qu'il est anecdotique, que le vide laissé par McGeoch n'est pas comblé... C'est très étrange. Tout ici est pourtant finement écrit, aucune chanson n'est vraiment insipide ou désagréable, bien au contraire. Il ne s'agit pas d'un sommet de la New Wave, mais il y a tellement de bonnes petites idées qu'il me faut prendre sa défense. S'il est vrai que la guitare est un peu timide, l'essentiel de la fantastique pâte sonore demeure (surtout grâce aux claviers si typiques de Dave Formula, il faut le préciser). Les rythmes et ambiances sont de plus intelligemment variés et résument la carrière du groupe.

Entre des numéros typiquement New Wave comme l'ouverture «About the weather», «Come Alive», la magnifique «Naked Eye» (différente de celle de SIMPLE MINDS) ou le final à la DURAN DURAN «The Garden» d'une part ; des choses plus funk sur «So Lucky» ou «The Geart Man's Secrets» voire jamaïcaines sur «This Poison» d'autre part ; seule «Suburban Rhonda», qui joue une carte disco, est un peu trop kitsch pour un tel album. Le petit point négatif de l'opus est sans doute la production de Martin Hannett, plus grise, de type JOY DIVISION, que sur The Correct Use of Soap. Elle ne colle pas tout-à-fait à la musique, sauf peut-être sur la sombre et nonchalante «Vigilance», qui rappelle le chef-d’œuvre Secondhand Daylight. Enfin, «The Honeymoon Killers», une valse faussement innocente, fait écho au premier album.

Magic, Murder and the Weather est une quatrième et dernière belle réussite pour un groupe qui aura cultivé l'excellence sur ses quatre ans de carrière. Il est rare qu'on puisse dire une chose pareille, mais tous leurs albums sont importants et méritent une note élogieuse. Du moins, c'est ce qu'on pouvait dire avant que le groupe ne se recrée de façon inattendue, après trente ans, publiant en 2011 un nouveau disque nommé No Thyself. Est-il à la hauteur de ses quatre aînés ? Hélas pas tout-à-fait, mais nous reparlerons de ceci dans une dernière chronique consacrée à ce groupe si particulier.

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   ARP2600

 
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- Barry Adamson (basse)
- Howard Devoto (chant, guitare)
- John Doyle (batterie)
- Dave Formula (claviers)
- Ben Mandelson (guitare, violon)
- Laura Teresa (choeurs)
- Ray Shell (choeurs)


1. About The Weather
2. So Lucky
3. The Honeymoon Killers
4. Vigilance
5. Come Alive
6. The Great Man's Secrets
7. This Poison
8. Naked Eye
9. Suburban Rhonda
10. The Garden



             



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