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TRISTESSE CONTEMPORAINE - Stay Golden (2013)
Par JOVIAL le 2 Décembre 2013          Consultée 785 fois

On devait sans doute trop l'attendre ce second disque. Beaucoup trop, surtout après la fausse mise en bouche de Woodwork, EP efficace certes, mais à bien des niveaux décevant. TRISTESSE CONTEMPORAINE y avait mis en avant le côté le plus electro de sa musique, sans toutefois parvenir à nous prouver qu'il s'agissait du bon choix. L'ensemble sonnait trop facile, trop simple, trop rien, même si paradoxalement on arrivait sérieusement à prendre son pied sur « Waiting » et « Vampires ». Cette schizophrénie du chroniqueur, on la retrouve également sur Stay Golden, qui tourne pourtant résolument le dos à Woodwork. Notre trio revient en effet au style de son premier album, en plus new-wave que cold-wave cependant, avec quelques autres incursions plus inattendues dont nous aurons l'occasion de reparler, mais définitivement là n'est pas le problème. Si il n'y avait eu que ça, Stay Golden serait reparti avec la même note sur sa copie que son grand frère de 2012 et basta. Non, la véritable différence entre les deux se trouvent dans la manière de nous aborder, car si les compositions du trio parisien se font ici agréablement plus pétillantes, elles en deviennent en parallèle carrément racoleuses.

TRISTESSE CONTEMPORAINE nous propose alors le cliché de sa propre musique, Stay Golden est une auto-parodie. Évidemment, on ne reproche pas au groupe de jouer selon les propres codes lui appartenant et qu'il a lui-même établi, mais le fait que la recette originelle soit désormais amplifiée et réutilisée sans vergogne pratiquement pour chaque morceau déçoit clairement. La comparaison qui me vient à l'esprit est celle de Mezzanine et de 100th Window : Massive Attack avait voulu faire du second un disque encore plus froid que le premier, systématisant la même opération pour chaque morceau. Ici, c'est la même chose, telle chanson était très atmosphérique, intimiste, entraînante ou que sais-je encore sur Tristesse Contemporaine, elle le sera encore plus sur Stay Golden. Les trois musiciens ont sans doute gagné en confiance et assurance, et c'est bien … mais c'est trop, car dans les faits ils agacent maintenant plus qu'ils ne fascinent.

Malgré tout, et c'est bien là l'idée du disque racoleur par excellence et donc de cette schizophrénie du chroniqueur, Stay Golden est un très bon album. On ne peut s'empêcher de se lècher les lèvres à l'écoute de ces claviers sucrées, de se réjouir de ces chants intimes et réconfortants et d'une basse qui n'a de cesse de repomper les meilleurs lignes possibles. « Waiting », déjà présente sur Woodwork, trouve ainsi réellement mieux sa place sur Stay Golden, entouré du morceau éponyme, magnifique et vaporeux, et d'un « Going Out » minimaliste au rythme irrésistible. Autre grand moment, celui d'« I Do What I Want », étonnamment rock, au ton que l'on qualifierait quasiment de punk s'il n'était pas aussi hautain. Stay Golden semble par la suite s'assagir, mais aucunement s'affaiblir comme en témoignent la très grave « Can't Resist » ou encore plus délicate « Most Times », classique mais émouvante. Seul finalement le single « Fire », ouvrant l'album, serait bien le boulet lourdingue du disque avec ses claviers rétros gavants, malgré un final plus réussi.

En résumé, si vous faites l'addition de mes deux derniers paragraphes, vous comprendrez que Stay Golden est un match nul. Non on sent pas la progression escomptée après Tristesse Contemporaine et non il n'est pas capable de prouver son originalité par rapport à ce dernier, mais oui il s'écoute relativement avec plaisir et oui il contient quelques perles (« Waiting », « I Do What I Want ») pouvant rivaliser avec les compos plus anciennes du groupe. De la pure schizophrénie je vous dis, pour une sortie qui ne marquera franchement pas cette fin d'année. Les musiciens de TRISTESSE CONTEMPORAINE, qui pétaient déjà plus haut que leurs culs (y'a qu'à les voir en concerts - où ils n'excellent d'ailleurs pas) commenceraient-ils à devenir suffisant en siphonnant leur propre musique déjà brillamment siphonnée à d'autres ?

3/5.

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   JOVIAL

 
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- Maik (chant)
- Narumi (claviers/chant)
- Leo Hellden (guitare)


1. Fire
2. Stay Golden
3. Waiting
4. Going Out
5. I Do What I Want
6. Can't Resist
7. Burning
8. Pretend
9. Most Times



             



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