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ROCK ELECTRONIQUE  |  STUDIO

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- Style : Peter Baumann , Tangerine Dream, Edgar Froese
- Membre : Wallenstein, Richard Wahnfried , Klaus Schulze , The Cosmic Jokers , Agitation Free, Ash Ra Tempel, Harald Grosskopf
- Style + Membre : Manuel GÖttsching , Hoenig & GÖttsching

ASHRA - Belle Alliance (1980)
Par ARP2600 le 5 Avril 2014          Consultée 2090 fois

En 1979, alors que paraissait le dansant Correlations, les trois membres d'ASHRA enregistraient déjà leur album suivant, publié en 80. Cette fois, ils ont vraiment créé la musique en équipe et se sont voulus plus éclectiques. D'où ce titre Belle Alliance qui fait également référence à la bataille de Waterloo. Mais c'est loin d'être le Waterloo du groupe, même si c'est le dernier disque dans une série de parutions régulières commencée avec ASH RA TEMPEL en 71. La qualité du jeu des musiciens, la beauté du son et l'équilibre entre cohérence et diversité de Belle Alliance en font au contraire une des plus belles œuvres de l'école de Berlin, et la meilleure contribution de Manuel Göttsching entre 75 et 84, rien de moins.

Il est difficile d'attribuer un style à cet ensemble. Est-ce du krautrock, de la musique électronique ? Il s'agit avant tout de musique berlinoise, partageant de nombreux points communs avec TANGERINE DREAM. On sait le talent du guitariste Manuel Göttsching, qui utilise son instrument de façon très imaginative depuis Inventions for Electric Guitar. Il l'utilise de façon plus conventionnelle sur Belle Alliance, mais ce n'est pas un mal. Ainsi, la première face est un rock électronique rappelant le krautrock, mais beaucoup plus mélodique qu'ASH RA TEMPEL. On pense plutôt à HARMONIA, avec quand même beaucoup de synthétiseur en accompagnement. Il est surprenant de rencontrer une musique électronique à la limite de l'ambient sur la seconde face. La transition étant bien gérée, cet alliage de deux styles presque opposés fonctionne pourtant à merveille.

La plus grande progression depuis Correlations est au niveau du son, que ce soit la production ou le choix des sonorités. Les synthétiseurs, bien que trahissant l'année 79, sont plus pertinents et donc résistent bien à l'épreuve du temps, et on ne trouve plus guère de mellotron ici. La dynamique de l'enregistrement est particulièrement belle, les couches de la musique sont tout en nuances, ce qui rend jouissif une mélange aussi démonstratif. À ce titre, ce disque souffre particulièrement des formats numériques compressés. Entre des vidéos YouTube, un bon MP3 et un CD, c'est tout un monde qui se révèle, comme si on ajoutait la couleur et le relief à une image (1).

Démonstrative, c'est vraiment le mot pour qualifier cette musique. Dans la partie rock, surtout, elle est composée intelligemment, pour mettre en valeur le jeu des musiciens, surtout de Göttsching, mais également de la batterie de Grosskopf et des claviers et guitares d'Ulbrich. Tous les morceaux sont excellents, seule la conclusion "Mistral" est un peu plus anecdotique. Le début mystérieux "Wudu", l'héroïsme de "Screamer", l'humour de "Boomerang" valent tous leur pesant d'or.

C'est néanmoins "Aerogen" qui atteint la grâce. Ce morceau combine un fond électronique haletant et une guitare aérienne, d'abord rythmique puis s'envolant dans un des meilleurs soli de l'histoire de l'instrument (et ces mots sont bien pesés). En comparant par exemple avec un "Cloudburst Flight" de TANGERINE DREAM, c'est ici qu'on voit à quel point Göttsching est un meilleur guitariste qu'Edgar Froese. On ressent une impression de liberté absolue, le seul défaut est la fin un peu abrupte. On voudrait que de tels moments durent plus longtemps, bien sûr.

La transition avec l'autre face est assurée par le délicat "Sausalito", un morceau plus dans le style de T.D. La partie électronique commence avec le merveilleux "Kazoo", cinq minutes d'ambiance rythmée, presque trance de nouveau, tandis que "Code Blue" propose un quart -'heure beaucoup plus lent. Bien sûr, ce type de morceau ambient est plus difficile à apprécier, mais c'est tout de même un petit bijou de musique éthérée, bien plus réussi que le "Nightdust" de New Age of Earth.

Même la pochette participe de la réussite de cet album. Ou comment transformer des cuillères en plastique en une belle œuvre multicolore d'art abstrait. Belle Alliance reste pourtant fort méconnu, que ce soit dans l'absolu, par rapport à T.D ou même par rapport à d'autres disques de Göttsching comme New age of earth ou E2-E4. C'est triste car c'est une œuvre à la fois belle et fort accessible, qui peut apporter du bonheur à n'importe quel amateur de rock ou de musique électronique. C'est un indispensable qui a clairement droit à la reconnaissance. Puisse cette chronique y contribuer, même de façon infime.

(1) Quand je l'ai découvert, en mauvaise qualité sur YouTube, j'ai trouvé ce disque très moyen. Il ne faut surtout pas s'arrêter là. Cette musique requiert vraiment la qualité. Dès lors, même si la version 2CD publiée actuellement par le label de Manuel Göttsching est plutôt chère, elle peut valoir le coup. Il ne faut pas hésiter non plus à chercher la bonne affaire, que ce soit une ancienne version CD ou un vinyle. À bon entendeur...

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   ARP2600

 
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- Manuel Göttsching (guitares, synthétiseur, basse sur 5)
- Harald Grosskopf (batterie, synthéthiseur, voix sur 6)
- Lutz Ulbrich (guitares, claviers, voix, basse sur 6)


1. Wudu
2. Screamer
3. Boomerang
4. Aerogen
5. Sausalito
6. Kazoo
7. Code Blue
8. Mistral



             



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