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FUNKADELIC - Cosmic Slop (1973)
Par TOMTOM le 17 Mai 2014          Consultée 3022 fois

Cosmic Slop a toujours été mon album préféré de Funkadelic. Il se dégage de ce disque une ambiance incroyable, une cohérence qu'il était impossible de trouver chez America Eats Its Young ainsi q'une sophistication bienvenue, très loin de la brutalité déployée sur les trois premiers albums du groupe.

A l'écoute de Cosmic Slop, cela devient évident : les membres de Funkadelic étaient de grands sensibles, des esthètes de la déglingue funk. Leur gourou en chef, George CLINTON puisait son inspiration (on parle ici du son aussi bien que des textes) dans les marges et la déviance. Logiquement, le single du cinquième album de Funkadelic serait une chanson à propos d'une mère de famille obligée de se prostituer pour nourrir ses gamins.

Bienvenue en 1973. Cette année-là, le line-up de Funkadelic s'est à peu près stabilisé depuis le naufrage America Eats Its Young : Bernie WORRELL garde son poste aux claviers, tout comme les anciens Parliaments reprennent le leur aux chants. A la basse, le dénommé "Boogie" MOSSON, un nouvel arrivant tout comme Ron BYKOWSKI, jeune guitariste blanc venu tout droit de la motor city madhouse, Detroit. Pendant qu'on parle de guitares, Eddie HAZEL rôde aussi dans les environs (il co-signe deux titres) et doit pouvoir être entendu ça et là. Qu'importe, ce n'est pas lui la star.

Car Cosmic Slop est bien l'album de Gary SHIDER, starchild biberonné à la défonce Funkadelic depuis Maggot Brain. Ici, il se taille la part du lion en posant sa voix de crécelle sur l'immense titre éponyme. Tout dans "Cosmic Slop" renifle le mauvais juju. Avec ces percussions, ces solos qui ne s'arrêtent jamais et ces chœurs envoutés, on jurerait avoir été téléporté en pleine cérémonie voodoo-trash. Si le "Cosmic Slop" avait été une danse, elle aurait été obscène et lancinante. La voix de SHIDER est incroyable, spatiale et primale à la fois, totalement raccord avec l'ambiance.

L'autre grande chanson du délire Cosmic Slop, c'est celle qui suit. "No Compute", c'est l'insouciance même : guitares guillerettes, chant détaché, etc. Et puis cette touche d'onirisme country presque hors sujet sur un album de Funkadelic. Ici, on nous raconte l'histoire d'un mec parti en quête d'un plan cul et qui manque de se retrouver au pieu avec un travelo. "No Compute" est probablement un des titres les plus mésestimés du répertoire de Funkadelic. C'est aussi mon préféré.

Toujours au rayon des réjouissances, "March To The Witch's Castle" est une des premières chansons à traiter du retour des boys au pays après la fin de la guerre du Viêt Nam. Ici, CLINTON renoue avec la tradition du monologue qui avait fait fureur sur les premiers Funkadelic. Et puis il y a cette partie de guitare, mystérieuse, impénétrable, toute empreinte de vapeurs violettes. Entre 2'24 et 3'12, Funkadelic atteint le degré de grâce qu'il avait déployé deux ans plus tôt sur le titre "Maggot Brain".

Vous l'aurez compris, chaque chanson de Cosmic Slop a son histoire. Je ne vous raconte ici que les trois les plus fascinantes, mais sachez que le reste est forgé du même alliage : "Let's Make It Last" (SHIDER y fait des merveilles) et "Trash A Go Go" sont les cautions hard de l'album, "Can't Stand The Strain" rejoue les sonorités ensoleillées de "No Compute" et "This Broken Heart" (magnifique chanson soul) figure un Calvin SIMON au sommet de son chant. N'oublions pas le "Nappy Dugout" qui ouvre l'album avec un riff New-Orleans friendly, très Meters.

A chaque réécoute de Cosmic Slop, c'est toujours le même enchantement malsain, un plaisir de voyeur qui se rince l’œil et l'oreille devant des situations jamais très saines. Funkadelic est depuis le départ un groupe de freaks. Ce qui change avec Cosmic Slop, c'est peut-être une démarche plus commerciale (je n'ai pas dit facile) : variété des compositions, titres moins agressifs, abandon des longs jams pour privilégier un format chanson, etc. C'est sûr, George CLINTON avait envie de faire du fric. Ce sera plutôt raté avec Cosmic Slop, mais tant pis : cet album est là, incroyable avec sa pochette signé Pedro BELL. Le funk déployé ici est attachant, chatoyant. A n'en pas douter, un élément indispensable de la discographie du Funk Mob.

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   TOMTOM

 
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- Berne Worrell (claviers)
- 'boogie' Mosson (basse)
- Tyrone Lampkin (percussions)
- Gary Shider (chant, guitare)
- Ron Bykowski (guitare)
- George Clinton (chant)
- Parliaments (chant)


1. Nappy Dugout
2. You Can't Miss What You Can't Measure
3. March To The Witch's Castle
4. Let's Make It Last
5. Cosmic Slop
6. No Compute
7. This Broken Heart
8. Trash A-go-go
9. Can't Stand The Strain



             



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