Recherche avancée       Liste groupes



      
POP éLECTRONIQUE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


ALBUMS STUDIO

2003 1 Emilie Simon
2006 Vegetal
2009 The Big Machine
2011 Franky Knight
2014 Mue

B.O FILMS/SERIES

2005 La Marche De L'Empereur
2020 The Jesus Rolls
 

 Emilie Simon, Communauté Végétale (1373)
 Emilie Simon, Site Officiel (1393)

Emilie SIMON - Mue (2014)
Par MARCO STIVELL le 25 Mai 2014          Consultée 3197 fois

L'album Franky Knight avait amorcé un retour à la langue française pour Emilie SIMON, après un opus majoritairement en anglais et musicalement déroutant pour sa fan-base présente depuis les débuts (The Big Machine, 2009). Le dernier en date, Mue, ne contient que très peu d'anglais. Il fait ressortir ce changement à 180 degrés depuis son titre ainsi que sa pochette, où la belle Emilie pose à son plus naturel, avec l'allure d'une grande dame française d'il y a un ou deux siècles. Difficile de parler d'argument commercial lorsqu'on connaît le personnage de la belle montpellieraine. Véritable fée musicale de l'Hexagone arrivée il y a plus de dix ans, elle reste sans doute trop géniale et intègre pour être soutenue comme il devrait par nos médias populaires -les Victoires de la Musique ? Qu'est-ce donc ?...

À propos de Montpellier, on peut dire que c'est une toute autre époque. Notre chère Emilie a eu le temps de devenir new yorkaise puis de revenir sous des cieux plus haussmanniens. Ah ça, mais qu'ont donc les femmes avec Paris ?... Simple boutade de pur provincial qui tient à le rester, car je connais la réponse (et allez l'OM !). Toujours est-il que deux chansons sont consacrées à la capitale, vous saurez les reconnaître facilement. Précisons néanmoins que « Paris j'ai pris perpète » a tout à voir, musicalement et textuellement, avec l'univers du film La Délicatesse dont Franky Knight constituait la bande originale. Eprise, légère, féminine, elle saura plaire aux amateurs de nouvelle chanson française, autant qu'à ceux qui suivent de près le hum... revival de la tradition entre deux guerres, nouveau phénomène médiatique bien de chez nous si l'on peut dire... Tout comme « Les Etoiles de Paris », sucrerie jazz feutrée où la chanteuse se retrouve seule au piano. Bien sûr, nul besoin de suivre la mode, car si l'on a apprécié Franky Knight, il en sera de même ici.

Le fait est qu'Emilie SIMON combine toujours à merveille ses textes poétiques, parfois minimalistes, et ses musiques bien ancrées dans leur époque mais pas moins recherchées, à travers lesquelles elle emprunte à différents genres sans jamais se dénaturer. Loin du gris haussmannien, l'artiste va piocher dans les musiques d'outre-mer, leur prête sa voix malicieuse avec beaucoup de bonheur, y compris pour l'auditeur. Le texte quelque peu infantile de « Menteur » et le chant d'Emilie se voient entraînés par un tempo funk calypso où la voix et la guitare de -M-, alias Matthieu CHEDID n'auraient pas détonné. Sur le même air latino-caribéen, « Encre » habille la poésie romantique de la chanteuse façon « Le vieil amant » à renfort de percussions cha-cha, harpe, claviers et cuivres. Mais là où Emilie SIMON réussit particulièrement son tour de main, c'est sur le chapelet de morceaux féeriques, sans attache spatiale évidente au point de se perdre dans l'air, une belle nuit pleine d'étoiles...

Le rock musclé et saturé de « Quand vient le jour » a cette empreinte sensuelle et onirique dont la chanteuse détient le secret. Au moins aussi méritoire qu'un « Undisclosed Desires », pour faire un parallèle plus ou moins récent... « The Eye of the Moon » sied parfaitement à Emilie, son texte recouvert de poussière d'étoile comme son solo de clavecin électronique. Ces formes d'imagerie et d'instrumentation se laissent à nouveau apprécier sur « Des larmes », qui renoue avec l'influence cubaine rythmiquement parlant. Et que dire de « Perdue dans tes bras », de son arrangement façon pop médiévale (autoharpe et mandoline à l'appui), dans la lignée des albums de la non-moins talentueuse artiste bretonne Cécile CORBEL... Cela mérite bien, en conclusion et en écho à « Menteur », une petite touche ensoleillée avec la reprise du « Wicked Game » de Chris ISAAK. Tube sublime que la chanteuse transpose à sa manière, réinvente à-demi, en mêlant contrebasse et cuivres sixties avec mandoline et claviers enchanteurs. Et cette voix, toujours cette voix...

Le disque Mue, bien que marquant un renouveau dans une carrière désormais installée, fonctionne telle une compilation de ce que la belle dame sait faire de mieux. Chaque morceau a son empreinte, certains peuvent fonctionner en couple et l'ensemble demeure solide, sans bémol notable. Emilie SIMON, artiste précieuse, rayonnante à tous les niveaux, connait sur le bout des doigts l'art de diffuser cette formule magique d'une musique qui peut plaire à un public large, en évitant de tomber dans la superficialité. C'est le moins que l'on puisse dire...

A lire aussi en POP par MARCO STIVELL :


FLEETWOOD MAC
Fleetwood Mac (1975)
On the way to the top...




ODESSEY & ORACLE
Crocorama (2020)
Se (re)perdre dans la forêt pleine de couleurs...


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



Non disponible


1. Paris J’ai Pris Perpète
2. Menteur
3. Encre
4. The Eye Of The Moon
5. Quand Vient Le Jour
6. Les Étoiles De Paris
7. Des Larmes
8. Le Diamant
9. Perdue Dans Tes Bras
10. Les Amoureux De Minuit
11. Wicked Game



             



1999 - 2024 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod