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CABARET VOLTAIRE - Extended Play (1978)
Par WALTERSMOKE le 5 Novembre 2014          Consultée 598 fois

Fondé à Sheffield en 1973, CABARET VOLTAIRE fait sans conteste partie des incontournables de la scène alternative. Le groupe anglais, tirant son nom d'un café dédié au mouvement Dada, s'est imposé comme une formation originale et innovante, qui a également évolué avec brio, pour sortir dans les années 80 de remarquables chansons dans la veine de la new-wave sombre et expérimentale, rien que ça. Même s'il n'est pas ultra connu et célébré à sa juste valeur, il n'en reste pas moins un acteur remarquable de la scène post-punk/indus, qui a eu sa sphère d'influence - dans laquelle on peut compter Depeche Mode, pour prendre l'exemple le plus connu.

En 1978, CABARET VOLTAIRE n'en est pas encore là. Cela fait 4 ans que le trio composé de Richard H. Kirk, Stephen Mallinder et Chris Watson compose, interprète des morceaux, et les joue en concerts. Concerts d'ailleurs assez houleux, suffisamment en tout cas pour que les musiciens se prennent des tubes de métal dans la figure, provenant de spectateurs excédés par ce qu'ils écoutaient. Alors même que d'autres groupes fondateurs comme Joy Division et Throbbing Gristle en sont déjà à sortir des disques, ce n'est que cette année-là que CABARET VOLTAIRE se lance, grâce à une signature chez la fameuse maison de disques Rough Trade.

En novembre 1978, CABARET VOLTAIRE sort son premier disque, nommé Extended Play. Enfin, techniquement, on pourrait se dire qu'il s'agit d'un EP sans titre, mais la convention exige qu'on prenne ce titre-là. Quoi qu'il en soit, le premier enregistrement du groupe sort enfin, et permet d'élargir l'audience potentielle. Dès le premier morceau, Talk Over, la patte des Cabs frappe à 100 %. Outre le chant de Mallinder déjà rempli de sombre feeling, et fortement réverbéré, la musique fait clairement la part belle à l'électronique : la boite à rythmes remplace la batterie, et les synthés crachent leurs notes de manière grinçante, voire dissonante par moments. La production terriblement faible ne fait rien non plus pour aider à pleinement apprécier l'EP, mais d'un autre côté, elle participe en bien à la musique.

Concernant les chansons en elles-même, elles sont bonnes, mais exigeantes. En plus des caractéristiques techniques évoquées ci-dessus, il faut accepter d'encaisser des morceaux répétitifs qui peuvent ennuyer plus qu'hypnotiser. En particulier, "Here She Comes Now", énième reprise du Velvet Underground, s'étire vraiment trop en longueur et ne donne plus envie sitôt passée la première minute. "Do the Mussolini", au potentiel de scandale évidemment élevé, s'en fait le contrepoids et est plus facile à encaisser, notamment grâce à des gimmicks bien choisis et une ligne de clavier inventive. En définitive, on ne saura que louer Mallinder de poser ses lignes de chant qui sauvent de l'ennui, notamment sur "The Set Up" qui réussit enfin là où les précédents morceaux échouaient plus ou moins.

Extended Play laisse une étrange sensation. De par sa nature, il devrait plutôt donner envie d'en avoir plus, mais un manque de maitrise et surtout des élongations trop évidentes lui sont nuisibles. Pourtant, le potentiel de CABARET VOLTAIRE est bien présent, et celui qui a commencé à parier sur le groupe n'imagine pas à quel point son opération sera rentable.

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- Richard H. Kirk (guitares, voix)
- Stephen Mallinder (basse, voix)
- Chris Watson (claviers, cassettes, voix)


1. Take Over
2. Here She Comes Now
3. Do The Mussolini (headkick)
4. The Set Up



             



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