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BLUES-JAZZ-FOLK  |  STUDIO

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- Style : Fairport Convention, Steeleye Span, Jethro Tull, Malicorne, Rosemary Standley , Blackmore's Night
- Membre : Bert Jansch

PENTANGLE - The Pentangle (1968)
Par MARCO STIVELL le 15 Décembre 2014          Consultée 698 fois

L'Angleterre dans le domaine musical au milieu des années 60, c'est une corne d'abondance, un pays où tant se fait (Beatles, Stones, Who, Kinks, Small Faces...) et où il reste tant à faire... Si le pays insulaire, prenant le relais sur les Etats-Unis, détient alors la suprématie de ce domaine artistique, il revient petit à petit à son patrimoine, sa propre histoire, grâce à deux groupes emblématiques : PENTANGLE et Fairport Convention. Contrairement à ce dernier, PENTANGLE est en réalité un aboutissement dont la préparation s'étale sur plusieurs années.

Les deux membres fondateurs, à savoir les guitaristes Bert Jansch et John Renbourn, cumulent quatre albums solos à leur actif dont trois pour Jansch, plus un en commun. Dans les clubs de jeunes musiciens, ils rencontrent la chanteuse Jacqui McShee, ainsi que le batteur Terry Cox et le contrebassiste Danny Thompson (section rythmique de Duffy Power et Nucleus aux côtés d'un certain John McLaughlin...). Renbourn joue le rôle de ciment (recrutement), Jansch celui de la locomotive (stabilité). PENTANGLE tourne pendant un an - parfois présenté malencontreusement comme un groupe de rock'n'roll ! - avant de publier ce premier disque au mois de mai 68.

Un disque qui sonne encore très live et peu représentatif de la vague folk anglaise grandissante (comme le premier Fairport mais pour d'autres raisons), mieux défendue par Martin Carthy. En fait, cette étiquette, quoique réductrice pour les admirateurs de PENTANGLE, ressort immédiatement dans la voix pure et magnifique de Jacqui McShee, nourrie de toute évidence aux airs traditionnels (« Pentangling », « Let No Man Steal Your Thyme »). C'est un disque blues et jazz en priorité, chose évidente dès les premières notes de contrebasse à l'archet.

Les musiciens sont des virtuoses. Terry Cox favorise l'essence jazz avec des effets polyvalents (son et jeu), tout comme Danny Thompson qui, avec sa contrebasse et pour parler vulgairement, fait « ce qu'il veut », et ce n'est pas peu dire. Écoutez ses soli sur « Pentangling » et « Waltz »... Et en termes de batterie, quelles prises de libertés peuvent se targuer d'être aussi passionnantes que celles de Cox, sur « Bells » en particulier ? Avec un fond de guitares acoustiques, c'est encore meilleur, et cela tombe bien car elles sont omniprésentes. Le producteur Shel Talmy (Who, Kinks, Cat Stevens) voulait un son brillant, CQFD...

Si Jansch et Renbourn sont des influences majeures pour des guitaristes de renommée internationale aussi divers que Jimmy Page et Mike Oldfield, ce n'est pas pour rien. Sur « Mirage » (composition de Jansch), « Bells » et « Waltz », les deux six-cordistes sont en osmose totale. Leurs compagnons le sentent et s'effacent, avant qu'ils ne le fassent à leur tour. Les arpèges blues, jazz et (dans le cas de Renbourn) inspirés par la musique baroque se baladent à leur gré, de manière indépendante, s'enchevêtrent, créent une sensation de liberté plus qu'attrayante pour un public qui cherche à sortir du carcan rock.

Mais en même temps, ce disque parvient à sonner aussi rock que les canons de l'époque, alors qu'il n'y a aucune électrification notable ! « Hear My Call » (reprise des Staple Singers) et « Way Before the Sun » dégagent un shuffle imparable. Thompson propose quelques « walks » savoureux, tandis que McShee se montre aussi à l'aise que sur des airs plus doux et oniriques. Renbourn lui donne une réplique vocale masculine (chose courante) sur « Bruton Town », chanson folk qui ouvre sur les histoires cyniques à l'anglaise, marque de fabrique du genre et diversement adaptée selon les groupes.

Le psychédélisme est présent de manière subtile, dans les longs développements musicaux et qui proposent quelques sommets comme l'excellente « Waltz » où les rythmes jazzy se superposent, se répètent... Ce premier album, quoiqu'encore légèrement sec, brut de décoffrage et parfois trop connoté live, est déjà solide. Avec une musique affranchie autant qu'exigeante, PENTANGLE peut d'emblée passer très facilement pour un groupe « intello » ; et d'ailleurs alors que leur patronyme met un esprit collectif en exergue, les cinq membres peinent à refouler leurs égos respectifs... Mais leur naissance avec ce disque se place à l'origine d'un phénomène important.

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   MARCO STIVELL

 
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- Bert Jansch (guitare acoustique, chant)
- John Renbourn (guitare acoustique, chant)
- Jacqui Mcshee (chant)
- Danny Thompson (contrebasse)
- Terry Cox (batterie, choeurs)


1. Let No Man Steal Your Thyme
2. Bells
3. Hear My Call
4. Pentangling
5. Mirage
6. Way Behind The Sun
7. Bruton Town
8. Waltz



             



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