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FOLK-JAZZ BRITANNIQUE  |  STUDIO

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- Style : Fairport Convention, Steeleye Span, Jethro Tull, Malicorne, Rosemary Standley , Blackmore's Night
- Membre : Bert Jansch

PENTANGLE - Sweet Child (1968)
Par MARCO STIVELL le 14 Octobre 2017          Consultée 205 fois

Sweet Child, le deuxième disque de PENTANGLE, pose un problème particulier : c'est un album double, un des tout premiers de l'histoire. N'en déplaise à notre collègue BaazBaaz, il y en a eu de très bons, mais pas celui de Jacqui McShee, John Renbourn, Bert Jansch, Terry Cox et Danny Thompson. Lui, il est simplement bon, même en appartenant à la période classique du groupe.

La première partie est live, enregistrée le 29 juin 1968 au Royal Festival Hall, la seconde est une session aux IBC studios. À l'époque, le groupe vient à peine de sortir son premier album et charme le public britannique autant par sa musique que ses prestations scéniques, avec une chanteuse assise et stoïque au regard magnétique, deux guitaristes qui carburent aux petits plaisirs illicites et deux autres virtuoses derrière dont un colosse à la contrebasse, le seul debout des quatre.

Cette formule possède ses avantages et ses limites, comme PENTANGLE en général, de facto. Si le groupe mise sur le pouvoir des cinq magiciens réunis, les forces sont telles qu'elles ont du mal à se contenir et les individualités réapparaissent si bien qu'elle déteignent sur la cohésion, souvent. Et en plus, ils ont eu envie de remplir un double qui tiendrait sur un CD sans ses treize secondes en trop.

Pour bien ce faire, le groupe débute avec "Market Song", histoire de ne pas perdre la main ni le public. Jansch et Renbourn y vont généreusement sur les influences orientales, les couplets sont splendides mais le refrain est moins beau. Puis les expériences s'enchaînent. "No More My Lord" est un negro-spiritual chanté par McShee seule cette fois, avec de beaux contrastes dans le jeu de Terry Cox.

"Haitian Fight Song" est une parenthèse de Thompson, presque seul, un peu anecdotique. Le contrebassiste rend hommage à l'un de ses héros, Charles "Charlie" MINGUS, et d'ailleurs que trouve-t-on deux plages plus loin ? "Goodbye Pork Pie Hat", jouée en groupe instrumental, avec Jansch et Renbourn aux électriques et ensemble pour une fois. Si le jeu feutré est appréciable, on a du mal à se laisser convaincre par la finalité de la chose. Même chose pour Cox, qui à la fin de la partie studio, salue l'intriguant MOONDOG dans un morceau un peu sorcier qu'il chante lui-même.

La lumineuse Jacqui McShee revient pour "Turn Your Money Green", accompagnée vocalement par Renbourn sur les refrains, en voilà un beau blues ! Dans le même style, elle nous éblouit sur "I've Got a Feeling", variation savoureuse du "All Blues" de Miles DAVIS. Jansch reprend le micro sur "Bruton Town", seul morceau du premier album joué, sans plus d'éclat, et il s'offre un très beau "A Woman Like You", seul avec sa guitare. Les trois voix se retrouvent pour un "In Your Mind" fort intéressant et réussi, dans la partie studio. Thompson s'y distingue mieux que jamais.

Les "In Time" et autres récréations jazzy n'ont pas de quoi remporter de nombreuses faveurs, le côté intello/détente de PENTANGLE et qui leur permet d'attirer un public récalcitrant au folk n'est pas bien mis à l'honneur sur ce disque. Celui-ci, en outre, donne le sentiment qu'il ne se laisse remplir qu'avec la motivation pour les cinq membres de montrer tout ce qu'ils savent faire.

Un bon point pour la diversité. La démonstration gâche un peu le plaisir, mais rien de grave, car McShee tire son épingle du jeu mieux qu'aucun autre ici, suivie par Jansch et Renbourn dans leurs élans de chanteurs et de folkeux. La chanson "Sweet Child" qui ouvre la partie studio est peut-être un peu longuette, mais Cox la pimente d'un rythme sixties fort seyant et les deux merveilleux guitaristes jouent de grands accords celtiques ouverts au début.

"No Exit" est une interprétation d'un duo des deux compères, tiré de leur album en commun deux ans plus tôt. Les parties vocales de McShee nous émeuvent grandement sur "Watch the Stars", "So Early in the Spring", l'incantatoire "Sovey" et, surtout, le brillantissime "The Trees They Grow So High", tous empreints de tradition britannique et ce dernier en particulier qui (re)devient un classique. McShee est une vraie sirène...

Même Jansch le bluesman s'y met sur le magnifique "I Loved a Lass", chanson d'amour écossaise. "Three Part Thing" contient des réminiscences baroques, contrebasse à l'archet, et la suite "Three Dances" mélange guitares à l'anglaise et glockenspiel avec un esprit qui a dû faire des émules, JETHRO TULL par exemple !

Inégal, ce disque l'est assurément, mais le niveau des musiciens reste admirable et ce qui est franchement beau en vaut la peine !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jacqui Mcshee (chant)
- Bert Jansch (guitares, chant)
- John Renbourn (guitares, chant)
- Terry Cox (batterie, glockenspiel, chant)
- Danny Thompson (contrebasse)


1. Market Song
2. No More My Lord
3. Turn Your Money Green
4. Haitian Fight Song
5. A Woman Like You
6. Goodbye Pork Pie Hat
7. Three Dances
8. Watch The Stars
9. So Early In The Spring
10. No Exit
11. The Time Has Come
12. Bruton Town

1. Sweet Child
2. I Loved A Lass
3. Three Part Thing
4. Sovay
5. In Time
6. In Your Mind
7. I've Got A Feeling
8. The Trees They Do Grow High
9. Moon Dog
10. Hole In The Coal



             



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