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PUNK HARDCORE / POST-PUNK  |  STUDIO

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1990 Beg To Differ
1991 Prove You Wrong
1994 The Cleansing
1996 Rude Awakening
2003 Scorpio Rising
2007 Power Of The Damager
2012 Carved Into Stone
2014 Ruining Lives
 

- Membre : Madonna, Danzig, Soulfly
- Style + Membre : Ministry, Killing Joke
 

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PRONG - Songs From The Black Hole (2015)
Par RED ONE le 6 Avril 2015          Consultée 1565 fois

Depuis le grand retour de PRONG en 2012, Tommy Victor ne perd décidément pas son temps. Moins d'un an après la sortie du relativement bon Ruining Lives, voici que débarque un nouvel album studio estampillé du Trident victorien. Quoi, déjà du nouveau matériel ? Euh, oui et non en fait.
Car pour la première fois, Tommy Victor s'essaie à l'exercice de la reprise. Et pas de n'importe quoi, forcément, car le guitariste américain est connu de longue date pour être un homme de goût ! Etant donné son passé d'ancien membre éminent de la communauté punk new-yorkaise dans les années 1980, il était évident que le bonhomme finirait par nous pondre un jour ou l'autre un album qui rende hommage à ses influences originelles et à ses premières amours discographiques. Le premier disque de PRONG, Primitive Origins (1986), n'était-il d'ailleurs pas ouvertement punk hardcore ? Et les premiers essais thrash du groupe, les mythiques Beg To Differ (1990) et autres Prove You Wrong (1991) n'étaient ils pas eux aussi très largement emprunts de sonorités post-punk que l'on retrouvera de façon évidente sur les opus suivants ? Bref, quoi qu'il en soit, PRONG doit tout au punk et au post-punk, à l'instar de son grand frère MINISTRY.

Il suffit de découvrir la liste des artistes retenus pour l'exercice par Tommy Victor pour se convaincre de l'ampleur la chose : PRONG n'hésite en effet pas à s'attaquer à DISCHARGE ("Doomsday"), aux BAD BRAINS ("Banned In DC"), à BLACK FLAG ("The Bars")... On peut donc dire que les choses s'annoncent musclées !
Et elles commencent bien évidemment de façon ultra-violente, avec un "Doomsday" considérablement bodybuildé, gonflé à la testostérone et briqué à l'huile de gras. Même le DISCHARGE de la grande époque ne sonnait pas aussi violemment. La reprise de BLACK FLAG défonce pour sa part bien comme il faut, à grand renfort de son lourd plus écrasant que les chenilles d'une excavatrice. De même avec la superbe reprise de HÜSKER DÜE ("Don't Want To Know If You're Lonely"), où les vibratos de Tommy Victor sont reconnaissables entre mille et contribuent un peu plus à marquer cette reprise de l'emprunte prongienne. La reprise des BAD BRAINS est un poil moins convaincante, quelque peu convenue, mais elle n'en demeure pas moins réussie. D'autres choix de reprises se révèlent un peu plus surprenants, comme cette étonnante reprise des BUTTHOLE SURFERS ("Goofy's Concern"), aux fortes intonations metal.

Les influences post-punk du sieur Victor sont plus que visibles à l'écoute de la tonitruante version de la célèbre "Vision Thing" des SISTERS OF MERCY. Le groupe américain se permet de revisiter la chose avec plus de niaque, gonflant considérablement le son de la chanson originale et lui conférant un aspect plus efficace et plus direct. Même constat sur l'assez sympathique reprise du "Seeing Red" de KILLING JOKE, où Tommy Victor s'en donne à coeur joie sans trop parodier le style vocal très particulier de Jaz Coleman. Juste retour de bâton quand on sait que le regretté Paul Raven, ancien bassiste de la Blague qui Tue, fût un membre important du PRONG de la grande époque, celle de Cleansing (1994) et de Rude Awakening (1996). On ne peut enfin qu'approuver des deux mains à l'écoute de la superbe reprise de FUGAZI ("Give Me The Cure"), aux paroles éminemment glauques et malsaines.

La reprise des ADOLESCENTS ("Kids Of The Black Hole"), qui donne son nom à l'album, est également marquée par ces arrangements post-punk dont est friand notre guitariste. Très différente de la version d'origine qui sonnait bien plus roots (et pour cause, les ADOLESCENTS sont un groupe majeur de la scène hardcore américaine), sa reprise par les troupes victoriennes porte indéniablement la marque du Trident, avec un son ouvertement metal et rentre-dedans.
Le titre final est bien plus déstabilisante, puisqu'il s'agit d'une reprise de... Neil YOUNG. Et pas la plus évidente qui plus est, puisqu'il s'agit de "Cortez The Killer", long titre aérien de près de 7 minutes. Un titre servant évidemment de contrepoint final, auquel PRONG confère une lourdeur non dénuée d'une certaine mélancolie... Comme un écho à ces années d'or de la scène punk américaine auxquelles Tommy Victor rend ici hommage.

De façon logique, PRONG se permet de revisiter ces classiques à sa manière, et ça fait du bien par où ça passe. La production extrêmement moderne et léchée de cet album n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle du célèbre Garage Inc. de METALLICA (1998), disque de même nature, qui revisitait efficacement plein de vieux titres classiques du punk et du hard rock. Malgré le fait que Songs From The Black Hole s'attaque à un répertoire qui n'est pas celui auquel PRONG nous a habitué depuis le début des années 1990, toutes ces reprises collent parfaitement à l'esprit alternatif et underground du Trident.

Au final, c'est donc une méchante gifle punk bien sévère que Tommy Victor et ses deux mercenaires du moment - le sympathique Jason Christopher et le trop discret Art Cruz - nous envoient dans la figure avec ces "Chansons du Trou Noir". Une putain de baffe hardcore à forts relents de post-punk et de sons undergrounds, revisités avec un son massif made in XXIème siècle. Après la semi-déception du "seulement" correct Ruining Lives sorti en 2014, il fait bon de voir PRONG revenir à des choses décidément plus burnées. Evidemment, ce LP assez court reste un "hors série" dans la discographie d'un groupe davantage connu pour ses compositions originales pleines d'indus thrashy et de groove sale. Mais à l'instar d'un Garage Inc. que nous évoquions plus haut ou bien d'un Undisputed Attitude (l'album de reprises punk de SLAYER), il permettra probablement à un certain nombre d'amateurs de thrash metal n'ayant qu'une connaissance limitée du hardcore et du post-punk de s'initier à toutes ces merveilles auxquelles leur musique préférée doit beaucoup.

Chaudement recommandable. Un album de reprises instructif comme on en fait guère de nos jours !

Note réelle : 4,5/5

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   RED ONE

 
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- Tommy Victor (chant, guitare)
- Jason Christopher (basse)
- Art Cruz (batterie)


1. Doomsday
2. Vision Thing
3. Goofy's Concern
4. Kids Of The Black Hole
5. The Bars
6. Seeing Red
7. Don't Want To Know If You're Lonely
8. Give Me The Cure
9. Banned In D.c.
10. Cortez The Killer



             



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