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Robert CRAY - Strong Persuader (1986)
Par TEEMO le 11 Mai 2015          Consultée 832 fois

En 1986, Robert Cray sort son quatrième album solo intitulé « Strong Persuader », 3 ans après « Bad Influence », l'album qui l'aura fait connaître par le grand public. Lorsque l'on évoque Robert Cray on parle souvent d'un des fondateurs du blues contemporain. En effet, si « Who's Been Talking », premier album sorti en 1980 sonne résolument blues traditionnel, les dix premières années de sa discographie proposent un mélange de soft rock aux influences bluesy fort plaisant.

Ce qui est toujours appréciable chez Robert Cray, ce sont ses qualités de compositeur, dans un genre où la reprise est plus que monnaie courante. Reprendre les vieux standards de Dixon, des King (Albert, Freddie et B.B.), de Wolf est un exercice auquel il ne se prête qu'assez rarement. Avec un son d'emblée reconnaissable et une voix sensuelle presque soul à la Sam Cooke, le guitariste nous offre un panel de compositions toutes plus fraîches les unes que les autres. Non, vraiment, un album de Robert Cray s'écoute tout seul : les riffs sont simples mais efficaces, les mélodies accrochent dès la première écoute et les ambiances feutrées enrichies de quelques soli parfaitement exécutés ne peuvent que vous charmer.

Premier album chez le très prisé label Mercury, « Strong Persuader » débute sur cet énorme single qu'est « Smoking Gun ». Ayant gravit les Billboards, ce morceau d'une efficacité imparable s'articule autour d'un motif rythmique répété tout le long du morceau. La belle voix du guitariste résonne, trahissant directement quelques intonations de musique soul, alors qu'une improvisation pleine de feeling détonne. Le final voit s’entremêler les phrasés tortueux et le chant fulminant dans une sorte de question/réponse démente.

Robert Cray c'est évidemment le chef d'orchestre de la formation. Tout comme Stevie Ray Vaughan et son duo Double Trouble, Cray s'entoure d'une équipe au jeu impeccablement carré, de vrais musiciens de studio. Rien à redire non plus sur le production qui est très propre (trop ?).

Vous l'aurez compris, Cray mène la danse ! Et une danse tellement entraînante... Impossible de ne pas se le laisser porter par cette voix si charmante et expressive, ces refrains irrésistibles, ces ambiances passant du dynamique et entraînant « Nothing But A Woman » au smooth rock sensuel de « Right Next Door (Because of Me) », tandis que « Still Around » nous électrifie avec ses nappes de claviers acérées. Robert Cray n'oublie pas non plus ses racines et nous concocte un morceau teinté de pur blues à la manière de Freddie King. Ce morceau c'est « I Wonder ». Quelle voix profonde ! Quelle ambiance pesante !

Ce que l'on apprécie par dessus tout chez ce guitariste c'est la qualité de ses improvisations. En effet, le maître-mot pour décrire ses soli est « Feeling » et celui qu'il faut mettre de côté est « rapidité ». Un son claquant, des mélodies qui vont à l'essentiel et une manière de dompter son instrument et d'en extirper des émotions. Chaque morceau n'est pas l'occasion d'une improvisation, mais quand on en rencontre une on comprend immédiatement pourquoi son style est unique. Prenez « Fantasized », tout en recevant une nouvelle bouffée d'air frais vous remarquerez que le titre est truffé de soli. Notez le jeu d'impro très sec, cette façon qu'il a de presque slapper ses cordes (notamment dans l'intro), Dans « New Blood » ses envolées ne sont pas sans rappeler le style de Buddy Guy, plus rapide, plus hargneux... et c'est d'autant plus jouissif.

Le point noir de l'album, qui est en réalité lié au style Cray, c'est le mutisme dont fait preuve son équipe lorsqu'il s'agit d'improviser. Nous avons bien le droit à un solo de saxophone sur « Nothin' But A Woman » mais cela ne va guère plus loin ! Enfin bon, pourquoi pinailler lorsque l'on a un album de cette qualité ?

Il n'y a clairement pas grand chose à redire à « Strong Persuader ». Robert Cray distille un mélange de blues, de soft rock avec une touche de funk pour le moins convaincant. Le guitariste est dans sa bonne époque car la qualité de la musique ainsi que le succès sont au rendez-vous. Cet album c'est du pur Robert Cray, bien loin des productions récentes un peu insipides.

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   (2 chroniques)



- Robert Cray (chant, guitare)
- Richard Consins (basse)
- Peter Boe (claviers)
- David Olson (batterie)
- Wayne Johnson (trompette, trombone)
- Andrew Love (saxophone tenor)


1. Smoking Gun
2. I Guess I Showed Her
3. Right Next Door (because Of Me)
4. Nothin' But A Woman
5. Still Around
6. More Than I Can Stand
7. Foul Play
8. I Wonder
9. Fantasized
10. New Blood



             



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