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Lily ALLEN - Alright, Still (2006)
Par MARCO STIVELL le 10 Juin 2015          Consultée 611 fois

C'est en 2006 qu'une nouvelle icône de la pop fait son apparition, comme décidée à rendre sa fierté à l'Angleterre, alors que le monde ne jure que par les Américaines (BEYONCE), Latinas (SHAKIRA, Nelly FURTADO), Antillaises (RIHANNA)... Le "comme" a son importance, car parler de fierté n'est pas sans exagération en ce qui concerne la jeune Lily Rose Beatrice Cooper ALLEN. Filleule de Joe Strummer (avec qui elle va voir des concerts), ayant peu connu son père vite parti de la maison, élève difficile, cette demoiselle plutôt complexée fait son propre "clash". Elle semble moins encline à se trouver un travail qu'à boire et fumer, moins à suivre des études pour être fleuriste qu'à faire la fête à Ibiza, avec tout ce que cela comporte d'extrême et "d'extase"...

Heureusement pour son talent, depuis l'adolescence, ses amis la soutiennent sur le plan artistique, car elle possède une très jolie voix, et elle écrit des chansons. Elle se lance, et après avoir essuyé le refus ou l'indifférence de plusieurs labels, sa rencontre avec les producteurs Greg Kurstin et Mark Ronson bouleverse tout. Un "tout" qui va très vite : en quelques jours à peine, les chansons qu'elle avait publié sur son MySpace sont emballées et le premier album rapidement bouclé.

En 2006, Alright, Still révèle une brune de vingt-et-un ans au joli minois à l'accent Cockney (celui de Londres) redoutable, qui adopte une attitude de punkette, provocatrice et qui porte des tenues de petite fille. À grand renfort d'effets dialogués et de cynisme à l'Anglaise, les textes n'ont pas le caractère sexuel et convenu de ses collègues chanteuses susmentionnées dont elle se moque d'ailleurs ouvertement, ainsi que de tous les gens qui étalent leur beauté. Cela résulte d'une gêne de ses rondeurs (ce qu'elle en dit !) et de son manque de confiance en elle avant toute chose...

Elle n'en révèle que mieux le besoin de se créer un monde haut en couleurs, un univers créatif et, tant qu'à faire, pourquoi ne pas injecter des éléments rétro dans le style des chansons. Le regretté chanteur des CLASH peut être fier de sa petite protégée qui a bien digéré ses influences. On retrouve d'ailleurs ce goût pour les musiques caribéennes, le reggae et le ska, en plus d'une touche humoristique so british et d'une autre plus actuelle, empruntant au hip-hop. À ce titre, on parlera de "Shame for You", piste du milieu de l'album qui sonne bien sale, par opposition au calypso lumineux et décontracté de "LDN".

Les cuivres fleurissent sur ces titres, de même que les effets de Mark Ronson et de Greg Kurstin. Cependant, dès le premier titre, "Smile", on ressent quelque chose de spécial, un caractère quelque peu brouillon et propre à l'ensemble. Les chansons sont loin d'être classiques, les orchestrations ou la forme dialoguée de certains textes conjuguée au flow de la belle ("Everything's Just Wonderful") confèrent à Alright, Still un rang d'album pop surprenant, pas toujours abouti ni passionnant d'ailleurs. On ressent même un petit côté Alice au Pays des Merveilles, la fameuse Alice ayant bien chargé la dose... Ce qui, paradoxalement, en fait son charme.

De cette première expérience se dégagent le groove tantôt funk, tantôt reggaeton de "Not Big" et de "Knock'em Out", l'égayant "LDN", un bon single pop west-coast avec "Take What You Take", ainsi que le totalement déluré "Alfie", où il est question du frère de Lily. Sur "Littlest Things", elle et Mark Ronson s'octroient même un sample du thème de la bande-originale d'Emmanuelle par Pierre BACHELET et Hervé Roy, en version piano jazzy pour ce qui reste l'un des efforts les plus doux de la chanteuse, ici délaissée par son petit ami. Une trame récurrente chez elle, mais pas souvent traitée de manière lacrymale.

Plus que nombre de compositions ici, c'est surtout l'image de la demoiselle que l'on garde, une empreinte tour à tour mignonne et dérangée, le versant théâtral, faussement décomplexé et cynique, très Anglais évidemment.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Lily Allen (chant, piano)
- Mark Ronson (programmations, synthétiseurs, percussions)
- Darren Lewis (claviers, percussions)
- Clive Hunte (basse)
- Iyiola Babalola (claviers, percussions)
- John Waddington (basse)
- Paul Farr (guitare)
- John Ellis (claviers)
- Oliver Bayston (claviers)
- Michael Lee (saxophone)
- Michael Rose (saxophone)
- Eddie Thornton (trompette)
- Trevor Edwards (trombone)
- Jonny Wimbolt-lewis (batterie)
- Gabriel Roth (basse)
- Paul Powell (batterie)
- Mark Nicholls (guitare)


1. Smile
2. Knock 'em Out
3. Ldn
4. Everything's Just Wonderful
5. Not Big
6. Friday Night
7. Shame For You
8. Littlest Things
9. Take What You Take
10. Friend Of Mine
11. Alfie



             



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