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SYNTHPOP HUMORISTIQUE  |  STUDIO

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- Membre : Marc Moulin

TELEX - Neurovision (1980)
Par ARP2600 le 30 Août 2015          Consultée 1145 fois

Interviewé après la fin du concours Eurovision de la chanson de 1980, Michel Moers ne pouvait complètement cacher sa déception... TELEX n'avait réussi à finir qu'antépénultième alors que le but était d'être dernier alors forcément, c'était plutôt une occasion manquée. Ils avaient pourtant bien préparé leur coup : chanson synthpop ultrakitsch, se moquant ouvertement du concours, avec des paroles volontairement débiles, un petit bijou délicieusement horrible, mais non, les Portugais ont joué les brise-délire en leur accordant dix points, ces andouilles-là.

Tout de même, participer à l'Eurovision, il fallait oser. Mais comment les sélectionneurs belges ont-ils pu leur donner carte blanche ? On a le sens de la dérision chez nous mais quand même. Arrivés sur la scène, c'était une autre histoire, ils n'en menaient quand même pas large, ce doit être un exercice difficile que de se ridiculiser exprès. Il faut dire que rien que le fait de jouer avec uniquement des synthés avait... beaucoup étonné l'organisation, qui s'est même demandé s'ils avaient simplement le droit de faire ça. Finalement, on les a laissés faire, avec le résultat énoncé plus haut.

En parallèle de ce gros gag, TELEX préparait son second album, dont le titre est forcément lié : Neurovision. Celui-ci continue dans les traces de Looking for Saint-Tropez, en étant toujours humoristique, mais en s'enhardissant peut-être un peu. Tout d'abord, il n'y a plus qu'une reprise de rock : « Dance to the music », assez rapide pour une fois, et fort réussie avec ces voix métalliques. L'autre reprise de l'album est un peu spéciale... Qui connaît « My Time » de Ann STEEL ? Pour information, c'est une Américaine de Boston qui a fait un album avec un compositeur italien en 1979, sur lequel se trouve cette chanson. Il s'agit déjà d'un genre de synthpop très bizarre, plutôt de la pop d'avant-garde. Les membres de TELEX semblent avoir flashé sur ce titre, c'est bien dans leur genre. Alors ils en ont fait cette version, certainement plus sage et facile à écouter que l'originale, c'est un comble... en fait, elle est simplement dans la lignée de leurs autres reprises lentes mais le résultat se révèle un peu ennuyeux.

Le reste de Neurovision, court comme tous leurs albums, est de leur cru. Sept chansons originales contre seulement quatre sur Looking, oui, ils se sont enhardis, et Michel Moers tient plus un vrai rôle de chanteur ici. Il faut parfois une solide dose de second degré pour avaler ce plat plus copieux, mais Neurovision se révèle être un album de synthpop fort honnête, dans le courant d'une année 80 où le genre était encore très peu développé, surtout avec uniquement des synthés. Bien sûr, « Euro-Vision » est atroce, mais les six autres sont plutôt convaincantes dans ce style amusant.

Le single « We are all getting old » est sans aucun doute une de leurs meilleures créations, s'attaquant au jeunisme du rock sur un genre de new wave rapide, joyeuse mais sèche, et avec des sons fort intéressants pour l'époque. La suite est plus loufoque, avec « Euro-Vision » bien sûr, mais aussi ce redoutable « Tour de France », se moquant du mythe du french lover en disant les paroles en anglais avec un accent français à couper au couteau. À la fois insupportable et désopilant, bonne chance à ceux qui veulent essayer, le refrain c'est « Follow you to Paris, follow you to Nice, follow you to Monaco, follow you to Concarneau. So this is our Tour de France ». En fait, ça fait un peu penser aux Sparks... ce n'est pas un hasard.

Les quatre autres sont en français, mais trois d'entre elles ont eu droit à une version anglaise. « Plus de distance » est une ballade sur les aéroports et « A/B » s'apitoie sur le sort des faces B de single, pas géniales ces deux-là. « Réalité » est plus chouette... commencer son couplet par « Sur l'écran couleur super cinémascope, toutes les catastrophes nous mènent à la syncope. », fallait le faire. Quant au final « En route vers de nouvelles aventures », il évoque une nouvelle fois leur culture BD, sur une musique qui s'approche du néo-romantisme. C'est l'occasion de signaler l'existence d'une plage inédite, présente sur le CD de Neurovision dans le coffret de 93, glorieusement intitulée « Colonel Olrik Ha Ha Ha », et qui, ma foi, vaut la peine d'être entendue. Elle fait penser à un jeu vidéo, et peut-être à YMO, autre groupe auquel on peut comparer TELEX. Pour terminer, le bien trop court inter instrumental « Cliché » est d'une synthpop tirant sur la techno, comme quoi même un petit machin comme ça peut annoncer des choses.

Sur Neurovision, on peut dire que Telex est passé de la blague pure à quelque chose de plus conventionnel, bien que restant toujours sur le ton de la plaisanterie. Ils se rapprochaient vraiment des Sparks et c'est bien normal. C'est l'époque où les frères Mael ont rôdé en Europe continentale, fricotant certes avec Moroder et Faltermayer, mais aussi avec les membres de Telex. Sur l'album suivant, Sex, l'écart sera encore plus réduit, vu que les paroles seront carrément signées Mael.

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- Dan Lacksman (synthétiseurs)
- Michel Moers (synthétiseurs, chant)
- Marc Moulin (synthétiseurs)


1. We Are All Getting Old
2. My Time
3. Tour De France
4. Euro-vision
5. Plus De Distance
6. Dance To The Music
7. Réalité
8. Cliché
9. A/b
10. En Route Vers De Nouvelles Aventures
11. Finale



             



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