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George HARRISON - Dark Horse (1974)
Par LONG JOHN SILVER le 20 Octobre 2015          Consultée 3265 fois

1974 aurait pu être une année faste pour « L’Angelo Mysterioso » (1) puisqu’il a prévu de se lancer dans une tournée américaine (2), de fonder son propre label, ainsi que d'enregistrer son nouvel opus. L’homme ayant de la suite dans les idées, il choisira de nommer pareillement sa société – pour laquelle il a les mêmes ambitions que celles qui étaient affichées au moment du lancement d’Apple (3) - et son album à venir. Le nom fut extrait d’une phrase griffonnée au hasard par le quiet one : « I’m a dark horse running on dark race course. » Après tout le gaillard, qui clame un peu partout son mysticisme empreint de religiosité Indienne, deviendra quelques années plus tard un habitué des circuits de Formule Un. Coïncidence ? L’écurie britannique Lotus (4) pare ses bolides d’un noir majestueux. Afin de réaliser l’illustration idoine pour sa société, il demande à un graphiste de reproduire un modèle d’équidé blanc déniché sur un vase ramené d’Inde et de l’orienter dans le sens où tourne un 33t. Enfin il se chargera – seul - de le repeindre en noir. Tout semble rouler au mieux, si je puis dire, on lance une vaste campagne d’affichage sur Sunset Boulevard à L.A puis on organise une fête de lancement pour le label en devenir, si ce n’est que celle-ci se déroule dans un lieu si improbable que George lui-même galérera le soir venu afin de dénicher l’endroit. Parmi les invités, quelques businessmen sont présents, mais aussi David GILMOUR ainsi qu’Eric CLAPTON totalement imbibé.

Parce qu’en fait de canasson c’est avant tout le ciel qui s’assombrit pour l’ex Beatle, son couple part à vau-l’eau, le père Eric n’y est pas pour rien, l’anecdote est célèbre et Pattie (5) finit par craquer. Pour poursuivre sur la rubrique potins, George, dont la fidélité n’était pas non plus le point fort, ne trouvera pas mieux que de se consoler dans les bras de Maureen – la femme de Ringo – avant de tomber amoureux d’Olivia Arias, sa secrétaire, qu’il épousera en 1978. Et puis la tournée américaine de 45 dates, quoique fort bien organisée, restera un souvenir pénible pour l’ex Beatle, celui-ci est affecté par une laryngite qui l’empêche de chanter à son niveau réel. D'un côté, le public est déconcerté par un spectacle (qu’il juge trop long !) où se mêlent chansons pop et interventions de Ravi Shankar avec son orchestre, en outre il apprécie peu que le frontman fasse évoluer les textes de ses chansons à la manière d’un Bob Dylan. Du sien, Harrison déplorera l’attitude de fans uniquement venus pour voir un Beatle en exercice et écluser des hectolitres d’alcool. La presse, quant à elle, pointera des performances vocales décevantes (et pour cause) qui virent au sermon.

L’album parait au mois de décembre de la même année, sous un emballage recouvert de symboles religieux, dans un œcuménisme qu’on est en droit de trouver embarrassant, surtout quand on sait à quel point les religions ont échoué – (doux) euphémisme - à promulguer la paix, puisqu’y sont affichés sur la pochette intérieure – outre un inévitable mantra bouddhiste - : croix chrétienne, étoile de David et croissant de Lune musulman. Plus sympathique se fait la citation qui encadre la vue sur Friar Park où on voit de dos George et Peter Sellers se promenant dans la propriété du premier : « Ne vous laissez pas emporter par la colère à propos des choses sans importance ; soyez un jardinier, une personne de bonne volonté, laissez le bon s’exprimer en vous et cheminez tranquillement le long des jardins de la vie ».
La photo d’école retouchée sur la première de couv’ n’est pas sans rappeler celle de Sergent Peppers, la tête du gamin George y est colorisée et l’assemblée représentée repose sur une fleur de Lotus. Normalement cela laisse à croire qu’on va recueillir quelque chose comme un cadeau somptueux en cette période de fêtes…

Or la musique pop ne tolère guère la médiocrité, contrairement à ce pensent beaucoup d'amateurs de musiques dites complexes, elle demande une exigence poussée à l’extrême tant dans sa conception que dans sa réalisation. La frontière entre le sublime et le ridicule étant incroyablement ténue, c’en devient presque binaire. Là où des virtuoses masquent habilement un manque d’inspiration pourtant flagrant derrière des envolées techniques qui font se pâmer ceux qui croient que la valeur d’une pièce s’évalue au nombre de notes jouées, une bonne chanson dans sa simplicité et son évidence apparentes est bien plus difficile à engendrer.
De fait, concernant Dark Horse, le compte est loin d’être atteint, car de bonnes chansons, il compte peu. Citons « Simply Shady », une ballade où on retrouve le talent de mélodiste de son auteur, l’emblématique « Dark Horse » aussi dotée d’une rythmique de guitare folk bien trouvée, possédant balancement hypnotique chevalin proche de l’éponyme du précédent disque. Admettons de surcroît que l’instrumental « Hari's On Tour Express » est bien sympathique et on aura (vite) fait le tour du propriétaire. Tout le reste est fort moyen voire bien médiocre comme cette douteuse reprise de « Bye Bye Love » - pourtant un standard pop intemporel – où il crédite Pattie et Eric, comme pour signifier que tout le monde s’aime toujours. On se demande bien ce qu’Harrison a pu trouver à la ritournelle peu mémorable qu’est « Ding Dong, Ding Dong ». Désignée comme single avant la sortie de l’album, elle échouera logiquement dans sa conquête des charts. On touche même le fond avec « It Is He (Jai Sri Krishna) », prêche assommant qui vient conclure un disque le plus souvent dénué de souffle. Résultat des courses : l'exaltation ne fait pas tout. Et la production – impeccable – non plus.

Dark Horse s’en vient donc mettre un terme à une année bien remplie niveau activisme mais fort décevante du point de vue artistique, ce disque étant bien trop loin des standards d’exigence qu’on attend de la part d’un musicien possédant pareille carrière et renommée. « All Things Must Pass », disait-il… il semble bien que l’inspiration qui habitait George ait fui son foyer en même temps que sa femme. Un artiste lambda ne s’en serait probablement pas relevé or Dark Horse est bel et bien annonciateur d’une période de déclin pour l’ex gloire des sixties, d’autant que les concerts enregistrés sur la tournée américaine – avec pour optique de publier un disque live - resteront sagement dans leurs box, d’où il n’a pas été (du moins à ce jour) envisagé de les faire sortir.

1) Pseudonyme donné à George dans les crédits d’enregistrement pour la chanson « Badge » de CREAM en 1969
2) George est le premier ex Beatles à avoir effectué une tournée américaine
3) Label fondé en 1968 par les BEATLES, censé permettre à plein de jeunes talents d’éclore, mais qui afficha un bilan très mitigé de ce strict point de vue
4) Rappelons également que le Lotus possède une forte connotation religieuse en Inde
5) Pattie et George Harrison ne divorceront qu’en 1977

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   LONG JOHN SILVER

 
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- George Harrison (chant,guitare,claviers,basse, percussions,batterie)
- Tom Scott (saxo,flûte,orgue)
- Billy Preston
- Willie Weeks (basse)
- Andy Newmark (batterie,percussions)
- Jim Keltner (batterie)
- Robben Ford (guitare)
- Jim Horn (flûte)
- Chuck Findley (flûte)
- Emil Richards (percussions)
- Ringo Starr (batterie)
- Gary Wright (piano)
- Klaus Voormann (basse)
- Nicky Hopkins (piano)
- Roger Kellaway (claviers)
- Max Benett (basse)
- John Guerin (batterie)
- Ron Wood (guitare)
- Alvin Lee (guitare)
- Mick Jones (guitare)
- Derek Van Eaton (choeurs)
- Lon Van Eaton (choeurs)
- Billy Preston (claviers)


1. Hari's On Tour
2. Simply Shady
3. So Sad
4. Bye Bye, Love
5. Màya Love
6. Ding Dong, Ding Dong
7. Dark Horse
8. Far East Man
9. It Is 'he' (jai Sri Krishna)



             



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