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- Style : The Monkees , The Beatles , Paul Mccartney , George Harrison , Al Kooper, The Lemon Twigs
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Harry NILSSON - Harry (1969)
Par LONG JOHN SILVER le 29 Avril 2015          Consultée 2096 fois

1968 a vu l’emploi du temps ainsi que le carnet d’adresse d’Harry NILSSON se remplir, la considération s’étoffer en dépit du fait qu’Harry reste dans la catégorie "artistes confidentiels", on n’hésite pas le reprendre (avec succès !) ou à faire appel à lui sur certains projets. C’est ainsi que paraît, toujours en 1968, la BO de Skidoo, signée par ses soins et passée –comme le film de Preminger qu’elle accompagne- Inaperçue pour la gloire. On ne se refait pas. Pour autant en dépit de ce succès, euh… relatif, les aventures de NILSSON au cinéma ne font que commencer, John Schlesinger demande à Harry de lui pondre un titre, sur le modèle d’"Everybody’s Talking", qu’il compte insérer dans son nouveau film. Ce sera "I Guess The Lord Must Be In New York City" au texte parfaitement adapté à l’atmosphère de Macadam/Midnight Cowboy et dont le style pastiche à merveille la version du titre de Fred Neil enregistrée sur Aerial Ballet. La suite, on la connaît : le réalisateur décidera de conserver "Everybody’s Talking" avec le succès qui s’ensuivra.
Mais le bonhomme a déjà prévu de poursuivre sa route et ne se contente pas de surfer sur ses acquis, pop singer il est, pop singer il reste. Il continue de distiller ses influences qui vont de l’ancien au nouveau continent avec une préférence accentuée pour ce dernier sur ce cinquième opus en trois ans. La collaboration entre l’artiste NILSSON, l’arrangeur George Tipton et le producteur Rick Jarrard (JEFFERSON AIRPLANE) atteignant même ici son apogée.

Harry, l’album, se présente avec la photo d’un jeune écolier au regard pénétrant ne pouvant masquer une fraicheur pétillante malgré la sévérité d’un affichage réglementaire. Le charme de l’enfant, le sourire esquissé, dévoilant une personnalité probablement déjà atypique pour ne pas dire carrément hors normes.
Harry, l'album, est un disque du matin, du matin printanier, celui dans lequel ne s’évapore pas encore la rosée alors que l’enfant s’en va rejoindre l’école, une institution en charge de le formater pour un âge où il devra prendre sa place dans la société des adultes et oublier ses rêves. Harry est un gosse de pauvres, son destin serait a priori de le rester et de consommer. Son regard fixant l’objectif se chargeant de nous faire savoir qu’il se moque de la fatalité…et de la facilité !

"Dreams are nothing more than wishes, and a wish’s just a dream you wish to come true…". "The Puppy Song" initie l’album par ces vers qui installent aussitôt une atmosphère doucereuse empreinte de fantaisie autant que de nostalgie. A l’origine ce titre primesautier était une commande faite par Paul MCCARTNEY et destiné à compléter le premier album de Mary HOPKIN, une teenage idol signée sur le label Apple, mais c’est David CASSIDY qui en fera un #1 en 1973. L’association fantaisie/nostalgie s’en allant flâner sur les lignes de chemin de fer US d’antan par le biais de "Nobody Cares About The Railroads Anymore" aux arrangements délicieusement surannés et petite merveille swing. On n’est pas loin des KINKS, de leur "Lazing On A Sunny Afternoon" avec cette chronique du temps qui passe, se prélasse… Prélassement confirmé, "Open Your Window" ode jazzy à la contemplation interprétée par la voix sublime d’un adulte qui n’a pas piétiné le corps de l’enfant est absolument magnifique. Ella FITZGERALD n’attendra pas pour le faire savoir d’ailleurs, puisqu’elle reprend aussitôt la chanson.

De son côté Harry revient vers MCCARTNEY, livrant une version très respectueuse de "Mother’s Nature Son", parfaitement cohérente en tout cas dans pareil environnement. Puis la promenade se poursuit, on se laisse porter comme plume au vent par la voix de l’artiste. "Fairfax Rag" revient au jazz, le chanteur nous fait son numéro virtuose en fin de chanson avant que "City Life", titre bluesy aussi méconnu que splendide ne nous plonge dans une rêverie évanescente. "Mournin’ Glory Story" puis "Maybe" poursuivent sur ce registre, la seconde faisant l’objet d’une version de Barbra STREISAND, sans jamais que l’auditeur n’éprouve l’envie de revenir sur terre. "Marchin’ Down Broadway" est une courte digression, inspirée par la maman de l'auteur, qui permet d’effectuer une transition de bon aloi vers "I Guess The Lord…" avant un "Rainmaker" d’abord rock mais dont l’évolution nous emmène dans l’éther de la pop planante. Après quoi NILSSON se livre à une interprétation de grande classe de "Mr Bojangles", un classique country, dont le charme offert fait parcourir de frissons oubliés l’âme de l’auditeur délicieusement transie par tant de délicatesse. "Simon Smith And The Amazing Dancing Bear", chanson de Randy NEWMAN, conclut le rêve, la classe folle d’Harry NILSSON parachevant l’album par un numéro de fête foraine qui emplit les yeux d’étoiles.

Rien de régressif pourtant dans l’œuvre présentée, ce retour à l’enfance marquant au contraire une pause nécessaire avant de poursuivre la route, on pourrait même utiliser là le terme souvent grossier de maturité pour qualifier pareil objet car Harry s’apprête à effectuer de profonds bouleversements dans son entourage artistique. Le titre de Randy NEWMAN, sis en fin de parcours, étant annonciateur de son futur projet lequel sera entièrement consacré au songwriter américain. Harry NILSSON ? Si ce sont les autres qui en parlent le mieux en faisant de ses chansons des tubes, lui est un chanteur qui saura faire beaucoup de bien à ses amis en les reprenant avec succès artistique –et quelquefois commercial- à la clé. En attendant il est conseillé à tous de se faire du bien en découvrant/redécouvrant sa voix merveilleuse comme les perles de rosée qui enchantent la nature les matins printanniers.

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   LONG JOHN SILVER

 
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1. The Puppy Song
2. Nobody Cares About The Railroad Anymore
3. Open Your Window
4. Mother Nature's Son
5. Fairfax Rag
6. City Life
7. Mournin' Glory Story
8. Maybe
9. Marchin' Down Broadway
10. I Guess The Lord Must Be In New York City
11. Rainmaker
12. Mr. Bojangles
13. Simon Smith And Amazing Dancing Bear



             



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