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Harry NILSSON - Aerial Ballet (1968)
Par LONG JOHN SILVER le 7 Avril 2015          Consultée 836 fois

Aerial Ballet
Le génie Oui Oui : Episode III

1968, Lennon et McCartney font leur coming out à l’occasion du lancement de leur label à la pomme : leur chanteur américain préféré se nomme Harry Nilsson. Du coup la presse se penche sérieusement sur le phénomène, tout le monde en parle. Suite à quoi RCA, l’heureux label qui détient la signature dudit phénomène, se plie en quatre et accepte de lui octroyer bureau personnel en son siège. Pourtant les ventes demeurent confidentielles. Harry quant à lui, ne chôme pas, son emploi du temps va se (sur)charger étant donné qu’il a plein de projets. A commencer par donner une suite au génial Pandemonium Shadow Show.

Aerial Ballet apparaît de prime abord comme étant le successeur naturel de ce dernier, cependant si les influences américaines et européennes se juxtaposaient sur le précédent album, ici elles se fondent pour ne faire qu’une. Le ballet aérien se dématérialisant par le biais de la voix enchanteresse de l’artiste qui se livre à quelques arabesques jazzy de toute beauté sur plusieurs titres. L’écriture demeure classieuse, les arrangements hyper chiadés, le style loufoque la plupart du temps. Harry reste un clown qui étale une large palette d’émotions qui vont de l’absurde à la mélancolie avec une poésie toute Chaplinienne, pour un rendu parfois burlesque, néanmoins toujours juste. Ce qui va suivre tient de l’orfèvrerie érigée en art.
Pourtant, la finalisation de ce disque va connaître un destin contrarié. Déjà, il est très court dès sa conception : 25 minutes. "Daddy’s Song", qui est la suite de "1941" est censée ouvrir le bal(let) mais elle ne figurera que sur les tout premiers pressages mis en circulation puis sera ôtée sur les réimpressions, les MONKEES ayant payé (très cher) des droits d’exclusivité sur ce titre qui doit figurer en bonne place sur l’album B.O du film Head qui arrive un mois après dans les bacs. La chanson attendra donc les éditions CD pour retrouver son rang. Soyons francs, les singes de la télé qui luttent pour leur indépendance artistique s’en tirent très bien avec "Daddy’s Song", aussi dès lors que comme moi, on a été habitué à la version remaniée/tronquée d’ Aerial ballet, trouver ce titre en ouverture perturbe. D’autant qu’il correspond moins que les autres à l’évolution de la musique de Nilsson.

Mais en réalité, c’est une pochade avec son piano bastringue qui ouvre le ballet en fanfaronnant. "My Old Desk" devenant de fait l’opening act de l’œuvre, morceau de pop sautillante 60’s au charme irrésistible qui unit le son british aux ambiances urbaines US sans verser une goute de sueur. Américanité qui s’affirme sur "Don’t Leave Me", avec une ingénuité confondante trouvant une apothéose portées par les vocalises virtuoses finales. "Mr Richland’s Favorite Song", de facture classic-pop contient toutes les idées du premier MIKA en 2’12, la classe sidérante en plus. Avec "Little Cowboy", totalement burlesque et empreinte de tendresse, Harry recycle une berceuse que lui chantait sa maman. Saugrenue au possible cette chanson flirte avec la face la plus déjantée du bonhomme. De quoi donner du grain à moudre à Vincent Furnier ou Mike Patton. "Together" est d’une évidence confondante, comme le message qu’elle contient. Certes Nilsson emprunte beaucoup aux BEATLES, il n’empêche ; ce qu’on entend maintenant on le retrouvera sur les meilleurs moments de Macca en solo. Et Lennon ira aussi à la pêche.

Mais le meilleur est à venir : "Everybody’s Talkin’", of course (à cheval)... Pourtant c’était pas gagné avec cette reprise de Fred NEIL. Je ne parle pas de la chanson (excellente), ni de son interprétation (ZE Version, c’est celle-là) pour ce qui deviendra un mégatube country/folk que tout le monde connaît sans savoir qui le chante, ça non. Je dis ça parce qu’à part flop, ça ne fait pas plus parler que ça dans les charts US en 1968. "I Said Goodbye To Me" qui lui succède est une valse lourde dans l’esprit rock, elle aborde le sujet du suicide en grandiloquence puis cède sa place à la reprise de "Little Cowboy", ce qui a pour effet de relativiser aussitôt l’aspect (faussement) plombant du thème précédent. "Mr Tinker" recycle le rythme et la mélodie de "Mr Richard’s…" sise en première moitié d’album, Harry Nilsson ne dédaignant pas développer ses idées sur plusieurs titres. La encore c’est réussi. Cet album est une forme de mise en abime, à la fois organique et élégiaque. Mais le clou du ballet aérien c’est "One", LA splendeur du disque. Les KORGIS y ont sans doute appris beaucoup de choses… "Everybody’s Got To learn Sometimes", ils le reconnaitront sans difficulté. Rien ne résiste à pareil enchantement.

Franchement, pourquoi risquer sa vie et celle des ses amis pendant trois films en trimballant un anneau à la con. Tu veux faire fondre du minéral ? Suffit de balancer "One" et tu fais chialer tous les rochers du Mordor, jusqu’au moindre petit caillou. En 2’50. Suite à quoi, tout pourrait sembler fade, pourtant Harry parvient à accomplir l’exploit de nous rattraper par l’épaule et de nous faire poursuivre en sa compagnie le vol imaginaire parce que "The Waiting Of The Willow", très suave, assure une transition parfaite vers "Bath", bouquet final primesautier parfaitement adapté pour clore en beauté une expérience aussi attractive que le ballet aérien qui vient de nous téléporter si délicieusement dans le cœur des 60’s psychédéliques. Comme sur Pandemonium Shadow Show, la pochade initiale est reproduite en fin de course. Soulignant l’aspect artisanal, dévoilant l’envers du décors qu’on démonte : une fois que c’est plié, que tout le monde est parti, il faut déjà penser à la prochaine étape.

1968 la suite.
Al KOOPER qui est tout sauf un imbécile (1) puisqu’il a commis « I Love You More Than You’ll Ever Know » reprend « One » sur son premier album solo. Et c’est fabuleux. Le Mordor n’a, à nouveau, AUCUNE chance.

1969 année stratégique.(part 2)
Les THREE DOGS NIGHT reprennent à leur tour « One » (bah…on les comprend), qui devient un gros succès. Mais le meilleur est à venir car John Schlesinger, un des happy few à avoir mordu à « Everybody’s Talkin’ », la prend pour son film Midnight Cowboy avec Dustin Hoffman en vedette. C’est LE Carton. Comme quoi.

Harry will be back. Very soon.


(1) Je risque de t’en causer assez vite vu que ma correspondance avec le courant techno-trans moscovite fin des early 90’s avec escale dans la période synth post-punk écossaise a été annulée faute de guide…

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   LONG JOHN SILVER

 
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1. Daddy's Song
2. Good Old Desk
3. Don't Leave Me
4. Mr Richard's Favourite Song
5. Little Cowboy
6. Together
7. Everybody's Talking
8. I Said Goodbye To Me
9. Little Cowboy
10. Mr Tinker
11. One
12. The Waiting Of The Willow
13. Bath



             



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