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METAL NOISE  |  STUDIO

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1990 Strap It On
1992 Meantime
1994 Betty
1997 Aftertaste
 

- Membre : Battles

HELMET - Strap It On (1990)
Par NOSFERATU le 2 Avril 2016          Consultée 1214 fois

Groupe oscillant entre différentes sonorités, celles toujours aussi décalées du noise rock, du metal alternatif et du post hardcore, HELMET devient, au fil des électriques « nineties », une sacrée référence.
Medford est un bled paumé et un certain Page Hamilton rumine son ennui, le seul échappatoire, le rock, et si possible bien fracassé, pour échapper à la léthargie du coin. Page s’initie à la gratte, une oreille sur le hard rock qui bat son plein durant les « seventies » et une autre, plus affinée, sur le jazz. Page déménage pour aller à la Grosse Pomme approfondir son intérêt croissant pour ce dernier à la très distinguée Manhattan School of music. Sauf que New York voit apparaître en cette fin des années soixante-dix des scènes bouillonnantes qui font table rase du passé « classic rock », celle agressive du punk (avec la fameuse scène du CBGB) et celle plus nihiliste de la « no wave » concentrée surtout dans le quartier du Lower East Side. Tout ceci marque profondément le jeune Page.
C’est dans ce dernier courant qu’Hamilton se sent le plus à l’aise à cause du côté déglingué des principaux groupes qui le composent (TEENAGE JESUS AND THE JERKS, DNA, JAMES CHANCE AND THE CONTORTIONS , SONIC YOUTH…). Il se lie ainsi avec le délirant chef d’orchestre GLENN BRANCA qui s’amuse à faire jouer plus de mille guitaristes à la fois ! Mais le démon du rock le rattrappe aussitôt. Il est par la suite au sein des noisy BAND OF SUSANS, mais là aussi il ne se sent pas trop à l’aise car il rêve de tempos « catchy ». Le projet prend forme : d’un côté, l’aspect arty/jazzy, de l’autre le heavy metal qui a bercé son adolescence tourmentée …
Page Hamilton monte son gang avec d’autres ravagés comme Henry Bogdan à la basse, Peter Mengede à la guitare qui secondera Page, et le jeune John Stanier (qui jouera plus tard avec les très expérimentaux BATTLES) à la batterie après avoir répété brièvement, d’après la légende, avec les rois du punk hardcore, POISON IDEA. Page ,lui, se charge de la guitare et des hurlements.
HELMET apparaît ainsi dans la scène underground de New York, attirant aussi bien des « metalleux », des fans de hardcore et de post punk décalé. Le groupe arbore de simples tee-shirts, avec jeans et baskets et porte des cheveux courts, un « look » minimaliste à la RAMONES, tradition locale oblige (les perfs et les crinières longues en moins). Le très cinglé Tom Hazelmyer les répère rapidement et les signe sur son label 100% bruit « Amphetamine Reptile Records » où pulullent des malades mentaux comme les COWS, HAMMERHEAD, JESUS LIZARD…. Un single abrasif et lancinant sort, Born Annoying, peu de temps après suivi du premier album Strap It On à l’orée des bruyantes années 90.
Le disque est tout de suite acclamé et incarne le génie novateur d’une sorte de heavy metal qui emprunte ainsi à la « new wave bruitiste » (KILLING JOKE, WIRE), au doom/sludge des MELVINS, au « noise rock » (UNSANE), au thrash de METALLICA, à la variété d’ANNIE CORDY (Euh,non, quand même pas !)…
Cette œuvre fondamentale est caractérisée par la répétition, (on dirait du STEVE REICH qui aurait appris le tempo d’un AC/DC !) marquée par des rythmes syncopés, des riffs de guitare staccato (brouing…brouing…brouing), dans une ambiance heavy, le tout joué dans une clé mineure de Ré ou de Do. Les guitares sont dissonantes à souhait, avec en haut du panier le très violent « murder » (qui donne envie de massacrer des djihadistes au lance flammes !) et le martial «sinatra ». Ceux qui rêvent de solos démonstratifs peuvent prendre la porte, merci… Ici, tout repose sur une rythmique qui ne fait pas de quartier.
Page Halmiton, qui braille tout le long à la Jaz Coleman, s’impose alors comme un « gratteux » totalement révolutionnaire. On peut affirmer, sans crainte, qu’il y a un avant et un après « strap it on » dans l’histoire du rock dur.

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- Page Hamilton (chant, guitare)
- Henry Bogdan (basse)
- Peter Mengede (guitare)
- John Stanier (batterie)


- repetition
- rude
- bad Mood
- sinatra
- f.b.l.a.
- blacktop
- distracted
- make Room
- murder



             



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