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- Style + Membre : Fleetwood Mac

Mick FLEETWOOD - The Visitor (1981)
Par MARCO STIVELL le 14 Août 2016          Consultée 918 fois

En pleine apogée de FLEETWOOD MAC, le bon roi Mick Fleetwood décide de faire une petite pause et s'en va faire un tour en Afrique. Au Ghana, surtout, ce pays qui se dessine entre le Togo et la Côte d'Ivoire sur la côte ouest du continent, petit à l'échelle de l'Afrique mais aussi grand que deux fois le Portugal, ou presque.

Le pays ibère est justement le premier européen à y avoir posé le pied, un peu avant la Renaissance, les dérives de l'esclavage et tant d'autres choses que les Hollandais puis les Anglais entretiendront par la suite. Le Ghana n'a pourtant pas une histoire aussi sanglante que le Zimbabwe, l'Afrique du Sud ou l'ex-Zaïre, même pendant sa décolonisation. Ancien premier producteur mondial de cacao, il est également cité parmi les meilleurs exemples du continent africain en termes de développement humain et industriel. Comme ailleurs sous ces latitudes, il y a toujours mieux à espérer bien sûr.

En tout cas, notre ami Mick s'y plait beaucoup, et décide tout bonnement d'y enregistrer un album, son premier en solo, à l'orée de la nouvelle décennie. À Accra, capitale du Ghana, FLEETWOOD fait venir de nombreux musiciens dans les studios principaux de l'audiovisuel. Des amis anciens et nouveaux, des Anglo-Saxons et des Africains. C'est une réunion fraternelle, et le climat participe beaucoup à la qualité de ce disque, The Visitor, publié à la moitié de l'année 1981.

Pour commencer chaque face du vinyle, Mick rappelle qu'il est le batteur de FLEETWOOD MAC, le vrai, à savoir le vieux ET le récent, une entité hybride qui conserve quelques liens (le blues, pur ou pop), n'en déplaise aux sceptiques. Surtout, le musicien se contrefiche des guéguerres de bas étage, il était là depuis le départ et il a aimé faire tout cela.

Tant qu'à faire, pourquoi bouder son plaisir en refusant de faire venir un certain Peter Greenbaum, mieux connu sous le nom Peter Green, guitariste et chanteur des débuts de son groupe ? Le héros blues-rock des années 60 a passé une décennie bien difficile, après s'être perdu dans les abus de la drogue. Il refait surface, apparaît furtivement sur le dernier FLEETWOOD MAC en date (Tusk, 1979) et publie un album par an jusqu'au milieu des années 80.

Plus ou moins d'attaque, donc, lui et son vieux complice, le batteur géant, offrent en ouverture une reprise inattendue de "The Rattlesnake Shake", morceau mineur de l'album Then Play On (1969), plutôt fidèle mais bien, bien meilleure. Malgré le chant fragile de Green, la profusion de guitares (le héros est de retour !) mêlée aux violoncelles et aux percussions africaines, c'est, à peu de détails près, du niveau de ce que fera LED ZEPPELIN en concert, une dizaine d'années plus tard.

Avant la déferlante d'oeuvres "grand public" de la décennie 80 et le début d'une classification "world-music", The Visitor propose une fusion des genres tout à fait soignée, en conservant tout le caractère spontané de la chose. Beaucoup de morceaux commencent et se terminent en fondu, ou alors brusquement, pour souligner l'esprit "rencontres", la brièveté de moments joyeux et festifs. Quand on écoute les funky "Super Brains" et "The Visitor", instrumentaux relevés par la présence de cuivres ou de synthétiseurs, on se dit que SANTANA a rarement fait aussi bien ! On pense encore à lui pour le dernier morceau, "Amelle...", une très jolie ballade vaporeuse.

Mick FLEETWOOD, grâce à la présence du magicien Richard Dashut, est certain de bénéficier d'une production de luxe et en particulier sur sa batterie, comme sur les derniers disques de FLEETWOOD MAC. Il y utilisait d'ailleurs déjà pas mal les percussions, congas, bongos etc. Autant dire qu'il se fait énormément plaisir ici, avec Lord Tiki comme membre permanent de son groupe et, pour "O' Niamali", le concours des enfants d'EBAALI GBIKO, également chanteurs.

C'est un régal ! Les musiciens du "band", Mick, Lord Tiki, Todd Sharp et George Hawkins jouent des chansons superbes, "Cassiopeia Surrender" au rythme hypnotique, "You Weren't in Love", "Amelle..." et "Don't Be Sorry". De la pop 24 carats, pas encore trop connotée 80's et à laquelle divers invités viennent apporter des couleurs vives.

On a le groupe ghanéen ADJO, on a Andrew Powell (ces cordes, monsieur !) et Ian Bairnson du ALAN PARSONS PROJECT, on a une reprise excellente de Buddy HOLLY avec le rhythm'n'blues "Not Fade Away". On a encore Master George Harrison, l'ex-BEATLES, pour l'autre reprise de FLEETWOOD MAC, récente cette fois, "Walk a Thin Line". Excusez du peu ! Le morceau perd de sa folie Buckinghamesque pour gagner en cool attitude, et c'est très beau.

Bref, ce n'est pas un chef-d'oeuvre, peut-être que certaines ambiances auraient pu être développées davantage sur les morceaux instrumentaux. Dans l'ensemble néanmoins, The Visitor reste une belle surprise, carte postale fort sympathique d'un grand musicien, en taille et en talent, qui bosse même en vacances.

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   MARCO STIVELL

 
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- Mick Fleetwood (batterie, percussions)
- George Hawkins (chant, basse, claviers)
- Todd Sharp (guitares)
- Lord Tiki (congas)
- + Ebaali Gbiko (percussions et choeur d'enfants)
- The Ghana Folkloric Group
- Superbrains (ensemble de cuivres)
- Adjo Group (choeurs)
- Peter Greenbaum (chant, guitare)
- George Harrison (guitares, chant)
- Sara Recor (choeurs)
- Ian Bairnson (guitares)
- Mike Moran (synthétiseur prophet 5)
- Andrew Powell (arrangements des cordes)


1. Rattlesnake Shake
2. You Weren't In Love
3. O' Niamali
4. Super Brains
5. Don't Be Sorry, Just Be Happy
6. Walk A Thin Line
7. Not Fade Away
8. Cassiopeia Surrender
9. The Visitor
10. Amelle (come On Show Me Your Heart)



             



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