Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Fair Warning
- Style + Membre : Uli Jon Roth , Scorpions

ELECTRIC SUN - Fire Wind (1981)
Par GEGERS le 24 Janvier 2017          Consultée 367 fois

En premier, surgit le vent. En bourrasques, violentes, imprévisibles. Puis, c'est au tour de la neige. Dans un premier temps, les flocons volettent, semblent danser dans cette ambiance glaciale. Puis, au fur et à mesure qu'ils grossissent, l'horizon se bouche, pour ne devenir qu'un voile opaque sur lequel les cieux semblent déverser sans discontinuer leur envie de recouvrir tout ce qui vit sur terre d'un voile blanc. Minéral ou animal, tout semble disparaître sous une couche harmonieuse d'eau devenue solide.

Et puis le silence.

J'aime le silence qui succède à une longue et intense averse de neige, ce moment où, à l'exception du crissement des pas, plus rien ne se fait entendre. Les humains restent chez eux, les véhicules ne peuvent plus passer, et seuls quelques oiseaux téméraires osent encore chanter en plein coeur de l'hiver. "And then there was silence", nous dit Uli Jon Roth en ouverture de sa réinterprétation des 4 Saisons de VIVALDI (l'album Metamorphosis, en 2004).

Si le silence est rare, un album de la trempe de Fire Wind l'est tout autant. Pourtant, ce deuxième album d'ELECTRIC SUN est le contraire parfait du silence. Rien que son titre, "Le Vent de Feu". Peut-on envisager plus sonore, plus enveloppant, plus effusif, que des bourrasques de flammes ? La pochette de l'album, réalisée par la compagne d'Uli, Monika Danneman, évoque également le bruit et la fureur : les cascades, le tonnerre, et la Stratocaster du virtuose. Car bien sûr, la musique est à l'avenant. Après avoir créé les bases de son univers au sein des SCORPIONS, Uli Jon Roth a enfin pu s'affirmer sans contraintes sur "Earthquake". Deux ans plus tard, et tandis que son ancien groupe connaît alors un drame (la perte de voix de Klaus Meine), le guitariste confirme ses envies d'exploration par le biais d'un nouvel album encore plus flamboyant et audacieux que son prédécesseur. Plus mélodique également, et c'est ce qui en fait sans doute sa richesse.

Fire Wind est un album intense, une démonstration complètement débridée du talent d'Uli Jon Roth. Bien sûr, ce dernier est au chant, ce qui peut rebuter certains auditeurs. Mais si Uli aime déclamer ses poèmes, il sait également se taire pour laisser parler sa guitare, le moyen de communication qui lui rend sans-doute le plus justice. Si sur "Indian Dawn", qui reprend le riff de "Whole Lotta Love" de LED ZEPPELIN, le maestro fait un clin d'oeil à certaines de ses influences, cet album reste avant tout une réalisation très personnelle du guitariste. Globalement plus énergique que son prédécesseur, et plus homogène (pas ici de récitation éthérée de poème comme sur "Lilac"). Le morceau "Fire Wind", à l'image du morceau "Electric Sun", sert avant tout à enrichir la mythologie qu'Uli tente de construire autour de son univers. Les éléments en sont au coeur. Il y est question d'explosions, de sauveur ailé, d'universalité, le tout emballé dans un riff d'une énergie décoiffante et agrémenté bien entendu de soli qu'il serait insultant de décrire tant ils se font éblouissants et d'une richesse mélodique déconcertante.

Tout cela est riche en ambiances et en motifs mélodiques de grande classe. Si Saint-Jean nous dit "Au commencement était le verbe", on a plutôt envie de penser qu'au commencement était la musique, tant l'intensité qui règne sur cet album prend des airs d'explosion originelle. Le morceau final, "Enola Gay - Hiroshima Today ?", découpé en quatre mouvements inspirés par le bombardement de la ville japonaise en 1945, est avec ses 10 minutes un morceau de bravoure qui cristallise toute l'audace du guitariste. Si Uli se fait également très convaincant sur des formats plus courts ("Cast Away Your Chains", "Just Another Rainbow et sa superbe introduction), c'est bien sur ce morceau-fleuve que le bonhomme semble se réaliser pleinement. Certains morceaux plus calmes, notamment "Chaplin and I" qui voit le maestro troquer sa Fender pour une délicate guitare acoustique, viennent compléter le tableau, ou plutôt ce big-bang, avec brio.

Un musicien n'aurait pas assez de notes, un peintre pas assez de couleurs, et un chroniqueur pas assez de mots pour retranscrire la beauté à la fois pure et très élaborée qui transparaît sur ce Fire Wind dont la richesse est encore aujourd'hui, plus de 35 ans après sa sortie, inégalée. Voici le chef-d'oeuvre d'Uli Jon Roth, l'album à acheter si vous ne deviez en posséder qu'un. Avant que, le déchaînement terminé, on s'en retourne écouter le silence.

A lire aussi en HARD ROCK par GEGERS :


KINGDOM COME
Hands Of Time (1991)
One-man-band collaboratif




SCORPIONS
Forever And A Day (2015)
100 minutes pour 50 ans


Marquez et partagez





 
   GEGERS

 
  N/A



- Uli Jon Roth (guitare, chant)
- Ule Ritgen (basse)
- Sidhatta Gautama (batterie)


1. Cast Away Your Chains
2. Indian Dawn
3. I'll Be Loving You Always
4. Fire Wind
5. Prelude In Space Minor
6. Just Another Rainbow
7. Children Of The Sea
8. Chaplin And I
9. Enola Gay (hiroshima Today ?)
- a) Enola Gay
- b) Tune Of Japan
- c) Attack
- d) Lament



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod