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Gibson, le rock, le rap et les musiques des "dominés"
Par STREETCLEANER
Le 20/07/2018
Le 03 Septembre 2018 par GRINCHISATOR

Un peu en retard, mais la chute de Gibson, et accessoirement celle de "Fendard", sont effectivement assez simple: les instruments sont devenus d'une qualiée relativement médiocre, sortent de l'usine a 300 dollars et par le jeu des grossistes arrivent chez le marchand a 3000 euros… Alors qu'il est maintenant possible de trouver facilement des luthiers qui fabriquent des instruments vraiment valables a partir de 1000 boules, voir moins, souvent sur-mesure. Aucun marketing, de plus, aucune pub massive, et les sous vont directement dans leur poche.
PS: Désolé pour les accents, j'utilise un clavier allemand.


Gibson, le rock, le rap et les musiques des "dominés"
Par STREETCLEANER
Le 20/07/2018
Le 06 Août 2018 par STREETCLEANER

@Dark Schneider
Un édito n'a pas pour but d'approfondir une question, cela ne peut être un article de fond qui n'aurait pas sa place ici de toute façon; ceci étant il y a bien un lien en filigrane entre ces thèmes. Ensuite il s'agit de questionnements, d'ouvrir quelques réflexions, y compris celles de contradiction comme la tienne. Ce qui est important dans les réactions n'est pas tant ce que l'on pense mais pourquoi on le pense.


Gibson, le rock, le rap et les musiques des "dominés"
Par STREETCLEANER
Le 20/07/2018
Le 06 Août 2018 par DARK SCHNEIDER

En partant trop dans tous les sens (Gibson, Rap, musique de dominés etc) cet édito n'approfondi pas grand chose.

Concentrons nous sur un sujet à la fois, plutôt que de tout mélanger.
La guitare donc, et la soi-disante faillite de Gibson. Alors déjà, concernant cette fameuse marque, ce qu'il faut bien comprendre c'est que les difficultés actuelles ne sont pas tant liées à un tassement (certes réél) des ventes de guitares qu'à de mauvais choix stratégiques qui durent depuis beaucoup trop longtemps. Mêmes les adorateurs de la marque reconnaissent que celle-ci est très mal gérée. Il y a quelques années Gibson a racheté Philips pour se postionner sur le marché audiophil de moyenne-gamme (donc rien à voir avec les ventes de guitares), et c'est cette activité là qui a totalement plombé le groupe. On ajoute à cela que depuis plus d'une décennie la qualité des guitares Gibson est très critiquée, le rapport qualité/prix est un des pires du marché, pour exemple il y a quelques années ils avaient même eu l'idée de mettre en vente des stratocaster Hendrix en pack débutant.. ça aurait été l'échec assuré. Bref, Gibson est une boite géré avec les pieds, pas aidé non plus par le fait que son public est des plus conservateurs, donc peu récpetifs à l'innovation. Et cette manie de sortir une nouvelle gamme de guitare tous les ans, tout comme Fender d'ailleurs, alors qu'il est évident que le public ne peux pas suivre...

Quant à ce tassement des ventes, il faut absolument relativiser. Car ce marché, quand on s'y intéresse vraiment, on se rends compte très vite qu'il est très loin d'être à l'agonie. Il n'y a jamais eu autant de marques de guitares (Gibson et Fender sont loin d'avoir autant d'hégémonie que par le passé, même en comptant les autres marques dont elles sont propriétaires, comme Jackson pour Fender), l'offre est beaucoup plus variée, on pourrait meme évoquer le cas des contrefaçons chinoises : si ils font ça, c'est que c'est rentable. Et l'autre indicateur évident, c'est le marché de l'ampli et des multi-effets, dont l'évolution est absolument considérable, surtout depuis la révolution numérique et les amplis à modélisation. Beaucoup d'appareils qui facilitent grandement le jeu à domicile (notamment en appartement). Il faut également évoquer le marché de l'occasion qui a explosé durant les années 2000 grace à ebay puis Le Bon coin, facilitant grandement les reventes là où avant ça passait par le bouche à oreilles et des annonces payantes dans des journaux. Il y a certes les magasins en souffrance, mais c'est parceque leur vente sont absorbés par les sites en ligne. Je ne suis pas sûr que les luthiers indépendants soit eux en difficulté.

Enfin, le phénomène guitar héro. Il est évident que le guitar héro n'a plus aucun espace médiatique. En France, le seul soi disant guitar héro adoubé par les grands médias c'est M... Mais bon dans notre pays on a jamais rien compris là dedans. On continue donc à nous citer sans arrêt Hendrix et Clapton... des références trop anciennes. De là à dire qu'il n'y a plus rien.. C'est carrément le contraire en fait ! Du guitare héro, y'en a foison, c'est juste que c'est devenu un truc de connaisseurs. Il suffit de voir le niveau actuel des jeunes guitaristes : il n'a jamais été aussi élevé. Allez au Japon : là-bas, c'est le culte du shred. Sans même parler de l'essor de certains styles très techniques comme le Djent ( qui explique d'ailleurs grandement les ventes assez importantes de guitares 7 cordes et carrément 8 cordes)..
J'étais tombé sur une étude il y a quelques mois sur la pratique musicale, et les chiffres ne montraient aucun tassement de la pratique d'instrument en France et ailleurs. D'ailleurs, autour de chez moi toutes les écoles de musique font le plein. Donc oui oui, y'a encore des jeunes qui ont la patience d'apprendre 8 accords par jour, sur une guitare ou un piano. On pourrait même évoquer le phénomène des guitaristes-youtubeurs.

Donc bref, vous l'aurez compris, je ne partage vraiment pas du tout tout ces constats alarmistes suite aux difficultés de Gibson. C'est juste un retour à la réalité : la guitare a toujours été un marché de niche (sauf peut-être au USA, où ça a vraiment été ancré dans leur culture).

Quant à la musique écoutée par l'ado moyen de nos jours, qu'il soit de banlieue ou de commune rural : bah oui, il écoute de la merde auto-tuné et nous en fait profiter salement avec son smartphone. Et tout est très uniformisé. Mais franchement, je ne vois pas trop ce que ça change par rapport à mon époque ou tous mes camarades de collège écoutaient de la Dance... A côté de ça, les festivals de musique n'ont jamais aussi bien marché, et notamment les fest Metal... alors franchement, pas de quoi s'affoler. 80% (90 ?) des gens se moquent de la musique de toute façon...


Gibson, le rock, le rap et les musiques des "dominés"
Par STREETCLEANER
Le 20/07/2018
Le 21 Juillet 2018 par CHIPSTOUILLE

Ce qui me choque le plus dans la faillite de Gibson, c'est qu'on a encore là un exemple d'entreprise incapable de faire face à une diminution de ses ventes. 1 millions de guitares électriques par an, il y a encore un sacré gâteau à se partager, non? Ce n'est pas comme la crise de l'appareil photo argentique qui a logiquement fait couler Kodak.
A mon avis, il faut plus voir dans cet évènement l'incapacité du libéralisme/capitalisme à gérer une décroissance (voire parfois même une stabilité). Cette décroissance est avant tout le signe d'un marché saturé. On ne consomme pas des guitares électriques comme on consomme des pneus de voiture. Un instrument de musique, ça se garde, ça se revend aussi...

En 2018, il n'y a jamais eu autant de guitares électriques en circulation dans le monde.

Certes, une bonne partie prend peut-être la poussière dans des garages ou des greniers... Et ça ne change rien au reste de l'analyse que je trouve en effet pertinente, mais je pense que la guitare électrique a encore de beaux jours devant elle. Les modes changent.

Sinon, je reviens également sur cette phrase: "Le rap fut par ailleurs presque immédiatement phagocité et ingéré par le capitalisme."
Je suis loin d'être expert en la matière, mais si j'en crois le documentaire "Hip-hop Evolution" sorti sur Netflix il y a 2 ans, il a bien fallu 5 ans entre les débuts du rap et la sortie du premier single "Rapper's Delight" de SUGARHILL GANG en 1979, alors que le genre était déjà très codifié. D'après les interviews, ça a même brisé un tabou en quelque sorte. Le rap était vu comme un genre exclusivement live. Bien sûr il y avait des tas de cassettes bootlegs qui circulaient bien avant la sortie des premiers singles et albums. Mais dire que le genre a rapidement été phagocité par le capitalisme, ça me semble contradictoire avec ses origines. D'ailleurs l'un des évènements fondamentaux de la prolifération du genre est une coupure de courant à New York qui a provoqué une vague de cambriolage de boutiques vendant des platines...
C'était l'opposé du capitalisme, qui s'est vachement bien rattrapé depuis, certes.


Gibson, le rock, le rap et les musiques des "dominés"
Par STREETCLEANER
Le 20/07/2018
Le 20 Juillet 2018 par AZER

Le rock n'a jamais été une musique de "dominés", sociologiquement parlant (tant on parle de catégories somme toute très caricaturales); les Beatles ne jouaient certainement pas tant pour des révolutionnaires opprimés que pour des masses brassant les classes moyennes et bourgeoises (on se remémorera de Lennon scandant : "Pour notre prochain titre, est-ce que les gens installés dans les places les moins chères peuvent taper dans leurs mains ? Et tous les autres, agitez vos bijoux ! "), le rock progressif se destinait avant tout à un milieu d'intellectuels et d'étudiants...le rock n'est devenu revendicateur qu'avec la fin des années 70, la vague "do it yourself" prêchant effectivement un "retour" (tant le terme est relatif) à la spontanéité, la simplicité et, en un sens, la superficialité.

Le cas du rap est différent, tant il est issu d'un carcan éthnique et social bien précis; il est très vite devenu l'étandard revendicateur d'un milieu aux catégories sociales, ethniques et géographiques bien précises, comme en témoigne la concentration de n-word (le mot dont les américains non noirs ne peuvent prononcer le nom) dans les paroles; tout du moins était-ce le cas à l'origine du mouvement.

Le rap fut par ailleurs presque immédiatement phagocité et ingéré par le capitalisme; de par sa vulgarité et son matérialisme revendiqué, le rap avait tout pour lui pour séduire une très large audience jeune, fascinée par cet univers à l'apparence contestataire et fantasmatique. Les années 90 étaient déjà dominées par des projets montés de toutes pièces par les majors, tendance qui ne s'est que raffermie par la suite. La dématérialisation des supports et la disparition progressive des instruments aux profits de producteurs n'a que facilité le travail des maisons de disques, qui peuvent ainsi d'épargner de se montrer trop regardant quant aux capacités musicales et techniques des "artistes" distribués sur le marché. Récemment, POST MALONE est l'exemple criant d'un produit fabriqué de A à Z comme il en existe des centaines. La modernité a ceci en commun avec les régimes totalitaires qu'elle cherche à ingérer l'ensemble des champs d'activités de la vie politique et culturelle; un objet culturel est défini par sa durée et non sa fonction - si l'art devient un loisir et un objet de consommation, il perd son caractère intemporel et son statut d'objet culturel.



Chez Long John Silver
Par MARCO STIVELL
Le 25/03/2018
Le 27 Mars 2018 par LONG JOHN SILVER

Un concert tout simplement magique. De très belles choses sont à venir à l'Or@nge Amer, plus d'infos sur ce site, au fur et à mesure, avec en Avril deux événements les 14 et 21.


Les victoires de la musique 2018
Par BAKER
Le 26/02/2018
Le 13 Mars 2018 par BAAZBAAZ

Hé bien moi j'avais passé une bonne soirée devant ma télé ce soir-là. Que des bonnes chansons.

On devrait appeler cela "Les victoires de la vraie musique".


Les victoires de la musique 2018
Par BAKER
Le 26/02/2018
Le 26 Février 2018 par HEART OF STEELE

Merci pour ce long délire post-constructif. Cela fait déjà bien longtemps que la santé psychique de votre serviteur a été purement atomisée dans la galaxie du Vide Nonchalant du Mauvais Gout (un nom un peu long pour citer la galaxie de la Merde Musicale). Bref, c'est fendard. Surtout quand on est fan de STAR TRIQUE comme moi...


Référendum 2017
Par GEGERS
Le 14/01/2018
Le 14 Février 2018 par ERIC

Déconnez pas je viens de vous découvrir !


Référendum 2017
Par GEGERS
Le 14/01/2018
Le 14 Février 2018 par GNAP

*A priori l'île d'Iona c'est plutôt au large de l'Ecosse, en face de l'île de Mull.


Référendum 2017
Par GEGERS
Le 14/01/2018
Le 21 Janvier 2018 par LAHBARI

Keep going FP! le shutdown n'est pas pour vous!
trop de plaisir à vous lire et à faire de nouvelles découvertes!



Johnny
Par MARCO STIVELL
Le 08/12/2017
Le 12 Décembre 2017 par MARCO STIVELL

Merci beaucoup pour vos retours aimables et vos partages d'impressions, toujours passionnants.
Cet édito est le message que j'avais écrit le matin même sur ma page Facebook, il est donc plutôt personnel, mais je n'ai pas eu la force d'écrire quelque chose de plus détaché et solennel, étant alors sous le choc (et à vrai dire, c'est toujours un peu le cas !).
Il est évident qu'un départ comme celui-là, pour tout ce qu'il représente, ne se laisse pas accepter facilement.
Bien à vous.


Johnny
Par MARCO STIVELL
Le 08/12/2017
Le 11 Décembre 2017 par MUNDT

Merci Marco pour cet authentique édito. A ta liste tubesque, j'aimerais rajouter un morceau immortel et hors catégorie. Il s'agit du "Chant des Partisans" , second titre d'un EP paru en 1998. Si "Le Chant des Partisans" est bien connu, l'interprétation de Johnny est flamboyante, déclenchant une émotion intense. Bien loin des tubes, un de mes titres préférés du Jojo. Peut-être peux-tu en dire quelques mots ? Bien cordialement.


Johnny
Par MARCO STIVELL
Le 08/12/2017
Le 09 Décembre 2017 par PHILIPPE

Merci Marco pour ton édito et tout le travail abattu sur la discographie de Johnny.
Moi aussi sans être fan, je suis touché par la disparation d'un personnage et d'un artiste qui a presque 60 ans de carrière ! 60 ans c'est juste fou.

Mes premiers souvenirs de Johnny remonte à la fin des années 70 et début des années 80 lorsque le week-end nous écoutions RTL , l'émission "stop ou encore" ... des chansons comme Ma gueule, que je t'aime, j'ai oublié de vivre ou Gabrielle...

Un peu plus tard, ce sera l'émission TOP 50 sur canal et Europe 1 , avec Le chanteur abandonné, quelque chose de Tennessee ou Je te promets ...

Merci Mr Smet... on a partagé de bons moments ensemble depuis toute ces années !


Johnny
Par MARCO STIVELL
Le 08/12/2017
Le 08 Décembre 2017 par MR LARSEN

Merci Marco d'avoir rendu hommage - à ta manière - à ce bon vieux Johnny. Tu as abattu un énorme travail pour chroniquer toute la discographie de "L'idole des jeunes", c'est presque triste de le conclure par cet édito pour sa mort, mais bravo quand même et merci.
Enfant des années 1990, j'ai plus connu le Jojo d'"Allumer le feu", "Vivre pour le meilleur" ou "Marie". Je n'étais pas spécialement fan donc, mais j'aimais parfois à me refaire un titre ou deux ; étonnamment, ma préférence s'établissait finalement le plus souvent sur la période allant de la seconde moitié des 70's ("J'ai oublié de vivre", "Elle m'oublie") et bien sûr vers les hits des 80's ("Quelque chose de Tennessee", "L'Envie", "Mirador"). Forcément, ces titres refont surface aujourd'hui, à l'annonce de sa disparition. Avec le désagréable sentiment qu'on n'entendra plus cette voix caractéristique du rockeur au grand cœur. Dommage.
Salut l'artiste !

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