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COMMANDER CODY - Lost In The Ozone (1971)
Par LE KINGBEE le 26 Octobre 2017          Consultée 904 fois

Voici le premier disque de Commander Cody paru en 1971. Je me rappelle encore chez quel disquaire parisien j’avais déniché cette curiosité. Je me souviens aussi de la réflexion du vendeur : un groupe de cul terreux, sans intérêt. Cet ignare n’était là qu’en remplacement et ne fera pas long feu. On ne rigolait pas chez Pygmalion. Je ne connaissais pas le groupe, mais c’est la pochette… j’hésite entre hideuse et croquignolesque qui a fait que le disque atterrisse dans ma besace.

Revenons brièvement sur ce groupe phare des années 70, notre collègue Bayou évoque le groupe dans plusieurs articles et le parcours du groupe figure dans la chronique du « Live In San Francisco 1971 ».

Alors au départ, George Frayne, un organiste encore étudiant et son pote John Tichy se sont spécialisés dans les happenings. Les deux musiciens en herbe évoluent sous diverses combinaisons : Pat The Hippie Stippie, les Tap Dancing Green Sisters ou encore les Galactic Twist Queens. Non … vous avez bien lu, des groupes aux noms aussi loufoques qu’excentriques, mais des groupes rompus à la scène de Detroit et à la « déconnade ». Les arrivées du chanteur harmoniciste Billy C. Farlow issu du Blues de l’Arkansas et du guitariste Bill Kirchen changent la donne. Les quatre hurluberlus prennent la décision de combiner leur amour du Western Swing et du Hillbilly au Blues et aux exigences Rock du moment. Pendant trois ans le groupe tourne abondamment sur tout le territoire. Ces concerts incessants permettent à la formation de se faire les dents auprès de nombreux publics dans une décontraction absolue. Rien que par son nom de scène, le groupe n’inspire guère au sérieux. Ces grands enfants sont fans du film « The Lost Planet Airmen », un nanar tourné en 1952 par la firme Republic Pictures et la série télé « King Of The Rocket Man » dans laquelle Commander Cody est le sheriff de l’univers.

Mais ce groupe atypique allait frapper fort dès son premier disque. Remarqué par Bob Cohen, un jeune guitariste producteur débutant, Commander Cody et sa bande signent un premier contrat avec la Paramount et vont enregistrer au Pacific High Recording Studio de San Francisco. Le studio d’enregistrement commence à se faire un nom, Van Morrison, Quicksilver Messenger Service, It’s A Beautiful Dead y trainent leurs guêtres et Grateful Dead y a enregistré « Workingman’s Dead ». Alors qu’on est en plein ère psychédélique et Acid Rock, ce groupe de « bouseux déconneurs » prennent des allures d’extraterrestres. Paramount édite deux singles et « Hot Rod Lincoln » grimpe contre toute attente à la 9ème place des classements US, se vendant à plus d’un million d’exemplaires. L’album va connaitre un succès similaire aussi bien auprès du public hippie californien que des amateurs de Country, malgré une pochette en marge et décroche une honnête 82ème place au Billboard.

Histoire de bien montrer que l’octet est bien en marge des modes et tendances du moment, c’est avec un boogie Hillbilly Rock que s’ouvre le disque. « Back To Tennessee » tient autant de Charlie Feathers que de Moon Mullican, du pur boogie péquenaud dans lequel George Frayne se livre à une démonstration de piano, le chant de Billy C. Farlow et le fiddle d’Andy Stein venant en contrepoint. Outre le morceau d’ouverture, le groupe nous offre cinq originaux (« Wine Do Yer Stuff », « Seeds And Stems (Again) » une ballade nostalgique avec pedal steel, « Daddy’s Gonna Treat You Right », l’impayable et énergique « Lost In The Ozone » et « What’s The Matter Now ? ») dans lesquels on retrouve toutes les influences pour un patchwork mêlant Western Swing, Hillbilly et ballades.

Le choix des reprises s’annonce judicieux oscillant entre grands classiques et inusités. Commander Cody revisite à sa sauce « Family Bible », gros succès de Claude Gray, dans une sorte de honky tonk qui nous donnerait presque la larme à l’œil. On est loin ici des versions pathos de Georges Jones, Connie Francis ou Pat Boone. Peut être l’une des meilleures reprises du titre avec celle de Johnny Cash. Du Country Gospel revu et corrigé. Belle reprise de « Midnight Shift », compo de Luke McDaniel popularisée par Buddy Holly, dans une version ou Rock n Roll, Blues et Western Swing s’entrecroisent. Morceau fort rien que pour le chorus: « If you see old Annie better give her a lift- Cause Annie's been a-working on a midnight shift ». Rien à voir avec l’insipide version des Hollies. Superbe reprise de Ronnie Self, l’un des dieux du Rock n Roll injustement oublié, avec « My Home In My Hand » (aucun lien avec le titre homonyme de Foghat), une vraie pièce de Rock gorgée de zestes bluesy. L’auditeur peut se remuer avec « 20 Flight Rock » immortalisé par Eddie Cochran, dans une version ou le saxophone et la guitare de Bill Kirchen se tirent la bourre. Place au boogie piano avec « Beat Me Daddy Eight To The Bar », un vieux morceau de swing boogie-woogie des années 40 popularisé par Glenn Miller, les Andrew Sisters et le pianiste Freddie Slack. Enfin terminons par leur plus gros carton « Hot Rod Lincoln », œuvre de Bill McCall patron du label 4 Star, fortement inspirée du « Hot Rod Race » d’Arkie Shibley & his Mountain Dew Boys. Là, toutes les influences du groupe se retrouvent entre Western Swing, truck song et boogie rock. Le titre sera repris maintes fois (Pat Travers, Asleep At The Wheel) mais on reste attaché à l’intro imparable de Billy C. Farlow: « My Pappy said: Son, you’re gonna drive me to drinkin’ if you don’t stop drivin’ that Hot Rod Lincoln ». Les bolides, l’amour, la baston et la bibine sont bien les mamelles du Rock n Roll et du Hillbilly. Dernière précision, les trois derniers titres proviennent de séances Live captées à Berkeley et Ann Arbor. Paramount ayant semble t-il jugé le disque trop court.

Sous leurs allures de fêtards, les différents membres de ce 8 pieces band s’avèrent d’excellents musiciens rompus au groove du Rock et de la Country. Pour les fondus d’étiquettes, il reste à savoir où classer ces énergumènes. Pour plus de compréhension ce disque sera rangé dans le rayon Country.

Cette chronique est dédiée à Billy Chapman Farlow.

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- Bill Kirchen (guitare, chant)
- Billy C. Farlow (chant, harmonica)
- John Tichy (guitare)
- Buffalo Bruce Barlow (basse)
- Lance Dickerson (batterie)
- Steve Davis (pedal steel)
- Andy Stein (fiddle, saxophone)
- George Frayne (piano)


1. Back To Tennessee.
2. Wine Do Yer Stuff.
3. Seeds And Stems (again).
4. Daddy's Gonna Treat You Right.
5. Family Bible.
6. My Home In My Hand.
7. Lost In The Ozone.
8. Midnight Shift.
9. Hot Rod Lincoln.
10. What's The Matter Now?
11. 20 Flight Rock.
12. Beat Me Daddy Eight To The Bar.



             



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