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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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The DOORS - Strange Days (1967)
Par BAKER le 12 Décembre 2019          Consultée 365 fois

Il fut une époque où les groupes sortaient deux disques par an. Une période assez sensiblement datable : 1962-1972, grosso merdo. Et beaucoup de musicophiles (et logues) vous diront que, comme par hasard, c'est la décennie où le flow créatif a été le plus puissant, jaillissant tel des geysers islandais. Pas forcément faux. Qu'on aime tout, rien ou partie, il faut reconnaître qu'à l'époque, pléthore de sorties ne signifiait pas forcément albums bâclés. Il y avait tout à construire, tout à tenter. Et ce n'est rien de dire que le second album des DOORS, arrivant quelques petits mois après le remarqué, mais inégal, premier opus, n'a rien de fond de tiroir sorti à la va-vite. Ce serait même le meilleur album du groupe que ça m'étonnerait pas.

Le studio était meilleur, le groupe plus soudé, les compositions plus matures, et le résultat ne se fait pas attendre : dès l'intro du premier titre, on est emporté dans un tourbillon parfaitement maîtrisé par un Ray Manzarek déchaîné. La version deluxe offre d'ailleurs un 5.1 fantastique qui permet de mieux apprécier la production : Strange Days, l'album, mais aussi le titre, c'est avant tout du psychédélisme. Du psychédélisme intelligent, savamment dosé. La chanson est excellente, à la fois menaçante et fataliste, ironique et groovy, aidée par une vraie basse et un Morrisson neutre comme il faut. Une excellente surprise mais elle ne sera pas la seule : dans son ensemble, le disque est plus percutant, plus fouillé et moins maladroit que son grand frère.

Les chansons sont courtes, aventureuses et savamment variées. Ne reniant pas ses origines soul/blues (en témoigne "People are Strange" au solo original de Krieger), le groupe s'autorise aussi des excentricités, comme le segue apocalyptique "Horse Latitudes", moyen mais à l'ambiance sonore très intéressante surtout pour l'époque, ou encore la très psychédélique "Unhappy Girl", étrange et aussi courte qu'originale. Les musiciens ont plus de place pour s'exprimer, la mise en place est assez sévère, et surtout les idées sont exploitées au mximum. Ainsi le riff malin, voire génial, de "Love Me Two Times" : cette petite trille entre mineur et majeur, il fallait la trouver, ça donne à la chanson, pourtant très légère et sympathique, un tout petit côté sombre, pas sûre d'elle, hésitante (sans compter un solo de clavecin rajoutant au baroque de la chose).

Il y a des loupés, des petites sautes de moteur. "I Can't See Your Face in My Mind" est bien faite mais tourne un peu en rond. La version définitive de "Moonlight Drive" est bien moins bonne que la seconde démo disponible sur le premier album : on dirait un tango. Ce n'est pas que j'aime pas le tango, mais.... Euh si, j'aime pas le tango. Enfin, pas ici. Je préfère le cash, ah ah. Hum. Bref, tout n'est pas parfait, y compris l'epic de fin," When the Music's Over" qui a la lourde tâche de succéder à "The End" et possède notamment le même défaut : la partie centrale est un peu spongieuse. Sans compter que les idées font dans le recyclage : le riff de "Soul Kitchen", la tournure mélodique de "End of the Night".

Mais ce serait oublier le solo dément de Krieger, faux à dessein, avec un son apocalyptique qui préfigure APHRODITE'S CHILD dans 666. Ce serait faire l'impasse sur les idées sautillantes de "My Eyes Have Seen You" ou la petite comptine urbaine "People Are Strange", qui possède ce petit plus séparant la variété benête de la chanson Art Rock. Et que dire de "You're Lost Little Girl", petite perle entre David Lynch et Steve DeJarnatt, douce, erratique, fantômatique, pop, jazz, où Morrisson nous semble si proche. De la joaillerie.

Pas parfait mais pas loin, Strange Days est un album de haute qualité, où tous les progrès de chacun des musiciens sont largement palpables. Les chansons sont variées, belles, bien arrangées, on sent le plaisir de jouer, d'expérimenter. La version deluxe permet d'apprécier l'album dans un son surround qui utilise à merveille toutes les cartes du rock psychédélique. Ca et rien d'autre vu que les bonus audio sont réduits à la portion congrue. Qu'importe : Strange Days est un très bon disque et par là-même la meilleure façon de découvrir le groupe, bien plus que le premier opus par trop inégal (et je ne parle pas de L.A. Woman). Une petite tranche de 1967, non, que dis-je ? une tranche énorme ! Un salami, à vrai dire. Miam.

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   (2 chroniques)



- Jim Morrison (chant)
- Ray Manzarek (claviers)
- Robbie Krieger (guitares)
- John Densmore (batterie, percussions)


1. Strange Days
2. You're Lost Little Girl
3. Love Me Two Times
4. Unhappy Girl
5. Horse Latitudes
6. Moonlight Drive
7. People Are Strange
8. My Eyes Have Seen You
9. I Can't See Your Face In My Mind
10. When The Music's Over



             



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