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Le CONDOR - La Provence Au Coeur Du Monde (2014)
Par MARCO STIVELL le 12 Avril 2017          Consultée 790 fois

LE CONDOR est devenu notre (prononcé "notreuh") équivalent des grands TRI YANN. Si les Bretons se sont établis il y a bien longtemps et ont juste à programmer une tournée ou une nouvelle sortie d'album pour s'assurer un retour tranquille, le collectif provençal grimpe peu à peu les échelons du succès depuis une bonne dizaine d'années. Ce sont particulièrement les années 2010 qui lui ont permis d'assurer de beaux spectacles un peu partout dans la région et de faire de la télévision, de remplir d'importantes scènes parisiennes (l'Olympia, la Cigale).

Leur musique riche de racines provençales avec une large ouverture rock celtique et espagnole trouve une nouvelle forme d'unité dans le dernier album en date, La Provence au Coeur du Monde, sorti en 2014. Le titre parle de lui-même, illustre la générosité du groupe à l'effectif important, en particulier Jean-François Gérold, galoubet-tambourin et sonneur, look de chevalier nordique et "locomotive" du CONDOR.

En concert, dont celui du 15 août 2016 que j'ai eu le grand plaisir de voir aux arènes de San Roumié/Saint-Rémy-de-Provence (tout près de la cité romaine de Glanum, belle nuit chaude d'été, le pied), ce collectif s'agrandit avec d'autres galoubets-tambourins, des danseuses... En studio, il faut bien sûr réduire l'équipe à son plus simple apparat, 13 musiciens (!), sachant que mis à part la section de trompettes et celle de cornemuses, ils sont tous polyvalents.

En dehors de Gérold et de la rythmique très rock, on apprécie particulièrement la présence des frères Tutillo qui amènent l'influence hispanique/sudaméricaine avec la kéna pour l'un, de beaux arpèges de guitare acoustique pour l'autre, complétés par les riffs d'électrique de Jean-Marc Bisson. D'un autre côté, Ludovic Dunan se charge de moderniser le son du CONDOR avec des synthés et programmations électroniques. "Les Cocos" reste un parfait exemple de tout ce mélange (cet air joué par Gérold !), de même que la composition "Techno Celtic" qui met les basses en avant.

En dehors de l'ouverture "Galoubet", pop-reggae sympathique ponctuée de mélodies du même instrument et de choeurs tout aussi entraînants, il y a "Pour Passer le Rhône" qui est aussi l'étendard de ce disque et celui que joue LE CONDOR à la télévision. C'est peut-être l'arrangement le plus alambiqué existant de ce qui est à la base une comptine populaire en Provence, excellent avec ses tours de chants masculins qui se font attendre, ses ruptures/variations proches du rock progressif et ses multiples reprises du thème principal aux cornemuses, soutenues par les cuivres.

Ce titre s'enchaîne avec les suivants, escapades plus ambitieuses et sophistiquées que les premiers thèmes. LE CONDOR forme également un pont avec la Galice, donnant l'impression que le grand Carlos NUÑEZ est venu rencontrer les musiciens de TRI YANN (hors trio de tête) sur Garlaban ou dans le massif des Alpilles. C'est avec à-propos que Gérold et le reste de la compagnie entonnent le magnifique "Andro" repopularisé par le gaitero galicien il y a une quinzaine d'années, ils jouent aussi "Pontevedra". Le chant nous émeut grandement sur la ballade "Amandine", reprise de l'artiste varois Miquèu MONTANARO et pur moment de grâce.

Puisqu'on y est, après tant de remous créatifs et de beauté musicale, il fallait un titre d'anthologie pour accompagner "Pour Passer le Rhône" et sur un mode instrumental. C'est "Le Petit Cheval", composition du groupe, qui remporte ces faveurs, introduit par la guitare électro-acoustique et développé en un thème dynamique avec un arrangement particulièrement soigné. Les instruments se succèdent, s'écartent et se rejoignent pour ce final puissant, morceau merveilleux que je désespérais d'entendre à Saint-Rémy - le groupe a heureusement clôturé son spectacle avec lui !

Allez donc entendre résonner la farandole contemporaine - mais pas dénaturée -, dans une sorte de grand-messe où la Provence est à l'honneur, où on nous rappelle qu'en ce bas-monde, le meilleur se situe toujours au nord-ouest, tant qu'on ne va pas embêter les Atlantes : Provence, Corse, Italie et Espagne sont au nord-ouest de la Méditerranée, la Bretagne et les autres Celtes le sont pour l'Europe.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jean-françois Gérold (galoubet-tambourin, cornemuses)
- José-luis Tutillo (guitare électro-acoustique, choeurs)
- Segundo Tutillo (kéna, flûte de pan, cornemuse, choeurs)
- Jean-claude Dumas (batterie, choeurs)
- Jean-marc Bisson (guitares électrique et folk, chant)
- Ludovic Dunan (basse, claviers, chant, choeurs)
- Adémar Pereira (violon, graille)
- Daniel Crosta (trombone)
- Patrick Pellet (trompette)
- Bastien Amy (trompette)
- Solenne Maurin (cornemuse)
- Matthieu Gruel De Villeneuve (cornemuse)
- Théo Pastor (graille)
- Sébastien Prats (chant, didgeridoo)


1. Galoubet
2. Les Cocos
3. Vanita
4. Andro Polonais
5. Pontevedra
6. Amandine
7. Pour Passer Le Rhône
8. Andro
9. L'ours
10. Techno Celtic
11. Le Petit Cheval



             



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