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The ENID - Fall Of Hyperion (robert John Godfrey) (1974)
Par MARCO STIVELL le 18 Avril 2017          Consultée 96 fois

En toute logique, on devrait ne pas inclure Fall of Hyperion à la discographie de THE ENID car le groupe n'existait pas au moment où Robert John Godfrey décida de publier ce premier album en solo, juste après avoir quitté BARCLAY JAMES HARVEST et dissous SIDDHARTA. Seulement, il se retrouve isolé et avec le recul, on ne pouvait en parler avant THE ENID puisqu'il ne fut point réédité pendant longtemps. C'est le fan-club du groupe qui s'en charge, en 2010.

L'homme qui aurait influencé les MOODY BLUES et PROCOL HARUM, entre autres, pour leurs élans de pop classique qui s'écarte des sentiers battus (appelée aussi proto-prog), n'a pas abandonné sa carrière de soliste en 1974 – et en vérité, il ne le fera jamais -. Il n'y a qu'à écouter ce disque où il déroule toute sa virtuosité sur les touches noires et blanches avec moult intensité et délicatesse, donnant l'impression qu'on écoute plus un concerto qu'une oeuvre progressive (sur "Mountains" et "The Daemon of the World" en particulier).

Néanmoins, il y a déjà du THE ENID là-dessous, et c'est pour cela qu'on peut parler de Fall of Hyperion comme d'une sorte de prélude, même détaché du reste de l'oeuvre future. Pour preuve de ce dernier détail, il n'y a presque pas de synthétiseur, en revanche, de l'orgue et... du mellotron ! Ce dernier instrument sera volontairement gommé par la suite, Godfrey trouvera un autre moyen de restituer le son du grand orchestre.

Ici, on entend déjà les mélodies passionnées et caractéristiques, les roulements de timbales et de cymbales, la basse et les guitares électriques encore discrètes mais qui créent une dynamique selon les moments, ou alors une forme de lyrisme nébuleux venu contrebalancer le chant de Chris Lewis, rescapé du projet SIDDHARTA.

C'est là que le bât blesse avec ce premier effort en solo, un style qui ne peut convenir à tout progueux qui se respecte. Si Godfrey réussit souvent à éviter l'écueil d'une musique pompière dès 1976, c'est loin d'être la même chose quatre ans plus tôt, en grande partie à cause des parties chantées. Chris Lewis, avec des intentions très anglaises et une technique appliquée, peut évoquer Jon Anderson (YES) par moments, c'est le point positif que l'on retient le mieux.

Les poèmes chantés ont quelque chose de médiéval, de théâtral et de lyrique, mais le tout mis bout à bout semble bien bavard, trop « rose » aussi, perdu quelque part entre l'opéra et les musiques de films hollywoodiens. Godfrey ne cachera jamais son homosexualité. Sa musique, même ultérieure, est dépourvue d'apport féminin, et ici cela s'entend avec une évidence rare – simple constatation et non pas critique, bien entendu, et malgré la dépréciation du résultat ! -. "Isault", une perle de fragilité, est le seul morceau où l'on apprécie réellement la présence du chant de bout en bout.

À part ce morceau, il y a quelques ambiances mellotronesques sympathiques sur "The Raven", mais on note surtout les parties instrumentales lorgnant vers le rock prog classique. "Mountains" en est garni pour sa conclusion, et le pavé de quinze minutes final aussi, même si ces dernières paraissent fort décousues et ne sont pas homogènes en termes de qualité. Sur ce "Daemon of the World", on perçoit certaines séquences du futur In the Region of the Summer Stars (1976), et il y a toujours ce piano virtuose dont on peut se régaler (quelle intro formidable, pourtant simple !).

Seule publication pour Charisma Records (VAN DER GRAAF GENERATOR, GENESIS...), Fall of Hyperion est plus une curiosité qu'autre chose, trop pompeux pour être convaincant sur la longueur. On l'écoute religieusement, par égard pour l'un des meilleurs musiciens de la sphère progressive, et même plus que cela !

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   MARCO STIVELL

 
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- Robert John Godfrey (claviers)
- Christopher Lewis (chant)
- Neil Tetlow (basse)
- Jim Scott (guitares)
- Tristan Fry, Ronnie Mccrea (percussions)
- Nigel Morton (orgue hammond)


1. The Raven
2. Mountains
3. Water Song
4. Isault
5. The Daemon Of The World



             



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