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POP JAZZY/BLUESY  |  STUDIO

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- Style : Norah Jones

Katie MELUA - Piece By Piece (2005)
Par MR. AMEFORGEE le 17 Juillet 2006          Consultée 5179 fois

Dans la famille des chanteuses pop aux accents jazzy/blues feutrés, je voudrais la petite soeur. Là où Norah Jones dévoilait un timbre teinté de douceur, bercé d’innocence toute virginale, Katie Melua présente des intonations plus sucrées et naturellement sensuelles (mais jamais forcées, donc nullement aguicheuses et en conséquence nullement vulgaires), pour une voix cristalline, scintillante malgré une légère fêlure que l’on distingue ça et là, et qui en rehausse finalement l’intérêt, en vertu du fait que l’imperfection vaut mieux que toutes les perfections lisses du monde.
On se retrouve alors avec Piece by Piece, second album d’une carrière qui goûte déjà aux vertiges du succès, notamment outre-Manche et, malgré tout, un peu aussi par ici. Musique sobre, qui met en valeur le chant, dans un écrin d’arrangements, tantôt à la guitare sèche, tantôt au piano, accompagnés d’une section rythmique toute en retenue bien que précise, avec par moments l’intervention avisée d’une section de cordes et de cuivres qui confèrent une dimension plus orchestrale, mais sans excès, on tient là une perle qui mêle le jazz et le blues, descendus des cimes élitistes pour l’occasion, et ainsi parée des attributs de la pop bien faite, accessible et appréciable.

L’ensemble de l’album est résolument de haute tenue, et les quelques baisses de régime que l’on peut noter de prime abord finissent par se dissiper au fil des écoutes, par la grâce d’un chant qui se révèle subtil et en devient, lâchons le mot, véritablement envoûtant. On lui donnerait alors le bon dieu sans confession. Certes, la reprise de Canned Heat « On the Road Again » tranche un peu avec le reste de l’album, plus rythmé, et pas aussi bonne que l’originale, certes le blues nocturne de « Blues in the Night » est un en-cas entre deux pépites, malgré son solo d'harmonica imitant les accents tourmentés d'un saxo, certes le morceau d’ouverture « Shy Boy » me semble un peu agaçant à la longue, mais les moments plus faibles n’affadissent pas tant que ça un album presque parfait.
Gageons que chacun pourra y élire un morceau phare parmi la jolie collection de joyaux que Katie Melua et Mike Batt, co-compositeur d’expérience et décisif, nous servent en diadème. Certains se laisseront peut-être émouvoir par l’ouate enivrante du morceau titre, ou celle, assez proche, bien que plus sombre, ambiance jazzy opiacée, de « Blue Shoes ». D’autres se laisseront peut-être conquérir par le plus enjoué « Halfway Up The Hindu Kush », rehaussé d’un drapé exotique au sitar. Ou alors, le morceau phare, ce sera peut-être la ballade en clair-obscur, ornée de quelques notes de piano, « Spider’s Web », qui brille peut-être un peu plus fort que la plupart des autres. Ou bien l’une de celles qui terminent le disque, « Thank You, Stars », avec son orchestre un peu plus emphatique, « Just Like Heaven », la douce reprise des Cure, ou bien « I Cried For You », qui instille un peu d’humidité lascive sous nos paupières émues.
Pour ma part, le coup de foudre s’est opéré en premier lieu avec « Nine Million Bicycles », provoqué par une flûte qui rappelle dans un premier temps l’Irlande, avant que l’oreille ne se ravise : non, c’est la Chine qui est évoquée, avec ses neuf millions de bicyclettes ; une mélodie simple et accrocheuse, servie par un tour de chant sans faille, illuminé aux bons moments par la section orchestrale de manière très pertinente. La simplicité du texte, stupide comme toutes les chansons d’amour, parachève l’impression que l’on se trouve en présence d’un tube incontournable qu’il n’est pas honteux d’aimer.

Alors certes, on reste à la lisière du « vrai » jazz et du « vrai » blues, le tout étant décidément très facilement assimilable, accrocheur et non ostentatoirement sucré. Mais que l’on éprouve un tel plaisir à écouter un album pop, que l’on se sente charmé par une voix qui parvient à susciter un peu de magie, cela n’arrive pas si souvent. Alors tant pis des qu’en-dira-t-on. Cela dit, je garde la note maximale sous le coude pour l’album suivant, qui après ce Piece by Piece, devrait logiquement s’intituler Masterpiece.

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   MR. AMEFORGEE

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Katie Melua (chant, guitare, piano)
- Mike Batt (piano, chef d'orchestre)
- Chris Spedding (guitare)
- Jim Cregan (guitare)
- Tim Harries (basse)
- Henri Spinetti (batterie)
- Dominic Glover (trompette solo)
- Mike Darcy (violon soliste)
- Martin Ditchman (percussions)
- Chris Karan (percussions)
- Paul Jones (harmonica)
- Adrian Brett (flûtes ethniques)
- Peter Knight (mandoline)
- Craig Pruess (sitar)
- The Irish Film Orchestra


1. Shy Boy
2. Nine Million Bicycles
3. Piece By Piece
4. Halfway Up The Hindu Kush
5. Blues In The Night
6. Spider's Web
7. Blue Shoes
8. On The Road Again
9. Thank You, Stars
10. Just Like Heaven
11. I Cried For You
12. I Do Believe In Love



             



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