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- Style : Norah Jones

Katie MELUA - Ketevan (2013)
Par MARCO STIVELL le 22 Décembre 2019          Consultée 356 fois

Comme quoi, une écoute peut être trompeuse.

Lors de la seule réalisée pour Ketevan, au moment de sa sortie en 2013, une impression de superficialité s'était imposée, sorte de routine inaltérable une fois passés les premiers titres enchanteurs. De quoi considérer, après Secret Symphony, cet effort discographique de Katie MELUA comme une veine tentative de réaffirmer son engagement auprès de Mike Batt (aidé ici à la production par Luke, son propre fils) et du label Dramatico, en ne faisant que réchauffer des plats musicaux dont on a quelque peu perdu la saveur. Erreur !

Quelques années plus tard, le fait de revenir sur ce disque qui rend hommage aux origines géorgiennes de la chanteuse, puisque Ketevan est son véritable prénom, éclaircit pas mal de choses. Certes, il y a l'idée toujours nette d'un tandem Batt/MELUA dans l'écriture, mais ce n'est pas toujours Mike le père, parfois c'est Luke. On trouve peu d'intervenants dans l'élaboration d'une formule magique, mais Henry Spinetti, Tim Harries, John Parricelli, Chris Spedding et Mike Batt lui-même sont toujours toujours le noyau dur d'une matière instrumentale sans faille.

À la fin du disque, on trouve un couple de morceaux ("Chase Me", "I Never Fall") qui devraient ravir les fans et autres habitués. Des titres inscrits dans une ambiance foncièrement traditionnelle pour Katie MELUA : son feutré, piano et accompagnement de cordes, voix passionnée et fournie en "mélismes d'intentions" (allées et venues entre les soupirs chantés et une forme propre de lyrisme, très music-hall). La chanteuse et son équipe proposent un début plus beau encore avec "Never Felt Less Than Dancing", entrée en matière au ton accrocheur.

Toutefois, les détracteurs de The House (chef-d'oeuvre produit par William Orbit en 2010) vont être déçus en se rendant compte que Ketevan se fait autant proche de celui-ci que des premiers disques. Les claviers et autres effets typiques de production pop se mêlent à l'orchestre sur la longueur du disque, qui sonne un peu comme une compilation de ce que Katie MELUA sait faire de mieux.

D'un côté, on a "Love is a Silent Thief" avec son balancement blues torride, sa batterie massive, sa guitare façon film noir, sa mélodie désespérée et surtout, ses cuivres bien sales. De l'autre, on a "Sailing Ships From Heaven", surcrerie folk aérienne qui prend un ton épique et très orchestré, où la clarinette et l'accordéon se fondent dans les claviers. Pour ceux que le changement de son ne dérange guère, c'est aussi, dorénavant, ce genre-là même qui fait que l'on adore écouter Katie MELUA. D'ailleurs il reste le seul titre à m'avoir marqué de manière aussi positive dès la première écoute, je n'y serais revenu que pour lui !

Néanmoins, la mélodie de "Mad, Mad Men" témoigne d'une écriture à haut potentiel, puisqu'elle fait vite ressurgir des souvenirs tant elle s'ancre bien aussi. Et puis ces cuivres, cet harmonica qui se prête au jeu de la chatte Katie, tellement à l'aise sur la scène de son petit music-hall... Un autre costume qui lui sied fort bien, c'est celui de western à la Tarantino, comme on le constate sur "Shiver and Shake", tempo blues-country, basse fuzz, roulements énergiques à la batterie etc. Dire que j'étais passé à côté de cela également !

Pour finir sur un ton suave et léger, Ketevan renferme encore de splendides bijoux sous forme de ballades. "I Will Be There", choisi comme single principal, est une marche optimiste sur fond d'arpèges cristallins laissée pour final. Tout aussi adorables sont "The Love I'm Frightened of" et "Where Does the Ocean Goes?" pour la fragilité, les paroles et l'interprétation vives et pleines de sentiments que l'on connaît depuis 2003, depuis "The Closest Thing to Crazy" à laquelle on repense parfois. Ce disque, indubitablement, fait partie des meilleurs de Katie MELUA. Les ventes suivent et lui permettent de rentrer dans le petit cercle des chanteuses pop ayant enchaîné autant d'albums best-sellers, comme Kate BUSH ou MADONNA.

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   MARCO STIVELL

 
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- Katie Melua (chant)
- Mike Batt (piano, accordéon, harmonium, direction d'orches)
- John Parricelli (guitare, banjo, ukulélé)
- Chris Spedding (guitares)
- Tim Harries (basses)
- Dan Hawkins (basse)
- Joe Yoshida, Freddie Hill (batterie)
- Henry Spinetti (batterie, percussions)
- Luke Batt (guitares, piano, batterie, percussions)
- Paul Stevens (clarinettes)
- Paul Jones (harmonica)
- Fabien Taverne (ukulélé)


1. Never Felt Less Like Dancing
2. Sailing Ships From Heaven
3. Love Is A Silent Thief
4. Shiver And Shake
5. The Love I'm Frightened Of
6. Where Does The Ocean Go?
7. Idiot School
8. Mad, Mad Men
9. Chase Me
10. I Never Fall
11. I Will Be There



             



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