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GORILLAZ - Humanz (2017)
Par SASKATCHEWAN le 7 Juillet 2017          Consultée 1128 fois

GORILLAZ, au début, c’était frais, c’était sympa, c’était original. Damon ALBARN et Jamie HEWETT avaient su créer des personnages attachants pour leur faux groupe, un canevas idéal pour la pop chatoyante pratiquée par ALBARN et ses invités. Les deux premiers albums revisitaient avec brio les genres phares de la musique populaire de la fin des années 90 et du début des années 2000, sans jamais donner l’impression d’une musique opportuniste ou facile.

Toutes ces qualités n’auront pas survécu au troisième album du groupe, Plastic Beach, et c’est avec un léger soulagement qu’on avait appris la brouille entre HEWETT et ALBARN, qui sonnait le glas du projet GORILLAZ. L’amour étant toujours plus fort, les deux larrons ont fini par se réconcilier. Dommage que cette amitié retrouvée ait entraîné une récidive musicale dont la discographie de GORILLAZ se serait bien passée.

Le méfait en question, Humanz, est sorti en avril 2017, soit quelques mois après l’élection de Trump aux Etats-Unis, qui a semble-t-il durablement traumatisé le sieur ALBARN. Sa nuisible Orangeté n’est jamais directement mentionnée dans les paroles de l’album, mais il ne faut pas être grand clerc pour saisir quel est l’événement apocalyptique qui sert de fil rouge aux chansons. Comme d’autres avant eux, les personnages de GORILLAZ ont cédé à la tentation du festin en temps de peste, mais la joie n’est jamais authentique quand les miasmes rôdent.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Malgré le sous-texte politique des chansons, les rythmes sont dansants, les sonorités empruntent au disco, au funk. L’album dans son ensemble est dans une veine R&B moderne, celle qui monopolise le haut des charts américains en ce moment. Il y a quelques doses de hip-hop ici et là, apportées par la pléiade de rappeurs invitée. Les arrangement sont relativement monochromes, avec des clins d’oeil appuyés aux années 80. Ceux qui s’attendaient à un bouillon de pop à la manière de Demon Days en sont pour leur frais.

A vrai dire, le gros problème de cet album ce n’est pas tant son manque de diversité que la platitude absolue des morceaux qui le composent. Humanz s’écoute avec une moue dubitative qui se change en grimace gênée à mesure qu’ALBARN déploie ses mauvaises idées. Les compos se ressemblent toutes, des ébauches de R&B assises sur des rythmiques poussives, servies par des invités en manque d’inspiration.

Les singles sont tous affolant de nullité, un comble pour GORILLAZ. « Saturn Barz » est une bouillie de tout ce qui se fait de pire sur les ondes actuellement, « Andromeda » et « Let Me Out » sont complètement interchangeables, « Ascension » est incroyablement monotone, bref, une fournée de titres médiocres à peine digne de la troisième division du hip-hop américain. A la rigueur, on peut sauver « We Got the Power », hymne bancal avec son « On a le pouvoir de s’aimer, ok ? » ultra gênant, mais faute de grives, on mange des merles.

Le reste du disque est catastrophique, à l’exception de quelques titres de l’édition Deluxe comme « Halfway to the Halfway House » et « Ticker Tape », qui proposent des arrangements un peu plus fouillés. Au fil des écoutes, on se prend aussi à apprécier « Momentz » et son rythme putassier, porté par le flow de DE LA SOUL, sans doute le signe que Humanz squatte la platine depuis trop longtemps.

Pop et politique font rarement bon ménage, merci à GORILLAZ de s’être sacrifié pour nous le rappeler. Ici, ce n’est même plus un coup de pistolet au milieu d’un concert, c’est une déflagration de la Tsar Bomba dans un séminaire de harpistes. Pour être tout à fait honnête, j’ai lu beaucoup de critiques positives de Humanz dans la presse généraliste et musicale, mais je les soupçonne d’avoir donner un blanc seing à ALBARN pour s’être attaqué à leur bête noire. Rien à voir avec de la musique, décidément.

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   SASKATCHEWAN

 
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- Damon Albarn (chant, arrangements)
- Jamie Hewett (dessins, animation)
- Moult Invités (emplois ficitifs)


1. Intro: I Switched My Robot Off
2. Ascension
3. Strobelite
4. 4:32
5. Saturnz Barz
6. Momentz
7. Interlude: The Non-conformist Oath
8. Submission
9. Charger
10. Interlude: Elevator Going Up
11. Andromeda
12. Busted And Blue
13. Interlude: Talk Radio
14. Carnival
15. Let Me Out
16. Interlude: Penthouse
17. Sex Murder Party
18. She's My Collar
19. Interlude: The Elephant
20. Hallelujah Money
21. We Got The Power
- Edition Deluxe
22. Interlude: New World
23. The Apprentice
24. Halfway To The Halfway House
25. Out Of Body
26. Ticker Tape
27. Circle Of Friendz



             



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