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- Style : Gilles Servat , Storlok

DOM DUFF - Roc'h (2010)
Par JOVIAL le 9 Octobre 2017          Consultée 68 fois

Coincé entre deux très bons disques, Roc'h paraîtrait presque comme une étape anecdotique dans la discographie du Léonard. Pourtant, c'est bien avec ce troisième album que DOM DUFF commence réellement à se détacher d'un certain folk traditionnel breton, pour regarder vers un discours musical plus libre, plus ouvert. Si Babel Pow Wow sera une grande réussite trois ans plus tard, ce sera sans doute grâce aux efforts fournis sur Roc'h. Pour autant, il n'est pas à traiter tel un simple coup d'essai.

D'ailleurs, le coup d'essai s'appelait [e-unan], sublime live dont DOM DUFF retient ici la formule.
Une guitare, du chant, quelques percussions, auxquels on ajoute une basse et parfois du violon, voilà qui suffit amplement cette fois-ci. L'électrique sonne sur quelques morceaux. Les instruments traditionnels sont remisés au placard, le multi-instrumentiste Pascal Lamour s'en est retourné à Vannes. Sans simplifier la composition, DOM DUFF allège les arrangements, quitte à perdre de ses couleurs irlandaises et galloises que reflétait encore Lagan. Ici, point d'onirisme celte ni d'errances mystiques. Roc'h est rugueux, franc, puissant, presque froid.

Ce troisième effort est aussi un retour intégral au pays, sur cette « tamm roc'h », ce bout de roche, la Bretagne. Les textes ne sont d'ailleurs qu'en breton. Aucun écho de gallois, d'anglais ni de gaélique. DOM DUFF contemple les vagues, son Léon natal et sa Basse-Bretagne. Les sentiments viennent immédiatement. Mais mélancolie, allégresse ou colère, Roc'h déborde d'énergie. Guitare et voix claquent dans un même élan. « Kan an Awen » nous lance ainsi à la course dans l'herbe verte, l'esclave « Telemakaezh » retrouve sa fierté dans les prés de Plouénan (1), « Laouen » transpire la joie, « Kimiad Hawaii » rayonne de mille feux et « Yec'hed Mat » nous prend d'ivresse. Mais le grand moment de l'album est encore ailleurs, avec « Cheñch Amzer », que la version des BRYTHONICS (2) surpassera encore.

En revanche, le Breton est plus à la peine sur le classique « Brezhoneg 'Raok », repris à Alan STIVELL. Chanson plus symbolique que réellement réussie, l'original n'a rien à lui envier. Même remarque pour « Avel Dit », assez fade, ou encore « Skuizh On », bien monotone. Ce n'est pas tout à fait le cas de « Nevezhant Johnnie » et « Teuz Ar Re Dianket » qui ne marquent guère, mais restent sympathiques sur le moment.

On pourrait bien parler d'étape en effet, de transition. Bien plus que Lagan en 2006, Roc'h incarne ce « breton power folk » dont DOM DUFF se réclame. « La réponse de la Bretagne à Bruce SPRINGSTEEN » précisait d'ailleurs le guitariste breton il y a quelques années. Sans vouloir pousser la comparaison trop loin, Roc'h a parfois des allures de Wrecking Ball avant l'heure. Du folk brut, massif comme du granit, aiguisé comme un aber. Roc'h remporte donc de bons suffrages, mais Babel Pow Wow fera encore mieux !

(1) Véritable histoire : Gabriel Télémaque était un jeune esclave noir confié au recteur de Plouénan, en 1757, en pleine cambrousse bretonne !
(2) Éphémère groupe « panceltique », formé notamment de DOM DUFF pour la Bretagne, Colm O'Snodaigh pour l'Irlande et Andy Jones pour le Pays de Galles.

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- Dom Duff (chant/guitares)
- Nicola Hayes (violon)
- Dom Bott (basse)
- Davide Seite (percus)
- Mourad Ait Abdelmalek (batterie)
- Huw Rees (batterie)
- Pat Peron (piano)


1. Kan An Awen
2. Roc'h
3. Cheñch Amzer
4. Telemakaezh
5. Teuz Ar Re Dianket
6. Laouen
7. Brezhoneg 'raok
8. Kimiad Hawaii
9. Avel Dit
10. Skuizh On
11. Yec'hed Mat



             



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