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ALIZéE - Mes Courants électriques (2003)
Par WALTERSMOKE le 10 Octobre 2017          Consultée 189 fois

Connaitre sa famille, c'est important. On a toujours à gagner en écoutant les ancêtres parler, même quand ce qu'ils racontent est consternant. Je pense notamment à mon arrière-arrière-grand-oncle, Hansjörg Donau (1889-1943), un philologue de génie fasciné par la culture assyrienne, mais qui fut lâchement poignardé par sa femme pour une sordide affaire de kouign-amann raté alors qu'ils coulaient des jours heureux au Canada. En 1937, alors qu'il venait de quitter son Allemagne natale, il rédigea un pamphlet intitulé « De la quintessence de la musique populaire », hélas perdu avec le temps, mais que j'ai retrouvé l'été dernier en fouillant dans le grenier du manoir de la famille. Un pamphlet particulier, car ne consistant qu'en une seule et pourtant importante ligne.

« L'important, dans la musique populaire, c'est de ne pas trop se répéter. »

Tout simplement. En une phrase, Hansjörg Donau a bien cerné la pop dans son intégralité. Et moi aussi, alors qu'il est temps pour moi d'évoquer Mes courants électriques, deuxième album d'ALIZEE. Qui a donc bien poussé depuis le fameux Gourmandises (2000), album de pop ado par excellence. Déjà, la jeune fille est devenue jeune femme, car passage à la majorité, ce genre de choses. Les intérêts changent, on passe le bac, on est jeté en pâture au monde adulte, qui se fera un plaisir de nous détruire si l'on n'est pas assez préparé – et Dieu sait à quel point il n'y a pas grand-monde pour l'être. En revanche, le duo Mylène FARMER/Laurent Boutonnat veille toujours au grain côté musique, pas question (pour le moment) de lâcher une si bonne pouliche qu'est ALIZEE. Après tout, quand on a une oie aux œufs d'or, on en profite jusqu'au bout.

Et donc, Mes courants électriques sort et c'est un beau succès commercial. Le vent est toujours favorable à ALIZEE (HAHAHA), qui peut encore être comptée parmi les sensations fortes de la musique francophone du nouveau millénaire (indépendamment de la qualité musicale). Quoi de plus normal quand on bat le fer alors qu'il est encore chaud ? Pourquoi s'en étonner alors que le souffle chaud (promis j'arrête) de "Moi Lolita" continue de perdurer ? Mais entre les fans, abrutis par nature, qui bouffent tout ce qui vient d'elle, et ceux qui, en bons toutous du temple du bon goût, crachent sur l'infortunée jeune femme, il y a une toute petite minorité qui tente de se faire entendre en posant l'éternelle question :

« Alors, c'est un bon album ? »

Oui.

Est-ce pour autant une nouvelle pépite marquante dans son genre ?

Non.

Et pour bien des raisons. Avec Mes courants électriques, ALIZEE, guidée par FARMER et Boutonnat, tente bien des choses, ne serait-ce que pour éviter de se répéter. Du coup, ça donne de nouvelles instrumentations, braquant clairement les projecteurs sur une musique plus forte en guitares, plus rock qu'électro, avec plus d'une fois des arrangements de cordes, là où Gourmandises était électronique presque de bout en bout. Une idée pertinente, là où trop de starlettes ayant percé ont préféré minimiser au maximum les risques, avec la sanction qui va avec. Encore que... le pamphlet de Donau n'a pas été respecté à la lettre, avec "Amélie m'a dit" et "Tempête". Quand on connait l'opus de l'an 2000, on revoit immédiatement, et respectivement, "Lui ou Moi" et "Parler tout bas" à leur écoute. Et ça, c'est pas bon, mais alors pas bon du tout. Et durant ce temps, la fin de l'album est franchement pénible, entre un "Youpidou" ridicule et "Coeur déjà pris", qui pour le coup fait vraiment sous-Mylène FARMER de CFA 2.

Il y a quand même du très bon sur Mes courants électriques. Déjà, en dehors de la fin, donc, le tout s'écoute d'une traite, sans déplaisir, tout comme Gourmandises, l'effet de surprise en moins. Côté tubes, on fait le plein dès le début avec "J'en ai marre !", un beau succès mérité, bien qu'il n'arrive pas à se hisser à la hauteur des singles précédents. Et tout au long de l'album, on croise cette électro pop toujours aussi (faussement) naïve, profitant de l'évolution musicale citée plus haut, ce qui débouche sur "Toc de Mac", "C'est trop tard" ou encore "J'ai pas vingt ans". Soit autant de raisons de prendre son pied sans rougir de honte.

Mes courants électriques est donc la suite honnête mais moins marquante des aventures d'ALIZEE. S'il est normal qu'il soit bien proche de Gourmandises, on peut se plaindre qu'il le soit un peu trop par moments, sans compter qu'il manque un quelque chose de définitif dans le meilleur de ses singles. Ceci étant, cela reste de la bonne pop, soit ce qu'on demandait, ni plus ni moins. À espérer que la suite soit au moins aussi bonne ?

Ha ha ha.

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   WALTERSMOKE

 
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- Alizée (chant, choeurs)
- Laurent Boutonnat (claviers)
- Philippe Bouley (guitare)
- Slim Pezin (guitare cavaquinho sur 8)
- Bernard Paganotti (basse)
- Loïc Pontieux (batterie)
- Mathieu Rabaté (batterie)
- Jean-jacques Charles (direction des cordes)
- Ann Calvert (choeurs)
- Morgane Maugran (voix sur 6)


1. J'en Ai Marre !
2. À Contre-courant
3. Toc De Mac
4. Amélie M'a Dit
5. C'est Trop Tard
6. Tempête
7. J'ai Pas Vingt Ans
8. Hey ! Amigo !
9. L'e-mail A Des Ailes
10. Youpidou
11. Coeur Déjà Pris



             



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