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CHICAGO BLUES  |  STUDIO

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- Style : Magic Sam, Stevie Ray Vaughan , Jimmy Dawkins , Popa Chubby
- Membre : Muddy Waters
- Style + Membre : Junior Wells, Otis Spann

Buddy GUY - Stone Crazy (1979)
Par LE KINGBEE le 16 Mars 2018          Consultée 446 fois

Cet album est sorti une première fois en 1979 via le label Isabel sous le titre « The Blues Giant ». La même année, le disque fait l’objet d’un pressage anglais avec une pochette différente. Deux ans plus tard, le label de Chicago, Alligator Records, de Bruce Iglauer publie le disque sous le titre « Stone Crazy » avec un autre visuel.
De quoi s’y perdre ! Si la discographie du guitariste compte un sacré paquet d’albums, pas tous d’un haut niveau loin s’en faut, il convient de sortir celui-ci du lot. Un album dans lequel cette légende du Blues nous convie à un répertoire sans artifice ni paillettes. Il faut dire que les dernières fois que le bonhomme s’est produit en France (Olympia), certains spectateurs ont pensé que le guitariste les prenait pour des touristes. On peut penser que Buddy GUY ne se risquerait pas à reproduire un tel capharnaüm dans son club. Les vieux amateurs de Chicago Blues pourraient avoir idée de le lyncher.

Enregistré en France au Studio Condorcet de Toulouse, en octobre 1979, cet album permet d’entrevoir Buddy GUY sous son meilleur jour. Guitariste maison du label Chess, le Père Buddy fera ensuite équipe avec Junior WELLS. Durant les eighties, profitant du second Blues Revival, Buddy Guy s’engouffre dans la brèche, s’entoure de musiciens de Rock, orientant ainsi son répertoire vers un mélange de Blues Rock commercial. Une évolution qui lui rapporte gloire et pognon, mais pour de nombreux admirateurs de la première heure, ce changement d’orientation est vécu comme une dérive. Et oui, l’ancien compagnon de route de Magic Slim et Otis Rush allait se transformer en « guitar-hero ».

« Stone Crazy » (ou «The Blues Giant » à vous de choisir) nous renvoie à une période où le guitariste était en plein doute. Sous la houlette du producteur Didier Tricard, également propriétaire du label Isabel, Buddy GUY enregistre six titres comme s’il était dans l’un des ghettos de la Windy City.
Ici, pas de paillettes ni d’invités à la con souvent nuisibles, mais trois accompagnateurs hors pairs : le frangin Phil Guy, ancien équipier de l’harmoniciste Raful Neal, à la guitare rythmique et une section rythmique d’enfer : le bassiste J.W. Williams (futur sideman de Big Mama Thornton, Eddie Shaw, Buster Benton, BB King) et un tout jeune batteur, Ray « Killer » Allison (ex Buster Benton et futur Koko Taylor, Melvin Taylor, James Cotton, Son Seals).
Donc, six titres dont trois dépassant les huit minutes et une unique reprise. D’entrée, le guitariste instaure une tension qui monte crescendo. « I Smell A Rat » débute sous la forme d’un slow blues et ne va cesser de monter en pression. Le chant presque caressant prend de l’ampleur pour devenir torturé. « Are You Losing Your Mind » se situe dans la même lignée avec un jeu de guitare à mi chemin entre Jody Williams et Mel Brown (période Impulse). « You’ve Been Gone Too Long » se fait légèrement plus Rock, mais la guitare touche sa cible à chaque note portée par une ligne de basse bien ronde.
Petit détour vers les tavernes de Chicago avec « She’s Out There Somewhere », à mi chemin entre shuffle et West Side sur un tempo à la Magic SLIM. « When I Left Home » débute comme un prêche d’église, une cascade de notes pleines de nuances prend le relai, entrecoupée par une combinaison de spoken song et d’un chant d’écorché vif. Le Père Buddy reprend « Outskirts Of Town », un vieux Country Blues de Casey Bill Weldon repris à toutes les sauces : en Rag Time par Louis Jordan et Dudley Dickerson, en Jazz via Count Basie ou Jimmy Smith ou bien encore en Soul avec Ray Charles et Rod Stewart. Si les versions Blues les plus connues demeurent celles de Muddy Waters et d’Albert King, l’interprétation de Guy vaut le détour, la guitare touche à chaque note oscillant entre subtilité et déluge.

Un groupe en totale osmose pour une ambiance torride et moite. Cet album produit sans surenchère figure parmi les meilleurs disques studios du guitariste avec les productions Chess et Vanguard. Signalons qu’il a été réédité plusieurs fois en CD. On conseille la publication CD éditée en 2002 par Isabel Records bénéficiant d’une excellente qualité sonore. Note réelle 3,5.

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   LE KINGBEE

 
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- Buddy Guy (chant, guitare)
- Phil Guy (guitare)
- J.w. Williams (basse)
- Ray 'killer' Allison (batterie)


1. I Smell A Rat.
2. Are You Losing Your Mind?
3. You've Been Gone Too Long.
4. She's Out There Somewhere.
5. Outskirts Of Town.
6. When I Left Home.



             



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